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Gangs

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Il y a trois semaines, lorsque le président salvadorien annonçait son intention d’envoyer des troupes armées pour récupérer quatre de ses ressortissants enlevés en Haiti, plusieurs voix s’étaient élevées pour condamner l’attitude «belliqueuse» du dirigeant sud-américain. Certains l’avaient même accusé de proférer des menaces en l’air car ce n’était «pas de cette façon» que l’on faisait les choses et qu’un président ne pouvait pas décider de son propre chef d’envoyer des troupes sur un sol étranger. Toutefois, c’est bien ce que le président salvadorien a fait une semaine plus tard et aujourd’hui, quinze jours après l’arrivée des troupes sur l’île caraïbéenne les gangs haïtiens qui gangrènent le pays demande un armistice. Le gang des 400 Mawozo a notamment envoyé un communiqué de trois pages à l’Associated Press, arguant que «le dialogue n’est pas une capitulation», mais plutôt un «acte de responsabilité patriotique visant à préserver des vies humaines». Les Nations unies et les organisations de défense des droits de l’homme ont accusé le gang des 400 Mawozo d’avoir commis des viols, des meurtres et des enlèvements, ce que le groupe a nié. Le 1er novembre, le chef du gang, Wilson Joseph, alias Lanmo San Jou, a indiqué à l’AP qu’il avait écrit au Secrétaire général de l’ONU pour demander à l’Organisation d’envoyer une délégation en Haïti afin d’engager un dialogue et une médiation, craignant que la présence de troupes salvadoriennes n’aggrave encore la violence. Le gang, qui se qualifie lui-même de groupe rebelle, a déclaré qu’il prévoyait de participer à une manifestation pacifique dans le courant du mois «afin de jeter les bases d’un dialogue national et d’un processus de négociation de paix». «L’avenir d’Haïti ne peut pas se bâtir que sur des affrontements et des opérations militaires», a-t-il déclaré. Cette lettre a été diffusée alors que la police haïtienne et les forces étrangères continuent de lutter contre les gangs.  L’AP a contacté un porte-parole de 400 Mawozo pour lui demander si le gang était prêt à déposer les armes. Cette personne, qui s’est exprimée sous couvert d’anonymat, a répondu que le gang était disposé à s’engager dans des négociations de paix et que le désarmement était un processus. Lorsqu’on lui a demandé ce que le gang attendait en échange, cette personne a répondu : la paix et la fin de l’«ingérence internationale». L’annonce du gang intervient quelques semaines seulement après le déploiement par le Salvador de plus de 2 000 soldats en Haïti, à la suite de la disparition de quatre techniciens aéronautiques salvadoriens qui ont été pris pour cible le 18 octobre lorsqu’ils se trouvaient en plein territoire des gangs. Les Nations unies ont indiqué que la plupart des membres du personnel salvadorien présents en Haïti opèrent en dehors du cadre de la force de lutte contre les gangs soutenue par l’ONU, qui collabore avec la police et l’armée haïtiennes ainsi qu’avec Vectus Global, une société de sécurité privée fondée par Erik Prince, ancien membre de la marine américaine et fondateur de Blackwater. Le gang estime qu’il serait bénéfique que toutes les «forces militaires concernées suspendent leurs opérations dans certaines zones, en attendant l’ouverture effective d’un dialogue sur la paix et la stabilité». Vendredi, Bukele a réagi à une publication sur les réseaux sociaux dans laquelle il était mentionné et qui montrait, selon certaines sources, le domicile de Joseph, chef des 400 Mawozo. «Où se trouve cette maison ? Donnez-nous l’adresse exacte, et nous la détruirons», a écrit Bukele sur X. Craignant pour son dirigeant, le gang a fait référence dans sa lettre à certains articles des Conventions de Genève ainsi qu’à la Charte des Nations unies. Il est néanmoins peu probable que le même gang applique ces mêmes principes à leurs compatriotes, qui sont depuis des décennies les victimes des crimes liés à ces organisations hors-la-loi qui règnent sur l’île. Aujourd’hui, alors qu’ils rencontrent pour la première fois depuis bien longtemps un dirigeant déterminé à user de tous les moyens pour mettre à bat leurs organisations, ils réclament d’être traités dans le cadre des Droits de l’Homme.

Source : Le jour d'Algérie

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