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La réélection de Lula au Brésil déconcerte Trump

La réélection de Lula au Brésil déconcerte Trump

  • Lula a décroché un quatrième mandat inédit après avoir comblé son retard du premier tour.
  • Il doit gouverner face à un Parlement à majorité conservatrice et négocier avec le Centrao.
  • Les finances publiques et la violence constituent des préoccupations majeures pour le pays.
  • Le gouvernement de Lula s'oppose aux décisions de l'administration du président américain Donald Trump.
  • Flavio Bolsonaro prévoit de solliciter l'invalidation de la candidature de Lula au près de la justice.

Lors de son mandat actuel, Lula a déjà éprouvé de nombreuses difficultés à gouverner face à un Parlement à majorité conservatrice.

Pour faire approuver des projets de loi, Lula devra négocier avec le «Centrao», bloc de partis de centre-droit qui monnaient souvent leur soutien en échange de postes dans l’administration publique ou de subventions pour leurs fiefs électoraux, note l’AFP.

Le fait que les parlementaires bénéficient d’une part significative du budget pour ces subventions leur «donne plus d’indépendance vis-à-vis de l’exécutif», dit à l’AFP Mayra Goulart, politologue de l’Université fédérale de Rio de Janeiro. Sur le plan économique, «les trois grands problèmes sont les finances publiques, les finances publiques et les finances publiques», souligne Mauro Rochlin, économiste de la Fondation Getulio Vargas (FGV), un pôle universitaire renommé.

La violence est la principale préoccupation des Brésiliens, selon les derniers sondages.

Le thème de la lutte contre le crime a pris une dimension internationale : l’administration du président américain Donald Trump a désigné comme organisations terroristes les deux principales factions criminelles brésiliennes, le Comando Vermelho (CV) et le Primeiro Comando da Capital (PCC).

Le gouvernement Lula s’oppose à cette désignation, estimant qu’elle porte atteinte à la souveraineté du Brésil, note l’AFP. Lula a fait de la défense de la souveraineté nationale un étendard de sa campagne.

Cette posture lui avait déjà valu un regain de popularité en 2025 quand Washington avait imposé une première surtaxe sur des produits brésiliens. Pour la justifier, Donald Trump avait invoqué une «chasse aux sorcières» contre l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, père de Flavio, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’Etat contre Lula en 2022.

Le plus grand pays d’Amérique latine fait figure, avec le Mexique, de bastion de la gauche dans une région de plus en plus alignée sur le gouvernement Trump, de l’Argentine de Javier Milei à la Colombie d’Abelardo de la Espriella. Flavio Bolsonaro lui-même n’a pas reconnu formellement sa défaite. S’il a renoncé à demander l’annulation de l’élection, il a affirmé qu’il solliciterait de la justice l’invalidation de la candidature de Lula pour «abus de pouvoir» économique et politique, note BFM.

Luiz Inacio Lula da Silva, qui fêtera ses 81 ans mardi, a contre toute attente comblé son retard du premier tour et décroché un quatrième mandat inédit. Le plus grand pays d’Amérique latine reste à gauche dans une région qui penche majoritairement à droite.

La réélection de Lula est une défaite pour le président américain.

Source : La Nouvelle République