Selon les chiffres du GIE Monétique, en 2025, les Algériens ont retiré 4.397,2 milliards de DA contre 3.691,6 milliards en 2024, soit une progression de 19,11 %. Cette tendance s’est poursuivie durant le premier semestre 2026, avec un volume des retraits sur les ATM de 131,31 millions d’opérations, pour une valeur totale de 2.448,51 milliards de dinars.
Cela résume la situation de l’e-paiement en Algérie, dont la généralisation de ces nouveaux modes de paiement nécessite une synergie entre les différents secteurs et acteurs économiques pour leur développement.
C’est dans ce cadre que le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE) a organisé hier à Alger une rencontre sur cette thématique importante à savoir la « généralisation des moyens de paiement modernes en Algérie ». Cette conférence-débat s’inscrit dans le cadre des efforts engagés par les pouvoirs publics pour accompagner la transformation numérique de l’économie nationale et renforcer l’inclusion financière.
Dans son allocution d’ouverture, Mohamed Boukhari, président du CNESE, a souligné le rôle stratégique des moyens de paiement dans la dynamique des économies modernes.
Au-delà de la simple facilitation des transactions, le développement des paiements électroniques constitue, selon lui, un levier pour améliorer la fluidité des échanges, renforcer la sécurité et la transparence des opérations et favoriser une meilleure intégration de l’économie algérienne dans les chaînes de valeur internationales.
Devant les membres du CNESE, en présence des experts et des acteurs de la place financière en Algérie, l’intervenant a mis en avant les avancées enregistrées par le pays ces dernières années, avec des progrès significatifs dans le développement des infrastructures dédiées aux paiements électroniques, la modernisation du cadre juridique et l’élargissement de l’utilisation des solutions numériques, notamment le paiement par téléphone mobile. La diversification des services proposés aux citoyens et aux opérateurs économiques constitue également l’un des axes majeurs de cette transformation.
Cette dynamique s’inscrit dans une démarche plus globale visant à moderniser l’économie nationale, accélérer sa transformation numérique et améliorer la qualité des services destinés aux citoyens et aux entreprises.
La Banque d’Algérie, le ministère du Commerce intérieur ainsi que plusieurs administrations et institutions concernées participent à cette dynamique, à travers différentes initiatives et dispositifs destinés à favoriser l’utilisation des moyens de paiement modernes.
L’un des principaux enjeux abordés lors de cette conférence concerne la persistance de la place importante occupée par les transactions en espèces dans l’économie nationale.
Identifier les facteurs qui freinent le e-paiement
La réduction de la dépendance au cash constitue en effet un défi majeur pour renforcer la traçabilité des transactions, améliorer la transparence économique et favoriser l’inclusion financière. Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité d’identifier les facteurs qui favorisent l’adoption effective et régulière des moyens de paiement modernes, aussi bien par les citoyens que par les opérateurs économiques.
Les discussions ont porté notamment sur les conditions réglementaires, techniques et incitatives nécessaires à la généralisation de ces solutions, ainsi que sur les moyens de rendre leur utilisation plus simple, accessible, sécurisée et attractive.
Le représentant du CNESE a, à ce titre, appelé à tirer profit des expertises et des expériences des différents intervenants afin de mieux appréhender les mutations que connaît le système de paiement et d’accompagner efficacement son évolution en Algérie. Cette démarche rejoint les orientations visant à renforcer l’intégration du numérique dans l’économie et à moderniser progressivement les relations entre les citoyens, les entreprises, les banques et les administrations.
Parmi les mesures évoquées figurent également les dispositifs destinés à encourager l’utilisation des paiements électroniques. Les mesures incitatives portant sur la prise en charge des commissions liées aux transactions électroniques et aux opérations effectuées via les terminaux de paiement électronique (TPE) et les applications dédiées ont notamment été mises en avant.
Les participants ont également souligné l’importance de poursuivre les efforts de coordination entre les différents acteurs afin de lever les obstacles qui peuvent encore freiner l’adoption des solutions numériques.
En somme, la généralisation des paiements modernes apparaît désormais comme un enjeu dépassant la seule sphère bancaire. Elle touche à la transparence des transactions, à l’inclusion financière, à la compétitivité des entreprises, à la modernisation des services publics et à l’intégration de l’économie nationale dans l’environnement numérique mondial.
La réussite de cette transition dépendra toutefois de la capacité des différents acteurs à conjuguer les efforts en matière d’infrastructures, de réglementation, de sécurité, d’information et d’accompagnement des utilisateurs.
En août dernier, rappelle-t-on, un Comité national des paiements, créé dans le cadre de la loi monétaire et bancaire promulguée le 21 juin 2023, a été installé avec pour mission d’élaborer une stratégie nationale visant à développer les moyens de paiement scripturaux et à renforcer l’inclusion financière.
La feuille de route présentée par le ministère des Finances repose sur cinq axes : l’adaptation du cadre réglementaire, la modernisation des infrastructures de paiement électronique, le développement de solutions de paiement innovantes, l’accélération de la numérisation des flux de paiement et la promotion d’une culture financière favorable aux paiements électroniques.
Parmi les mesures prévues figurent le développement des prestataires de services de paiement et des banques numériques, le renforcement de la cybersécurité, la mise en place de trois datacenters, le lancement du Mobile Switch et le développement des paiements mobiles, notamment via les QR codes.
La stratégie prévoit également la généralisation des moyens de paiement électroniques dans les secteurs public et privé, ainsi que des mesures incitatives fiscales en faveur de leur adoption.
H. O.




























