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Marché du pétrole : l’AIE voit enfin le bout du tunnel ?

Marché du pétrole : l’AIE voit enfin le bout du tunnel ?

Après plusieurs mois marqués par les tensions au Moyen-Orient et une forte volatilité des prix, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) affiche un optimisme prudent pour les deux prochaines années. Dans son dernier rapport, publié vendredi, l'organisation revoit légèrement à la hausse ses prévisions pour le marché pétrolier mondial et estime que la demande devrait progressivement se redresser à partir de la fin de 2026. Une reprise qui reste toutefois suspendue à un facteur clé, la stabilité géopolitique dans le Golfe.

Une baisse de la demande moins importante que prévu en 2026

L'AIE estime désormais que le ralentissement de la consommation mondiale de pétrole sera moins marqué que ce qu'elle anticipait jusqu'ici. L'agence prévoit une contraction de la demande de 1 million de barils par jour en 2026, contre une estimation précédente de 1,1 million de barils par jour.

Malgré ce recul, la consommation mondiale devrait atteindre en moyenne 103,5 millions de barils par jour sur l'ensemble de l'année. Ce réajustement traduit une résistance plus importante que prévu de plusieurs économies, ainsi qu'un redémarrage progressif de certains secteurs fortement consommateurs de carburants.

Les données de l'AIE montrent que le point bas de la consommation a été atteint en mai 2026, avec 97,9 millions de barils par jour, soit une baisse annuelle de 5,3 millions de barils par jour. Depuis, les indicateurs laissent entrevoir une amélioration graduelle.

Une reprise attendue dès la fin de l'année

Selon l'agence, la demande mondiale devrait retrouver une dynamique positive dès le quatrième trimestre 2026. Après un troisième trimestre encore marqué par un recul estimé à 1,7 million de barils par jour, la consommation devrait repartir à la hausse grâce à plusieurs facteurs.

La saison estivale, traditionnellement plus gourmande en carburants, le rattrapage de la demande différée ainsi qu'un retour progressif de l'activité économique devraient soutenir le marché. L'AIE prévoit ainsi une augmentation de 1,2 million de barils par jour au cours du dernier trimestre.

À l'horizon 2027, la reprise devrait s'accélérer avec une progression de la demande mondiale d'environ 2 millions de barils par jour. Même si ce rythme reste inférieur aux niveaux de croissance observés avant les récentes crises, il marquerait un véritable retour à une trajectoire de croissance.

Une production encore pénalisée par les tensions internationales

Du côté de l'offre, la situation demeure plus fragile. L'AIE prévoit une baisse de la production mondiale de pétrole de 3,7 millions de barils par jour en 2026, pour s'établir à 102,6 millions de barils par jour.

La normalisation attendue en 2027 dépend largement de l'évolution de la situation dans le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour une part importante des exportations mondiales de pétrole.

Si les conditions de navigation continuent de s'améliorer, l'agence estime que la production mondiale pourrait rebondir de 7,5 millions de barils par jour grâce au redémarrage progressif de plusieurs champs pétroliers et raffineries au Moyen-Orient.

En juin, l'offre mondiale a déjà montré quelques signes de reprise en progressant à 98,8 millions de barils par jour, soit une hausse mensuelle de 4,1 millions de barils. Elle reste néanmoins très inférieure aux niveaux observés avant le conflit.

Les exportations des pays du Golfe ont également augmenté pour atteindre 16,1 millions de barils par jour, sans retrouver leur moyenne d'avant-crise, estimée à près de 24 millions de barils par jour.

Les stocks recommencent à se reconstituer

Autre indicateur encourageant, les stocks mondiaux de pétrole ont enregistré leur première hausse depuis le début du conflit.

Selon l'AIE, ils ont progressé de 21 millions de barils en juin, principalement grâce à une augmentation des stocks flottants. Cette évolution pourrait annoncer un retour progressif à un marché moins tendu au cours des prochains mois.

En revanche, les réserves terrestres continuent de diminuer dans plusieurs régions. Les stocks des pays de l'OCDE ont reculé de 62 millions de barils, tandis que ceux des pays hors OCDE ont baissé de 37 millions de barils, notamment sous l'effet d'un déstockage important en Chine.

Le raffinage suit la même tendance. Après une baisse attendue de 2,4 millions de barils par jour en 2026, l'activité devrait repartir en 2027 avec une hausse estimée à 3,1 millions de barils par jour.

Le détroit d'Ormuz reste la principale inconnue

Malgré ces perspectives plus favorables, l'AIE insiste sur le fait que l'équilibre du marché pétrolier demeure extrêmement fragile.

L'agence estime qu'un excédent d'offre pourrait réapparaître dès la fin de 2026 si le trafic maritime continue de se normaliser dans le détroit d'Ormuz. En revanche, une nouvelle escalade militaire ou une perturbation des routes maritimes pourrait rapidement remettre en cause ces prévisions, provoquer une baisse des exportations et alimenter une nouvelle flambée des prix du pétrole.

En d'autres termes, si les fondamentaux du marché commencent à s'améliorer, la géopolitique reste aujourd'hui le principal facteur capable de bouleverser l'équilibre mondial de l'offre et de la demande.

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