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Le SILA, ou le livre en vedette

Le SILA, ou le livre en vedette

Le SILA, ou le livre en vedette

Le rideau est tombé, hier, sur la 29e édition du Salon international du livre d’Alger. Dix jours de ferveur aux Pins maritimes, des allées bondées, des familles chargées de sacs. Le SILA reste, de loin, le rendez-vous culturel le plus populaire du pays. Personne ne le contestera. Les chiffres donnent le vertige : 1 567 maisons d’édition venues de 51 pays, dont 350 algériennes, et une offre proche de 300 000 titres, avec l’Arabie saoudite en invitée d’honneur. Le Salon a doublé sa surface. Il a surtout doublé ses ambitions.

Mais un salon ne se mesure pas seulement à son gigantisme. Celui d’Alger a, pour lui, l’enthousiasme d’un lectorat qui existe bel et bien, quoi qu’en dise les détracteurs. La preuve tient du fait que des auteurs ont animé des séances de dédicaces de leurs œuvres sur plusieurs heures. Et ces « stars » se recrutent dans le monde de la littérature, de la politique et même du sport. Ceux qui disent que les Algériens ne lisent pas se trompent. Et ce n’est pas là une preuve de démagogie. Les succès de bibliothèque illustré dans le Sila sont bien là pour le prouver.

Il faut aussi que le livre ne transmette pas la haine et la division. C’est pourquoi la question de la sélection se voulait incontournable. D’ailleurs, la ministre de la Culture a demandé au comité de lecture d’écarter les textes porteurs de haine ou de violence, sans abus ni double standard. Le principe est sain. Et cette année, cette précaution a pu éviter des polémiques stériles, de la part de milieux hostiles à la culture algérienne authentique. Le retour de nombreuses maisons d’édition dans ce Salon témoigne de la qualité de la sélection qui n’aura été ni abusive, ni partiale. Disons enfin que les dix jours qu’aura duré le SILA, l’on a pu apprécier une Algérie plurielle avide de culture et très attachée à la promotion de la lecture. Et aussi avide de mots, de mémoire, de débat. Mais demeurons réalistes et relevons que la beauté de ce moment magique ne règle pas la problématique d’un secteur où la chaîne du livre, de l’auteur au lecteur, reste fragile et mal rémunérée. En tout cas, l’Etat, à travers l’organisation régulière du Salon, entend donner de l’élan à la culture du livre. Ce n’est certainement pas chose aisée en ces temps du tout numérique, des réseaux sociaux et du règne de l’image et du son. Mais la volonté ne suffit pas, car il faut aussi bâtir une véritable industrie du livre.

— Par Nabil.G
Source : ouestribune

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