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GECA présente sa feuille de route de partenariat avec les entreprises allemandes

GECA présente sa feuille de route de partenariat avec les entreprises allemandes

  • Le cluster solaire GECA a présenté une feuille de route de partenariat avec les entreprises allemandes et européennes.
  • GECA vise les énergies renouvelables pour en faire une part importante du mix électrique à l'horizon 2035.
  • Le programme de développement des énergies renouvelables prévoit 15.000 MW à l'horizon 2035.
  • La tranche de 3200 MW est prévue achevée en 2027 ; 2000 MW ont nécessité 1,89 milliard de dollars.
  • Les équipements représentent 44 % du coût de la centrale photovoltaïque, a indiqué le cluster.

Au cours de la rencontre d’AHK organisée lundi dernier sur la transition énergétique à l’occasion de la visite d’une délégation d’opérateurs allemands à Alger, le cluster solaire GECA, au cours de la séance de l’après-midi, a présenté une communication lue par son Directeur général Boukhalfa Yaici.

Le cluster a insisté sur l’orientation de la politique du pays vers le développement des énergies renouvelables, « avec cet objectif d’en constituer une part importante du mix électrique à l’horizon 2035 ».

«La transition énergétique via le renouvelable n’est pas une question uniquement de choix environnemental mais surtout une question de sécurité énergétique et de logique économique. Chaque MW/heure installé dans le solaire libère 1 MW/heure pour l’export», a argué GECA.

En préambule, le cluster a exposé la situation actuelle de l’Algérie en matière d’énergie. «La consommation d’énergie dans notre pays croît de 5% par an. La production d’énergies fossiles est dominée par le gaz à 58 % et le pétrole à 31%. En matière d’émissions de CO2, 80 % des gaz à effet de serre émis en Algérie provient du secteur énergétique. Autre chiffre : 99% de l’électricité est produite à partir du gaz naturel. Concernant les revenus en devises, 90% proviennent des exportations d’énergies fossiles. Ce qui montre la dépendance de l’Algérie par rapport aux fluctuations des prix des énergies fossiles. Au chapitre des perspectives, 670 millions de tonnes d’équivalent CO2 seront émis en 2050 par l’Algérie dans un scénario de laisser-faire. Concernant la consommation de gaz, le résidentiel absorbe 45%, le transport 29%, l’industrie et le tertiaire 24%.»

Le programme ambitieux de l’Algérie

Pour faire face aux engagements internationaux en matière de changement climatique, notre pays étant de surcroît très vulnérable face à ces changements, l’Algérie a choisi de lancer un programme ambitieux de décarbonation des secteurs les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre : le résidentiel ou bâtiment, le secteur énergétique et électrique, les transports, les industries grandes consommatrices d’énergie comme la sidérurgie et celle de la production du ciment, les émissions fugitives notamment de méthane et la réduction du torchage du gaz. Ces secteurs sont prioritaires en matière de décarbonation.

Ce plan inclut, en outre, le programme de développement des énergies renouvelables de 15.000 MW à l’horizon 2035. L’objectif est d’augmenter la part du solaire et dans une moindre mesure l’éolien dans le mix énergétique. Cette part deviendra importante à cette échéance.

L’orateur a présenté, dans la foulée, la tranche de 3200 MW prévue pour être achevée en 2027. Il a indiqué que le programme de 2000 MW dans cette tranche a nécessité 1,89 milliard de dollars en termes d’investissements.

Sur les centrales photovoltaïques d’une capacité de 2900 MW prévues pour être réalisées et qui sont en voie d’achèvement, le cluster GECA a décroché un ensemble de lots de centrales photovoltaïques d’une capacité de 1490 MW, soit près de 50 % des lots proposés.

La société Zergoune a décroché un lot de 80 MW en groupement avec la société turque Ozgun, Eurl Hamdi des lots au total 410 MW et Amimer Energy des lots au total de 150 MW. Ces EPCistes sont tous membres du cluster. Les PDG des deux premières entreprises ont participé au panel de l’après-midi.

Par ailleurs, GECA a affiché la forte valeur ajoutée industrielle qui est produite localement. La société Zergoune qui a décroché l’EPC pour les 80 MW a produit les panneaux solaires localement pour ce lot. SPS a produit localement les structures métalliques et l’ENICAB les câbles électriques pour les centrales photovoltaïques et Schneider Electric la partie électrique de cette tranche de 3200 MW.

Sonelgaz a un projet de production de transformateurs de grande puissance en partenariat avec une société indienne pouvant être destinés aux programmes futurs de développement de l’énergie solaire. Ces entreprises sont toutes membres du cluster GECA.

Cette dernière a affiché la liste des membres du cluster. Outre les sociétés chinoises CSCEC, les sociétés chinoises CRCC et Huawei font partie du cluster. Les entreprises locales productrices de panneaux solaires Milltech et Lagua Solar sont également membres.

Pour les services, les sociétés d’assurance SAA et CASH, la banque Société Générale Algérie sont également membres. Pour les universités et grandes écoles, l’USTHB et l’École nationale polytechnique. Pour les centres de recherche, le CDER et le CRTSE.

L’apport des entreprises algériennes

GECA a proposé enfin une feuille de route en matière de partenariat avec les entreprises allemandes et européennes : des joint-ventures avec les EPCistes locaux et soumission aux appels d’offres futurs en matière de développement des énergies, des joint-ventures pour la fabrication des équipements localement pour les futures centrales photovoltaïques notamment les panneaux solaires. Les équipements représentent 44 % du coût de la centrale photovoltaïque, a indiqué le cluster.

GECA a également présenté les incitations fiscales aux investisseurs prévues par la loi de finances 2025 ou par le dispositif AAPI.

À noter que Rahmoune Zergoune, le PDG de la société Zergoune, a au cours du panel abordé son expérience dans la mise en œuvre de la tranche 3200 du programme de 15.000 MW : «J’ai beaucoup appris. Je suis nouveau dans ce secteur (cette société intervient dans les projets de Sonatrach ou dans l’oil and gas). Fort de cette expérience dans le solaire, je suis prêt à soumissionner pour le futur appel d’offres en matière d’éolien», des propos rapportés par un représentant du cluster.

Finalement, cette présentation s’apparente à une démonstration à la partie allemande que l’Algérie dispose d’une base industrielle en matière de développement de l’énergie solaire, des acteurs locaux dans l’EPC, l’ingénierie, le génie civil et des ressources humaines.

En investissant en Algérie, ils ne développeront pas leurs projets à partir du néant. Ce qui constitue un atout important pour notre pays s’agissant d’attirer les investisseurs européens à investir dans notre pays dans le domaine de la transition énergétique : développement des énergies renouvelables ou de l’hydrogène vert.

Dans le programme de la délégation allemande hier, il est prévu une rencontre de la délégation au siège de Sonatrach avec les dirigeants de la compagnie pétrolière nationale avant de se rendre en Tunisie.

K. R.

Source : Ecotimes

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