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Brahim Hemdani, la rédemption

Brahim Hemdani, la rédemption

  • Brahim Hemdani, ex-capitaine de l'Olympique de Marseille, devient patron technique de l'EN algérienne.
  • Il n'a disputé que deux sélections avec l'Algérie, face au Sénégal en 2008.
  • Il a raté l'épopée algérienne de 2009, qu'il juge un énorme ratage stratégique.
  • Antar Yahia sera son premier adjoint, avec un rôle précisé lors de sa conférence de presse.
  • Il devra faire mieux que son prédécesseur serbe lors de la prochaine CAN en Afrique de l'Est.

A défaut d’avoir une véritable histoire avec la sélection en tant que joueur, Brahim Hemdani aspire à rattraper ce retard et à rallumer la flamme avec l’EN comme patron technique. Y parviendra-t-il ?

A un moment où il était l’un des Algériens les plus en vue en Europe, à une époque où nos professionnels étaient boudés par les grands du top-5 européen et végétaient dans les championnats mineurs, l’actuel sélectionneur national n’avait pas estimé utile de traverser la Méditerranée pour porter le maillot de la rive sud.

Capitaine d’un Olympique de Marseille et double finaliste de l’Europa League, le milieu défensif considérait, en ces temps où les Verts n’arrivaient même pas à se qualifier à une Coupe d’Afrique des Nations, qu’une présence en sélection algérienne constituait un nivellement par le bas à une carrière qui prenait de la hauteur. La FAF avait, cependant, fini par lui mettre le grappin dessus pour deux petites capes, disputées à trois mois d’intervalle, à savoir cette double confrontation face au Sénégal, le 31 mai 2008 à Dakar (défaite 1-0) puis le 5 septembre 2008 à Blida (victoire 3-2).

Le banc, pour effacer la mise au ban

Cette carrière internationale résumée à deux sélections seulement alors que l’histoire aurait pu être autrement plus belle et certainement plus intense lui avait fermé la porte au nez d’une épopée qui aurait gravé son nom en lettres d’or dans la mémoire collective algérienne. Un énorme ratage stratégique pour celui qui avait un plan de carrière bien précis pour le mener le plus haut possible et le sentiment d’avoir raté de peu l’inoubliable épopée de 2009 pour, au final, punir son égo surdimensionné de l’époque.

Or, comme le football réserve parfois d’incroyables surprises, le voilà propulsé au-devant de la scène, costume de premier responsable sur les épaules et s’apprêtant à embarquer dans une aventure avec les Verts qu’il n’a pas connue en tant que joueur avec comme premier adjoint un certain Antar Yahia, héros de toute une génération et personnage central de l’homérique campagne de qualification jumelées de la CAN et du Mondial 2010 !

L’occasion de réécrire l’histoire

La hiérarchie lui offre même le rôle de tout puissant, lui qui n’avait connu que l’épisode de l’étincelle provoquée par Yacine Bezzaz face au Sénégal, devant celui qui tenait un rôle principal dans le feuilleton à suspense conclu dans le brasier d’Omdourman. «C’est moi qui prends les décisions finales. Antar est l’entraîneur adjoint. Il m’assistera dans l’organisation, que ce soit sur le terrain ou éventuellement dans l’élaboration de la liste, parce que cela fait aussi partie de son rôle.

Les missions de chacun sont très bien définies et établies. Il n’y a aucune ambiguïté», s’était-il ainsi plu à préciser lors de sa conférence de presse de présentation, il y a de cela une semaine. Maintenant que la balle est dans son camp pour réparer ce vide sidéral dans son casier en EN, Brahim Hemdani voudra, à coup sûr, emprunter le même chemin de la victoire que son aîné Djamel Belmadi, qui avait lui aussi longtemps hésité avant de poser pied à Alger et de compiler (seulement) 20 sélections, soit dix fois plus.

Résultats et émotion pour créer du lien

Sur ce point, il lui faudra assurément faire dix fois plus d’efforts, en communication notamment, trouver la bonne formule et créer une symbiose entre les mondialistes et les jeunes loups et offrir (enfin) à cette EN talentueuse et ambitieuse un plan de jeu à la hauteur de ses composants. Cela en première instance, avant de devoir faire mieux que son prédécesseur serbe lors de la prochaine CAN au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie pour espérer faire grimper sa cote dans les sondages et obturer le fossé de désamour entre lui et le large public algérien. Car, dans le football de haut niveau, si les résultats forcent le respect, seule l’émotion des grands rendez-vous crée du lien. La rédemption est à ce prix.

– RACHID BELARBI

Source : Foot Afrique

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