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Menace de nettoyage ethnique et accusations

Menace de nettoyage ethnique et accusations

  • Une commission accuse les forces israéliennes de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité en Cisjordanie.
  • Les opérations militaires et les attaques de colons visent à déplacer et exterminer les Palestiniens selon le rapport.
  • En août 2026, 34 176 personnes demeuraient déplacées à la suite des opérations militaires menées depuis janvier 2025.
  • La commission maintient ses accusations de génocide commis par Israël à Ghaza malgré le cessez-le-feu de l'année précédente.
  • La mission diplomatique à Genève dénonce une campagne de désinformation destinée à diaboliser le pays.

Les enfants sont particulièrement visés. La commission accuse les forces d’occupation israéliennes d’avoir délibérément tué et gravement blessé des mineurs, leur infligeant également des traumatismes psychologiques. Elle qualifie ces actes de persécution fondée sur l’âge. Les violences sexuelles, notamment les viols et les atteintes aux capacités reproductives, participeraient également d’une stratégie visant à soumettre, déstabiliser et déplacer la population palestinienne. « Les meurtres et blessures infligés intentionnellement aux civils palestiniens, ainsi que la destruction de leurs habitations en Cisjordanie, conjugués au refus persistant d’Israël d’assumer ses responsabilités, s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à exterminer et déplacer les Palestiniens et à leur imposer des conditions de vie invivables », a affirmé Srinivasan Muralidhar, président de la commission. La commission accuse Israël d’avoir commis en Cisjordanie des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, notamment d’extermination, de persécution, de torture, de viol et d’autres violences sexuelles. Elle estime que les opérations militaires israéliennes, ainsi que les attaques répétées de colons, constituent une politique systématique de violences et de déplacements forcés contre les civils palestiniens, destinée à étendre le contrôle israélien sur les territoires occupés.

L’occupant sioniste accusé

Selon les enquêteurs, les autorités d’occupation israéliennes n’ont pas simplement toléré les violences des colons. Leur comportement indique qu’elles entendaient les intégrer aux opérations militaires dans une attaque coordonnée contre les Palestiniens. Les conséquences territoriales sont considérables. Depuis janvier 2025, les opérations militaires israéliennes ont provoqué le plus important déplacement de Palestiniens en Cisjordanie depuis la guerre de 1967. En août 2026, 34 176 personnes demeuraient déplacées, selon la commission.

A Hébron, une opération israélienne a provoqué le déplacement forcé de plus de 2 000 Palestiniens, selon le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Dans une déclaration publiée lundi, Volker Türk a dénoncé la démolition d’habitations et de commerces dans le cadre de l’opération, ainsi que le bouclage de plusieurs quartiers, confinant de nombreux habitants chez eux. Il a juge ces mesures comme étant « punitives » et destinées à susciter la peur, au regard notamment des déclarations de hauts responsables israéliens. Cette opération renforce les inquiétudes exprimées par António Guterres. En visite au Caire, le Secrétaire général de l’ONU a dénoncé l’expansion des colonies israéliennes, les expulsions incessantes et la multiplication des agressions contre les familles palestiniennes, les journalistes et les diplomates. « Nous assistons à l’instauration d’un environnement de plus en plus coercitif, où le spectre d’un nettoyage ethnique se profile avec toujours plus d’insistance », a-t-il averti. Pour la commission, cette évolution s’inscrit dans une continuité historique remontant à la guerre de 1947-1948. Les enquêteurs considèrent que la volonté israélienne d’étendre son territoire tout en réduisant la présence palestinienne constitue l’un des ressorts fondamentaux du conflit.

Israël rejette catégoriquement ces accusations. Selon la presse, la mission diplomatique à Genève a dénoncé lundi une campagne de désinformation destinée à diaboliser le pays et à présenter son existence même comme criminelle.

Génocide à Ghaza

Le rapport n’épargne pas non plus l’Autorité palestinienne, accusée de réprimer les voix dissidentes et de ne pas enquêter sérieusement sur les violences commises par ses forces de sécurité.

Outre la Cisjordanie, un an après avoir conclu, sous la présidence de la juriste sud-africaine Navi Pillay, lauréate du prix Nobel de la paix 2026, qu’Israël commettait un génocide à Ghaza, la commission maintient ses accusations.

Selon l’instance indépendante, les forces israéliennes continuent d’y commettre des actes génocidaires, malgré le cessez-le-feu d’octobre 2025. L’extension du contrôle territorial israélien expose notamment les civils qui s’approchent ou franchissent la « ligne jaune », une frontière de facto à l’intérieur de l’enclave palestinienne délimitant les positions militaires israéliennes.

Les enquêteurs indépendants ne constituent pas une juridiction et leurs conclusions ne valent pas jugement. Elles pourraient néanmoins alimenter d’éventuelles procédures judiciaires internationales.

La commission réclame enfin la fin immédiate de l’occupation israélienne, le démantèlement des colonies et la restitution des terres confisquées, conformément à l’avis consultatif rendu en juillet 2024 par la Cour internationale de justice (CIJ).

Au Caire, M. Guterres a réaffirmé qu’aucune paix durable ne serait possible sans reconnaissance du droit des Palestiniens à l’autodétermination.

Mais les conclusions des enquêteurs indépendants soulignent une contradiction grandissante entre la diplomatie internationale, qui continue de défendre la solution à deux États, et les transformations imposées sur le terrain, qui menacent chaque jour davantage sa réalisation.

Un an après avoir conclu à un génocide à Ghaza, une commission d’enquête indépendante de l’ONU accuse Israël de crimes contre l’humanité, dont celui d’extermination, contre les Palestiniens de Cisjordanie. Son rapport, publié lundi, dénonce également la poursuite du génocide à Ghaza, en dépit du cessez-le-feu conclu dans l’enclave en octobre 2025, et le crime contre l’humanité continu à l’encontre d’un peuple isolé et sans défense.

Source : La Nouvelle République

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