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Mouvement

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  • Fabien Roussel appelle les Français à se mobiliser comme en 2018 avec les gilets jaunes sur les ronds-points et devant les lieux de pouvoir.
  • Il réclame la suppression des certificats d’économie d’énergie ajoutés depuis le 1er janvier, soit 15 centimes par litre.
  • Il demande aussi la baisse de la TVA sur les carburants de 20 % à 5,5 %, soit 30 centimes en moins par litre d’essence.
  • Ségolène Royal défend un litre d’essence qui ne doit pas dépasser 1,70 euro et suggère de limiter les marges du raffinage.
  • La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon rappelle que baisser les taxes n’est pas le choix et préconise des aides ciblées.

La dernière crise liée à la hausse du prix de l’énergie en France avait, en 2018, dégénéré en un mouvement qui a non seulement duré des années, mais surtout terrifié l’exécutif qui craignait même de voir l’Élysée attaqué. En effet, le mouvement des «gilets jaunes», qui a duré deux ans et qui ne s’est totalement arrêté qu’à cause de la crise sanitaire du Covid-19, est un souvenir douloureux pour le président Emmanuel Macron. Sa popularité, plus basse que jamais en 2019, n’a plus été la même et le jeune président avait même été menacé personnellement par de nombreux meneurs des «gilets jaunes». Or, huit ans plus tard, le dirigeant des communistes français et candidat à l’élection présidentielle, prend le risque d’encourager ses compatriotes de bloquer une fois encore les ronds-points pour protester contre une nouvelle hausse des prix de l’énergie. En effet, Fabien Roussel a appelé hier les Français à «se mobiliser». «Si le gouvernement n’agit pas dans les jours qui viennent, j’appelle les Français à se mobiliser comme nous avons su le faire en 2018 avec les gilets jaunes (…) sur les ronds-points, devant les sous-préfectures, devant les préfectures, devant tous les lieux de pouvoir, devant l’Élysée, devant Matignon», a déclaré le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord). Il a réclamé «tout de suite» la suppression des «certificats d’économie d’énergie qu’ils ont mis sur le litre d’essence depuis le 1er janvier, c’est 15 centimes par litre» et la baisse de la TVA sur les carburants «de 20 % à 5,5 %». «C’est tout de suite, 30 centimes en moins sur le prix du litre d’essence», a-t-il insisté. Fabien Roussel a également demandé au gouvernement «d’agir sur le groupe Total et le groupe Rubis, qui dessert la Corse en essence, (…) pour que le prix de l’essence baisse». Au-delà, le secrétaire national du PCF a insisté sur «le coût de la guerre en Ukraine pour la France», estimant qu’«aujourd’hui, nous pouvons faire toutes les promesses que nous voulons, mais si nous ne relevons pas la question de la paix et de l’énergie, toutes les promesses seront caduques». Sur le même sujet, la candidate à la primaire socialiste Ségolène Royal a défendu hier «un litre d’essence (qui) ne doit pas dépasser 1,70 euro». Elle a également suggéré de jouer sur la TVA pour obtenir cette diminution, mais aussi de limiter «l’augmentation des marges du raffinage, qui n’a jamais gagné autant d’argent qu’aujourd’hui». «C’est ça qui choque les gens, c’est que sur la filière de construction du prix de l’énergie jusqu’au consommateur, il y en a qui s’enrichissent», a-t-elle estimé. Interrogée sur une baisse des taxes sur les carburants, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a rappelé, hier, que «ce n’est pas le choix que nous faisons». «La bonne solution, c’est des aides encore une fois ciblées, destinées à ceux qui en ont le plus besoin», a-t-elle expliqué. Toutefois, les responsables politiques, comme du côté de La France Insoumise, qui incitent un retour en quelque sorte des «gilets jaunes», seraient les premiers à se dédouaner si la situation venait à prendre un tour violent comme en 2019. À l’époque, très rapidement, quasiment tous les soutiens médiatiques et politiques du mouvement s’étaient rétractés après les premiers heurts, qui ont au final causé non seulement de nombreux dégâts matériaux, environ 200 millions d’euros de dégâts matériels assurés en France, selon le bilan officiel annoncé par le ministère de l’Économie d’après les chiffres de la Fédération française de l’assurance, mais également, et surtout, de nombreux dégâts humains, 11 morts et plus de 4 300 blessés entre 2018 et 2020, après des centaines d’affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants. Roussel est l’un des très rare politiciens à avoir gardé son engagement envers le mouvement intact, même s’il a à plusieurs reprises dénoncé les déclarations les plus extrémistes de certains «gilets jaunes» et surtout dénoncé les violences envers les personnes. Reste à voir si son appel sera entendu, ou si ceux qui ont participé en 2018 et n’ont rien obtenu en retour s’abstiendront cette fois-ci de se mobiliser pour, une fois encore, se retrouver à la case départ.
F. M.

Source : Le jour d'Algérie