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Abderrahmane Ibrir

Abderrahmane Ibrir

  • Abderrahmane Ibrir est ne a Dellys le 10 novembre 1919 et commence sa carriere de gardien a Alger.
  • Il joue en France aux Girondins de Bordeaux, au Toulouse FC et a l Olympique de Marseille.
  • Il est selectionne en equipe de France entre 1949 et 1950 sous les couleurs toulousaines.
  • Il rejoint la selection du Front de liberation nationale en 1959-1960 et entraine ensuite plusieurs equipes.
  • Il decede en mer le 18 février 1988 apres que son embarcation a chavire au large de Sidi-Fredj.

Qui était Abderrahmane Ibrir ? Un enfant de Dellys, né le 10 novembre 1919 dans cette cité côtière dont les habitants, à l’accent algérois, sont surnommés « lahouistate ». Il quitte sa ville natale très jeune pour Alger, où tout commence.

Il débute à l’AST Alger (1938-1940), passe par l’USM Alger, puis par l’OM Saint-Eugène, réputé pour la formation de jeunes talents, avant de rejoindre le Mouloudia d’Alger. En 1946, il traverse la Méditerranée : Girondins de Bordeaux (1946-1947), Toulouse FC (1947-1951), puis Olympique de Marseille (1951-1954). C’est sous le maillot toulousain qu’il est appelé en équipe de France, entre 1949 et 1950.

Le gabarit d’un portier, la souplesse d’un gardien volant : Ibrir était imposant, mais d’une gentillesse exemplaire. Titulaire indiscutable, impeccable sur sa ligne, spectaculaire dans les sorties aériennes, il fut la bête noire de plus d’une formation algérienne, de l’ES Guelma au MC Oran, en passant par l’ASM Oran, l’USM Bel-Abbès et le RC Kouba. Son jeu au pied et à la main servait ses partenaires. Il dirigeait sa défense avec autorité, relançait avec précision, gelait le ballon quand il le fallait et lançait des contre-attaques parties de sa cage. Presque un joueur de champ, mais d’abord un équipier.

Sa présence rassurait. Calme olympien, sûreté qui impressionnait, élégance naturelle et jamais un mot déplacé : il respectait les dirigeants comme ses adversaires.

Son engagement tardif pour la cause nationale n’enlève rien à son mérite. Il rejoint la sélection du Front de libération nationale en 1959-1960, mais la concurrence d’Ali Doudou et d’Abderrahmane Boubekeur le cantonne au rôle de remplaçant. Il n’en fait pas moins partie des trente-deux ambassadeurs du football algérien qui ont porté la voix de l’Algérie libre.

L’indépendance acquise, il passe sur le banc. Il entraîne l’Olympique du Kef, en Tunisie (1961-1962), prend en charge pour quelques mois la sélection nationale (1962-1963), puis dirige le MC Alger (1978-1979), l’ESM Koléa (1982-1983) et la JS El Biar (1987-1988). Il transmet sa méthode à son fils Athmane, brillant milieu de terrain devenu, après des études en techniques sportives, manager-entraîneur au Canada, puis entraîneur à l’Académie de la FAF.

Le 18 février 1988, la nouvelle tombe, brutale. Passionné de pêche, Ibrir a péri en mer au large de Sidi-Fredj, son embarcation ayant chaviré. Il aura fallu quelques jours de recherches pour retrouver son corps. El Biar, où il vivait, et l’Algérie entière ont pleuré une icône du football national.

Que dire de lui, sinon qu’il fut un homme éduqué, d’une parfaite correction, sur les terrains comme en dehors ? Ibrir fut un grand gardien, mais aussi un grand monsieur.

Source : La Nouvelle République

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