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TSGP Nigeria-Niger-Algérie : le gazoduc transsaharien entre en phase opérationnelle

TSGP Nigeria-Niger-Algérie : le gazoduc transsaharien entre en phase opérationnelle

  • Une réunion bilatérale le 22 septembre 2026 à Niamey a lancé levés topographiques et études d'impact sur le tronçon nigérien.
  • L'Algérie prendra en charge le tronçon nigérien de 720 km, réalisé par Sonatrach avec la société du Niger (SONIDEP).
  • Le Nigeria ne doit plus construire que 100 à 150 km, l'Algérie ayant lancé en juin 2026 son tronçon de 700 à 800 km.
  • Le projet, achevé à plus de 60%, transportera jusqu'à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l'Europe.
  • Sonatrach investira 60 milliards de dollars sur cinq ans ; la production gazière algérienne devrait atteindre 200 milliards de m3 d'ici 2030.

Un déplacement qui a permis aux responsables des deux pays de finaliser les préparatifs pour le lancement effectif de ce projet stratégique, permettant de renforcer l’intégration intra-africaine et de se positionner sur le marché européen, dont la demande est en nette croissance.

Si le dernier tronçon d’une longueur de 700 à 800 km (frontière algéro-nigérienne jusqu’au Centre national de dispatching du gaz (CNDG) de Hassi R’Mel) sur le territoire national du TSGP est lancé en juin dernier, l’Algérie est, sur ordre du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, prendra en charge la réalisation du tronçon traversant le Niger sur une distance de 720 km.

La compagnie Sonatrach, avec ses filiales, s’est déjà déplacée sur les lieux pour entamer les études techniques et de faisabilité nécessaires avec la société du Niger (SONIDEP) pour la réalisation de ce projet sur le territoire de ce dernier.

En effet, le tronçon nigérien passe au concret. Lors d’une réunion bilatérale le 22 septembre 2026 à Niamey entre le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, les deux pays ont acté le lancement immédiat des levés topographiques, des études d’impact environnemental et géotechniques sur le territoire du Niger. Des étapes opérationnelles importantes dans le processus de réalisation du projet.

La phase de concrétisation

Ce tronçon représente la plus longue portion restante avec environ 1 000 km à bâtir. L’engagement des travaux sur le territoire nigérien avec l’appui de l’Algérie, le TSGP est désormais sur les rails et devient ainsi une réalité.

Le renforcement de la coopération bilatérale entre Alger et Niamey dans divers domaines, notamment sécuritaire, énergétique et économique, accélérera certainement la finalisation de ce projet qui est globalement achevé à plus de 60%. Il y a lieu de signaler que, sur ce point, le Nigeria ne doit plus construire que 100 à 150 km, tandis que l’Algérie a officiellement lancé en juin 2026 les travaux de son tronçon restant (700 à 800 km) depuis la wilaya d’Adrar.

À terme, le pipeline transportera jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an. Il profitera des connexions existantes de l’Algérie vers l’Espagne (Medgaz) et l’Italie (Transmed) pour approvisionner l’Europe.

Les deux parties algériennes et nigériennes ont renouvelé leur attachement à l’importance stratégique de ce projet, qui réunit l’Algérie, le Niger et le Nigeria, ainsi qu’à son rôle dans le renforcement de l’intégration énergétique africaine et la promotion du développement économique et social des pays de la région.

Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, a également réaffirmé que l’Algérie, sous la direction du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, poursuivra son soutien à la coopération algéro-nigérienne, notamment dans le secteur des hydrocarbures, à travers l’accompagnement des entreprises nigériennes, le transfert de l’expertise algérienne et le développement des compétences et des capacités, au service du développement économique et énergétique des deux pays.

Le président de la République du Niger, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, qui avait accordé une audience au ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a réaffirmé « l’importance stratégique de ce projet pour l’Algérie, le Niger et le Nigeria« , mettant en avant « le rôle qu’il peut jouer dans le soutien au développement socioéconomique et le renforcement de l’intégration énergétique africaine« .

En clair, le projet TSGP vient de franchir une nouvelle étape dans sa concrétisation et confirme sa viabilité contrairement au gazoduc proposé par le voisin marocain, dont beaucoup d’observateurs le qualifient de projet né-mort.

L’Algérie renforce son rôle de hub gazier régional

Avec une estimation de réalisation de 25 milliards de dollars, soit presque le double du tracé Lagos-Niamey-Alger, le projet du Maroc devrait traverser près de 13 pays sur une longueur de près de 6 800 km !

En effet, l’Algérie, qui dispose d’infrastructures de base modernes et connectées à des plateformes gazières en Europe, se dirige résolument vers la consolidation de sa place sur la scène énergétique mondiale, tout en se positionnant comme un hub énergétique régional incontournable.

Avec les investissements engagés d’une valeur de 60 milliards de dollars par le groupe Sonatrach pour les cinq prochaines années, la production gazière de l’Algérie devrait doubler en passant à 200 milliards de m3 d’ici 2030, dont 50% seront orientés vers l’exportation, soit 100 milliards de m3.

Ajoutant les 30 milliards de m3 du Nigeria via le Niger, l’Algérie va conquérir de nouvelles parts sur le marché européen qui fait face à de sérieux problèmes d’approvisionnement, notamment avec les bouleversements géopolitiques et les perturbations des routes maritimes, notamment des pays du Golfe.

Le récent conflit dans le détroit d’Ormuz a permis à l’Algérie d’augmenter ses exportations vers l’Europe d’un milliard de m3 durant les huit premiers mois de 2026. Il convient de rappeler que le TSGP figure parmi les projets phares du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD).

Il constitue l’un des trois grands projets structurants de ce programme continental, aux côtés de la Route Transsaharienne Alger-Lagos et du projet de liaison par fibre optique entre le Nigéria et l’Algérie.

À ce titre, il représente un levier majeur pour le renforcement de l’intégration régionale, la valorisation des ressources énergétiques africaines et la promotion du développement économique durable du continent.

H. O.

Source : Ecotimes

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