Les services de contrôle économique ont intensifié leur présence sur le terrain au cours des sept premiers mois de 2026. Selon le bilan communiqué par le ministère du Commerce, près de 1,92 million d’interventions ont été réalisées à travers le pays, donnant lieu à plus de 131 000 infractions constatées et près de 127 000 procès-verbaux transmis aux autorités judiciaires.
Derrière ces chiffres se dessine une réalité plus large, celle d’un marché confronté à des pratiques commerciales irrégulières, à la dissimulation de revenus et à la circulation de marchandises ne répondant pas toujours aux exigences réglementaires.
Près de deux millions d’interventions sur le terrain
Entre janvier et juillet 2026, les agents chargés du contrôle économique ont effectué exactement 1 920 536 interventions. Ces opérations ont permis de relever 131 519 infractions, tandis que 127 150 procès-verbaux ont été établis en vue de poursuites judiciaires.
Cette activité traduit la volonté des autorités de renforcer le contrôle des commerces et des circuits de distribution, mais aussi de faire respecter les règles relatives à la protection du consommateur et aux pratiques commerciales.
Le bilan fait également apparaître un enjeu financier important. Les opérations de contrôle ont permis de mettre au jour un chiffre d’affaires dissimulé estimé à 17,175 milliards de dinars. Les services compétents ont par ailleurs procédé à la saisie de marchandises et de produits d’une valeur globale de 1,087 milliard de dinars.
Face aux infractions relevées, les autorités ont proposé la fermeture administrative de 8 171 locaux commerciaux.
Des marchandises importées particulièrement surveillées
Le contrôle ne s’est pas limité aux commerces et aux activités de distribution. Les produits importés ont également fait l’objet d’un dispositif de surveillance renforcé.
Au total, 35 936 cargaisons ont été inspectées au cours des sept premiers mois de l’année. Parmi elles, 611 cargaisons ont été refusées pour non-conformité aux exigences réglementaires.
Les volumes concernés sont loin d’être négligeables. Les marchandises refusées représentaient une quantité totale de 29 934 tonnes, pour une valeur estimée à 23,51 milliards de dinars.
Ces contrôles constituent un maillon essentiel dans la protection du marché national. L’objectif est notamment d’empêcher l’introduction de produits qui ne respectent pas les normes exigées et pourraient présenter un risque pour les consommateurs ou créer une concurrence déloyale vis-à-vis des opérateurs respectant la réglementation.
Plus de 13 000 prélèvements soumis aux analyses
La surveillance de la conformité ne repose pas uniquement sur les contrôles visuels ou documentaires. Les services spécialisés ont également recours aux analyses de laboratoire pour vérifier la qualité et la conformité des produits commercialisés.
Durant la période considérée, 13 588 échantillons ont ainsi été prélevés et soumis à des analyses afin de vérifier leur conformité aux exigences en vigueur.
À cela s’ajoutent 106 433 opérations de détermination effectuées à l’aide d’instruments de mesure. Ces contrôles permettent notamment de vérifier l’exactitude des quantités annoncées aux consommateurs et de détecter d’éventuelles pratiques frauduleuses liées au poids, au volume ou aux mesures.
La spéculation reste également dans le viseur
Un volet spécifique du bilan concerne la lutte contre la spéculation illégale et les pratiques susceptibles de perturber la stabilité du marché national.
Les services de contrôle ont réalisé 906 189 interventions dans ce cadre. Ces opérations ont conduit à la constatation de 15 délits et à l’établissement de 15 procès-verbaux en vue de poursuites judiciaires.
Même si le nombre de délits relevés apparaît nettement inférieur à celui des infractions liées au contrôle commercial général, ce volet reste stratégique pour les pouvoirs publics. La surveillance des circuits de distribution vise notamment à limiter les comportements susceptibles de provoquer des tensions artificielles sur l’offre, les prix ou la disponibilité de certains produits.
Un bilan qui met en lumière la pression exercée sur le marché
Au-delà de l’ampleur des chiffres, ce bilan illustre surtout le renforcement du contrôle économique en Algérie. Avec près de deux millions d’interventions en seulement sept mois, les services concernés ont multiplié les opérations de terrain afin de détecter les pratiques irrégulières et d'assurer le respect des règles commerciales.
La découverte de 17,175 milliards de dinars de chiffre d’affaires dissimulé, la saisie de marchandises d’une valeur dépassant le milliard de dinars et le rejet de centaines de cargaisons importées montrent également que les problématiques liées à la conformité et à la transparence restent importantes.
Pour les consommateurs, l’enjeu dépasse toutefois la seule question des sanctions. Le contrôle des produits, des prix, des quantités et des pratiques commerciales participe directement à la protection du pouvoir d’achat et de la sécurité du consommateur.
À travers cette stratégie, les autorités cherchent ainsi à combiner prévention, sensibilisation et répression, avec un objectif affiché de mieux encadrer les marchés et de limiter les pratiques susceptibles de porter atteinte aux consommateurs ou à l’équilibre du marché national.


























