La nouvelle session parlementaire ordinaire s’est ouverte hier à l’Assemblée populaire nationale (APN), dans un contexte marqué par plusieurs dossiers à forts enjeux législatifs, économiques, sociaux et sécuritaires. Présidant la séance d’ouverture, la présidente de l’APN, Khalida Boufedeche, a placé cette nouvelle étape sous le signe de la «responsabilité, de la proximité avec les citoyens et de l’adaptation de l’action parlementaire aux transformations que connaît le pays».
Par Fatima Arab
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, de la présidente de la Cour constitutionnelle, Leïla Aslaoui, du Premier ministre, Sifi Ghrieb, ainsi que des membres du gouvernement et de plusieurs hauts responsables. Cette ouverture intervient conformément aux dispositions de l’article 138 de la Constitution et de la loi organique régissant l’organisation et le fonctionnement des deux chambres du Parlement et leurs relations fonctionnelles avec le gouvernement.
Dans son discours, Khalida Boufedeche a d’abord évoqué les incendies qui ont récemment touché plusieurs wilayas du pays, rendant hommage aux victimes et exprimant sa solidarité avec leurs familles ainsi que ses vœux de prompt rétablissement aux blessés. Elle a également salué l’élan de solidarité manifesté par la population et les efforts déployés par les institutions de l’Etat pour faire face aux conséquences de cette catastrophe.
Les incendies au cœur du devoir de responsabilité
Pour la présidente de l’APN, l’ouverture de la session par l’évocation de cette tragédie constitue un rappel du caractère particulier de la responsabilité parlementaire, considérée comme un «devoir sacré», mais également comme un devoir envers la collectivité nationale. Elle a, dans ce cadre, insisté sur la nécessité pour les députés de rester proches des préoccupations des citoyens, de défendre leurs intérêts et d’«assumer pleinement leurs missions constitutionnelles de législation et de contrôle». Cette approche place la question du suivi des conséquences des incendies parmi les préoccupations de la nouvelle session. Elle s’inscrit également dans le prolongement des mesures engagées par les pouvoirs publics pour prendre en charge les sinistrés et réparer les dégâts enregistrés dans plusieurs régions.
En plus de la gestion des conséquences de la catastrophe, la présidente de l’APN a appelé à faire de la nouvelle mandature un espace de dialogue et de pratique démocratique, fondé sur la responsabilité et la recherche de l’intérêt national. Elle a également plaidé pour une meilleure coordination entre les différentes institutions de l’Etat, dans le respect des prérogatives constitutionnelles de chacune.
Adapter la loi aux transformations économiques et numériques
Sur le plan législatif, Khalida Boufedeche a mis l’accent sur la nécessité de faire évoluer l’arsenal juridique en fonction des mutations économiques et numériques. L’objectif affiché est de renforcer la clarté du cadre juridique et la sécurité institutionnelle tout en accompagnant les politiques de développement et de réforme. Cette adaptation implique également, selon la présidente de l’APN, un renforcement de la coordination entre l’Assemblée populaire nationale et le Conseil de la nation. Le travail conjoint des deux chambres doit permettre d’améliorer la qualité des textes, leur cohérence et leur efficacité, alors que la nouvelle législature entre dans sa première année d’activité. La transformation numérique du Parlement figure, elle aussi, parmi les orientations annoncées. La présidente de l’APN a insisté sur la nécessité de poursuivre la modernisation de l’institution et de développer ses outils de travail, notamment à travers l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les activités législatives et de contrôle.
Sécurité et renforcement de la protection de la société
Le volet sécuritaire a également occupé une place importante dans le discours d’ouverture. Khalida Boufedeche a salué les efforts de l’Armée nationale populaire et des différents corps de sécurité dans la protection de la souveraineté nationale et des citoyens, ainsi que dans la lutte contre la criminalité organisée, le trafic et les stupéfiants.
Dans ce cadre, elle a souligné la nécessité de protéger la société et de faire respecter la loi, tout en garantissant les droits de la défense et les exigences d’un procès équitable. La présidente de l’APN a également évoqué le projet annoncé concernant l’activation de la peine de mort pour certaines catégories de crimes, notamment l’incendie volontaire, l’enlèvement d’enfants et les actes de violence commis à leur encontre. Cette question figure ainsi parmi les sujets susceptibles d’alimenter les débats législatifs et parlementaires au cours de la nouvelle session.
Ecole : l’investissement dans l’avenir
Le secteur de l’Education n’a pas été absent du discours. La présidente de l’APN a considéré l’école, l’université, la formation professionnelle et la recherche scientifique comme des «investissements directs dans l’avenir du pays». Alors que les rentrées scolaire et universitaire interviennent dans une période marquée par plusieurs chantiers de réforme, elle a salué les efforts consentis pour préparer ces échéances et adressé ses vœux de réussite aux élèves, étudiants et stagiaires. L’enjeu consiste à inscrire les politiques éducatives et de formation dans une perspective répondant aux besoins de développement et aux transformations économiques et technologiques du pays.
Sur le plan international, la présidente de l’APN a réaffirmé l’attachement de l’institution aux orientations souveraines de l’Algérie en matière de politique étrangère. Elle a mis en avant la défense des intérêts supérieurs du pays et de son indépendance dans la prise de décision. Elle a notamment présenté la rupture des relations diplomatiques avec les Emirats arabes unis comme une décision souveraine liée, selon elle, à la protection de la sécurité nationale et des intérêts supérieurs de l’Algérie.
Le discours a également réaffirmé les positions algériennes concernant la cause palestinienne, avec le soutien au droit du peuple palestinien à la liberté, à l’indépendance et à l’établissement de son Etat, ainsi que la position de l’Algérie sur la question du Sahara occidental. La présidente de l’APN a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de défendre le droit de l’Afrique au développement et de s’opposer aux formes de domination et de dépendance. La diplomatie parlementaire devrait, dans ce contexte, constituer un autre axe de travail de la nouvelle session. Khalida Boufedeche a appelé à renforcer la présence de l’Algérie dans les espaces parlementaires régionaux et internationaux, afin de contribuer à la défense des intérêts nationaux.
Elections locales au centre des préoccupations
Autre rendez-vous politique majeur évoqué, les prochaines élections locales. La présidente de l’APN a appelé à la mobilisation pour assurer leur réussite à travers une participation populaire «large et responsable». L’enjeu affiché est de renforcer le rôle des Assemblées élues, d’accompagner le développement local et de mieux répondre aux préoccupations quotidiennes des citoyens.
La nouvelle session devra également composer avec des dossiers sensibles touchant à la sécurité, à la protection des citoyens, aux conséquences des incendies, à l’éducation et au développement local. En clôture de son discours, la présidente de l’APN a insisté sur la «poursuite de la modernisation de l’institution, l’intégration progressive des outils numériques et de l’intelligence artificielle dans le travail parlementaire, ainsi que le renforcement de la diplomatie parlementaire».
F. A.




























