Évolution de la situation et nouvelles donnes obligent, l’Algérie opère un redéploiement remarqué de son appareil diplomatique dans la région sahélo-saharienne. Au Tchad et au Niger, plus précisément. Le chef de la diplomatie nationale, Ahmed Attaf, a été expressément dépêché par le président Abdelmadjid Tebboune pour suivre la mise en œuvre des accords scellés avec nos voisins. Ce qui est dans l’ordre des choses. On sait que l’objectif de développement auquel aspirent les parties est consubstantiel au climat prévalant sur le terrain. Attaf s’est donc déplacé à N’Djamena et à Niamey pour s’enquérir in situ de la situation et prendre le pouls de la stabilité et de la sécurité à l’aune des dernières donnes observées dans la région. Sur ce plan, Attaf a rassuré nos partenaires : « L’Algérie tient à son engagement en faveur de la stabilité du Sahel. » Maintenant, il faut savoir que la multiplication des rapprochements observés récemment dans la région est venue en réaction à la décision algérienne d’envoyer ses soldats au Niger. En effet, le déploiement d’unités de l’Armée nationale populaire décidé par le président Abdelmadjid Tebboune le 26 octobre 2026 a été pris dans le but précis de préserver les intérêts stratégiques communs à l’Algérie et à son voisin. Depuis, notre pays s’est retrouvé au centre de l’actualité régionale et même au-delà. L’onde de choc a atteint l’Hexagone. Cette décision a fait bouger les lignes dans une région sous tension et en proie aux turbulences à cause des ingérences chroniques de forces extérieures. Le déploiement de l’ANP n’est pas tombé du ciel, mais était une décision mûrement réfléchie. C’est le résultat d’une longue série de visites et de pourparlers bilatéraux soutenus et intenses. Au final, c’est une éclaircie au milieu de l’obscurité et de l’incertitude qui planent sur la stabilité et la sécurité régionales. C’est pourquoi, la décision de l’Algérie dérange des acteurs extérieurs chassés de la région et leurs sous-traitants qui envoient leurs milices au front pour permettre à leurs parrains de reprendre le contrôle sur la région convoitée pour l’or, l’uranium, les phosphates et toutes les terres rares dont regorge son sous-sol. En effet, durant les quelques semaines qui ont précédé l’envoi de la force de l’ANP au Niger à la demande de son voisin, qui répond à une logique d’accords bilatéraux portant renforcement de leur coopération sécuritaire bilatérale, nous avons assisté à des mouvements suspects suivis de contre-alliances tissées entre des acteurs qui se sont mis dans le rôle de proxys pour servir les agendas occultes de puissances étrangères. Les multiples déplacements à l’étranger de Saddam Haftar, le numéro deux de l’Armée libyenne, illustrent cette situation. Après un voyage au Maroc, le fils du chef du clan de Benghazi a conclu des accords avec Niamey et s’est rendu à Paris. Mais toutes ces incohérences qui font agiter la région font partie du jeu d’influence et comptent dans les nouveaux rapports de force. Alger n’est pas sans le savoir, d’où la tournée de notre MAE.
Farid Guellil

- L’Algérie opère un redéploiement diplomatique remarqué dans la région sahélo-saharienne, notamment au Tchad et au Niger.
- Le chef de la diplomatie, Ahmed Attaf, s'est déplacé à N’Djamena et à Niamey pour s’enquérir de la situation.
- Attaf a rassuré les partenaires sur l'engagement de l’Algérie en faveur de la stabilité du Sahel.
- Le président Abdelmadjid Tebboune a décidé le 26 octobre 2026 le déploiement d’unités de l’Armée nationale populaire au Niger.
- Cette décision vise à préserver les intérêts stratégiques communs et à renforcer la coopération sécuritaire bilatérale.

























