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Le destin de Cuba a toujours été un sujet tenant particulièrement à cœur à Marco Rubio, Secrétaire d’État américain aux Affaires Étrangère, ses parents ayant quitté l’île avant sa naissance pour rejoindre la Floride. La résolution affichée de Donald Trump de vouloir se débarrasser du gouvernement communiste, qui détient les clefs du pouvoir depuis près de soixante-dix ans, pourrait d’ailleurs avoir été directement inspirée par son secrétaire d’État. Ce dernier semble très déterminé à aider le peuple cubain à tourner la page du communisme, qui a ravagé l’île et enrichi une infime minorité à la tête du pays. Dans un appel extraordinaire, le chef de la diplomatie américaine a ainsi incité vendredi «ceux qui veulent un changement positif à Cuba à se tourner vers la CIA», sur fond d’intensification des pressions de Washington sur l’île communiste voisine. L’appel est détonnant à plus d’un égard, d’abord parce qu’il semble reconnaître que l’agence de renseignement américaine, à l’héritage controversé dans l’île communiste, est à l’œuvre et, ensuite, parce qu’il fait plus ou moins ouvertement référence à un changement de régime. «À ceux qui souhaitent apporter un changement positif à Cuba : c’est le moment ou jamais», a-t-il écrit. «Face à la déception suscitée par les promesses non tenues, la corruption et le mode de vie privilégié d’une poignée de personnes, saisissez cette occasion de créer le changement que vous souhaitez grâce à un partenariat discret avec la CIA», a ajouté Rubio, sans davantage de précisions. La CIA a mis en ligne plus tard dans la soirée une vidéo sur X avec des instructions en espagnol destinées à ceux qui voudraient fournir des informations à
l’agence. Les relations entre les États-Unis et Cuba, soumise à un embargo depuis 1962, se sont considérablement tendues, en particulier depuis janvier, quand les États-Unis ont renversé, lors d’une opération militaire spectaculaire, le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro. Les États-Unis ont imposé de fait un blocus pétrolier à l’île, édicté de nouvelles sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains, et inculpé l’ex-président Raul Castro, le frère du défunt dirigeant historique Fidel Castro, dans une affaire remontant à 1996. Washington livre dans le même temps une bataille idéologique dont Marco Rubio se fait le porte-parole, fustigeant le communisme et le soutien présumé de La Havane à des mouvements extrémistes de gauche, notamment aux États-Unis. Le président Donald Trump estime que l’île, située à environ 150 kilomètres des côtes de Floride, représente «une menace extraordinaire» pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a plusieurs fois menacé d’en «prendre le contrôle». S’exprimant vendredi à Fort Myers, en Floride, il a ironisé à ce sujet. «On va faire une petite escale. En fait, ce qu’on va faire avec Cuba, c’est qu’on va rentrer d’Iran. Ces magnifiques navires passeront au large de Cuba. On demandera à l’un d’entre eux de s’arrêter à environ quelques mètres de la côte Ils mettront les mains en l’air. Et ensuite, on enverra Marco Rubio pour conclure l’accord», a-t-il dit sur le ton de la plaisanterie. Dans son autobiographie, «Un fils américain», publiée en 2012, Rubio racontait déjà comment, plus jeune, il se vantait auprès de son grand-père, exilé cubain, qu’un jour il renverserait Fidel Castro et libérerait Cuba. Aujourd’hui, le Secrétaire d’État, farouche anticastriste, est considéré comme le principal artisan de la politique de pression maximale exercée par Donald Trump sur le gouvernement cubain. S’il réussissait ce coup de maître, Rubio augmenterait notablement ces chances auprès des électeurs républicains de devenir le prochain candidat du parti en 2028. Car si le vice-président J.D. Vance semblait être le candidat naturel pour succéder à Trump, le charisme et la loyauté déployés depuis janvier 2025 par le Secrétaire
d’État a conquis beaucoup de nouveaux partisans, qui voient en lui un possible successeur solide, avec, du fait également de ces origines, une possible large communauté d’électeurs latinos capable de le propulser à la Maison-Blanche.

Source : Le jour d'Algérie

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