Bien qu’il soit encore trop tôt pour tirer des enseignements hâtifs, la première réussie de Brahim Hemdani tend à confirmer ses désirs de changements et ses intentions de chasser l’immobilisme installé par son prédécesseur.
On n’ira pas jusqu’à dire qu’il cultive déjà l’anti-Petkovic, mais reconnaissons tout de même à Brahim Hemdani la qualité de n’être pas tombé dans les mêmes erreurs que son devancier. Bien servi par le contexte post-mondial qui l’a soulagé du poids d’une décision à prendre en présence de Riyad Mahrez et d’Aïssa Mandi, le nouveau patron technique des Verts a, ainsi, lancé son mandat en tentant d’apposer déjà sa griffe et de ne surtout pas faire dans le plagiat, a fortiori quand la possibilité de créer un nouveau cycle se présente avec autant de signaux favorables, dont nous citerons pour l’exemple le double avantage du terrain et du public, conjugué au modeste calibre d’un adversaire largement à la portée.
Lancé dans une nouvelle direction
Les prémices de cette rupture avec les méthodes d’un passé récent n’étaient, pourtant, pas vraiment perceptibles de loin avec ce capitanat confié à l’un des cadres des deux derniers sélectionneurs passés avant lui, mais au moment où le onze entrant est tombé, les velléités de Hemdani ont paru plus claires et moins portées par une quelconque nostalgie d’une époque pas encore totalement révolue.
Le choix fort de miser sur Saâdi Radouani en lieu et place de son coéquipier à l’USMA Achraf Abada tout comme la décision de faire de Mohamed-Bachir Belloumi le successeur désigné de son glorieux aîné Riyad Mahrez sur le flanc droit au détriment d’Anis Hadj-Moussa dessinait une évidente coupure entre juin et septembre et suggérait un avis tranché de n’accorder aucune faveur au simple statut de mondialiste. Installer Jaouen Hadjam de l’autre côté de la défense pour laisser Rayan Aït-Nouri maugréer sur le banc était un autre signal fort de cette hiérarchie bouleversée et d’une concurrence plus que jamais relancée.
Aucune nostalgie de l’ère Petko
Et c’est, justement, là la pierre angulaire du «projet» du duo Hemdani-Yahia à la tête de l’EN avec l’objectif affiché de redynamiser un groupe qui n’a pas encore montré tout son potentiel et qui avait bien du mal à trouver sa vitesse de croisière sous Petkovic. Le rappel d’Amin Chiakha et en faire le premier remplaçant d’Amine Gouiri fait, également, partie de cette stratégie nouvelle de ne pas trop «couver» les plus jeunes et de revoir le code de la méritocratie au moment d’établir le onze titulaire.
Une réactualisation qui a fait le bonheur d’Ibrahim Maza, mieux responsabilisé avec les clefs du jeu en main et «installé» dans sa position préférentielle, ce qui tranche considérablement avec le rôle hybride et tellement bizarroïde que lui avait «inventé» Vlado à la Coupe du monde avec l’insuccès que l’on sait. A cette stratégie innovante sur le terrain est, en parallèle, venue se greffer un mode de management inédit et dont le sociétaire de Manchester City Rayan Aït-Nouri a été le premier à en payer le prix fort.
Montrer qui est le patron
Coupable de rébellion sur le banc de touche et d’un manque de respect évident envers le manager de l’EN Moussa Saïb, le défenseur a été congédié illico presto sur ordre de Brahim Hemdani qui n’a que très peu goûté à cette séquence d’indiscipline alors que sous Petkovic, un tel écart de conduite aurait été minimisé pour ne laisser place, ensuite, qu’à une non-convocation au prochain rendez-vous international. Hemdani, lui, a choisi de ne pas se laisser faire et de ne pas laisser au temps le soin de cicatriser une telle plaie, prenant la décision de taper vite et fort. Une façon de montrer «qui est le patron» et de lancer un message on ne peut plus clair au vestiaire, comme quoi «rien ne sera plus jamais comme avant».
-RACHID BELARBI





























