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Pologne

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  • La Pologne fut l'un des premiers soutiens de l'Ukraine après l'invasion russe.
  • Une attaque au couteau à Jaroslaw par un Ukrainien intensifie les sentiments anti-ukrainiens.
  • Une étude de juillet montre que 52 pour cent des Polonais s'opposent à l'accueil des réfugiés.
  • Des membres du parti de droite Ruch Narodowy se sont rassemblés devant l'abbaye.
  • La Pologne accueille environ 1,5 million d'Ukrainiens réfugiés ou migrants économiques.

L’un des premiers et plus importants soutiens des Ukrainiens, dès l’invasion de leur pays par la Russie, fut la Pologne, dont l’appui logistique pour évacuer des millions de réfugiés a été indispensable. La haine commune des deux pays pour le Kremlin de Vladimir Poutine a aussi fortement contribué à la solidification d’une alliance qui a duré plusieurs années avant de se craqueler complétement. Cette semaine, une attaque au couteau dans l’abbaye de Jaroslaw en Pologne, perpétrée par un Ukrainien, intensifie ainsi les sentiments anti-ukrainiens. Selon les premiers éléments, l’assaillant est entré en Pologne depuis l’Allemagne dans la nuit de mercredi à jeudi et souhaitait se rendre en Ukraine. Mais il a été refoulé au poste-frontière de Korczowa, sa voiture ne disposant pas des assurances requises. Il a alors rebroussé chemin et s’est rendu à Jaroslaw, où il s’est introduit dans l’abbaye, s’est emparé d’un couteau dans la cuisine et a poignardé ses victimes. Cette attaque meurtrière attise les sentiments anti-ukrainiens, notamment sur les réseaux sociaux, après des mois de relations tendues entre Kiev et Varsovie, voisins et alliés. La Pologne accueille quelque 1,5 million d’Ukrainiens, à la fois des réfugiés ayant fui l’invasion russe en 2022 et des migrants économiques qui vivent dans ce pays, membre de l’Union européenne et de l’Otan depuis des années. Dès l’invasion russe, la Pologne a accueilli massivement les réfugiés ukrainiens, adoptant immédiatement une loi leur accordant un statut protégé. Elle est également la principale plateforme pour le transport de l’aide militaire et humanitaire occidentale vers Kiev. Mais au fil des années, le soutien de l’opinion publique aux réfugiés a fortement chuté, dans un contexte de tensions diplomatiques non résolues entre Varsovie et Kiev. Une bataille mémorielle autour des massacres de populations commis de part et d’autre pendant la Seconde Guerre mondiale a notamment refait surface au début de l’année. Une étude réalisée en juillet par le Centre polonais de recherche sur l’opinion publique (CBOS) a montré que, pour la première fois depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, une majorité (52 %) de Polonais s’opposait à l’accueil des réfugiés ukrainiens. Certains craignent désormais que l’agression à l’abbaye de Jaroslaw (sud-est) ne mette de l’huile sur le feu, notamment en ligne. Le jour de l’attaque, plusieurs habitants de Jaroslaw ont rapporté avoir noté une augmentation des propos haineux et de la désinformation en ligne. «Il est clair que cette attaque sera utilisée par des gens qui sont hostiles aux bonnes relations polono-ukrainiennes», explique Adam Leszczynski, professeur associé à l’Institut des études politiques de l’Académie polonaise des Sciences. Le soir de l’attaque, des membres du parti de droite Ruch Narodowy (Mouvement national) et leurs partisans se sont rassemblés en face d’un mémorial devant l’abbaye, allumant des bougies et priant pour les défunts. «Nous devons vérifier qui entre dans notre pays», a déclaré le député européen Tomasz Buczek, qui appartient au groupe de droite du Parlement européen Patriotes pour l’Europe. Le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki a écrit sur X : «Les principes et valeurs de notre communauté doivent être respectés par tous ceux qui résident dans notre pays». Le sentiment d’épuisement face à la guerre en Ukraine et au poids qu’elle fait peser sur les nations européennes, commencent ainsi à se propager, et plusieurs pays au sein de l’UE, à l’instar de l’Allemagne, où l’on se montrent de plus en plus réticents à continuer à financer un effort de guerre qui pourrait durer encore de longues années aux dépens des contribuables de la zone euro. La Pologne, qui était pourtant un pays dont la solidarité avait été exemplaire au début des combats en 2022, a ainsi rapidement changé de position après des incidents qui semblent mineurs mais qui font partie d’une fatigue générale. Reste à voir à quel point les relations entre les deux pays voisins vont se dégrader, et quel impact cela aura sur le reste de l’Europe dans les semaines et mois à venir.

Source : Le jour d'Algérie

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