LogoNews
Fintech et transformation numérique en Algérie : les start-up accélèrent le paiement électronique

Fintech et transformation numérique en Algérie : les start-up accélèrent le paiement électronique

  • Les start-up algériennes Guiddini et PayPart multiplient les initiatives pour intégrer leurs solutions de paiement électronique aux activités économiques.
  • Guiddini a accompagné plus de 500 webmarchands et héberge ses solutions numériques et ses données associées dans le Cloud en Algérie.
  • Guiddini collabore avec la SATIM, le GIE Monétique et Algérie Poste pour assurer la conformité et la sécurité de ses offres.
  • PayPart propose une interface sécurisée utilisant les cartes CIB et Edahabia pour bloquer les fonds jusqu'à la validation du produit par l'acheteur.
  • PayPart offre un délai de 24 heures après réception pour introduire une réclamation afin de lever les craintes de fraude dans le e-commerce.

Face à l’essor du commerce en ligne et aux enjeux de confiance et de sécurité, les start-up algériennes spécialisées dans le paiement électronique multiplient les initiatives pour intégrer leurs solutions aux activités économiques. Guiddini et PayPart entendent ainsi contribuer à la généralisation des transactions numériques et à la transformation digitale des entreprises.

Par Meriem B.

Le paiement électronique poursuit son développement en Algérie, porté par l’émergence de start-up fintech qui ambitionnent de faire des transactions numériques un élément incontournable de l’activité économique. Au-delà de la simple mise à disposition de moyens de paiement, ces jeunes entreprises misent désormais sur l’intégration de solutions adaptées aux besoins des professionnels et des consommateurs. Dans une déclaration à l’Agence de presse nationale, Mourad Mechta, directeur général de la start-up Guiddini, spécialisée dans le paiement et les solutions numériques, estime que le paiement électronique doit être considéré comme une composante à part entière des services numériques proposés par les entreprises. Selon lui, le paiement ne doit plus constituer une fonction isolée, mais être intégré directement dans les parcours numériques des entreprises, afin de faciliter les transactions et de favoriser l’adoption du e-paiement à plus grande échelle. Pour accompagner cette évolution, Guiddini accorde une importance particulière à la sécurité et à la conformité de ses solutions. Son responsable affirme que l’entreprise a suivi les procédures de tests, de certification et d’autorisation applicables au paiement national, en collaboration avec la Société d’automatisation des transactions interbancaires et de monétique (SATIM), le Groupement d’intérêt économique de la monétique (GIE Monétique) et Algérie Poste. La start-up indique également héberger ses solutions numériques et les données associées dans le Cloud en Algérie, un choix qui s’inscrit dans sa démarche de sécurisation et de maîtrise des données. En matière de réalisations, Guiddini affirme avoir accompagné plus de 500 webmarchands dans la digitalisation de leurs moyens de paiement. Ses solutions sont notamment utilisées par des agences d’assurance, des entreprises de distribution, des établissements hôteliers, des agences de voyages, des commerçants en ligne et des centres de formation. Parmi les initiatives citées figure également la collecte digitale de la Zakat, mise en œuvre en partenariat avec l’Office national de la zakat et des awqaf. Evoquant les perspectives du secteur, Mourad Mechta relève une dynamique favorable à la digitalisation des transactions, soutenue par l’évolution du cadre réglementaire et la Stratégie nationale de transformation numérique 2025-2030. Il considère toutefois que le principal défi réside dans la concrétisation de cette dynamique à travers des usages accessibles et adaptés aux besoins des entreprises et des citoyens. Cela passe, notamment, par l’intégration des solutions de paiement aux logiciels de gestion des entreprises (ERP), aux systèmes de gestion de la relation client (CRM) et aux différentes applications métiers. Le développement de solutions dédiées à des secteurs comme l’hôtellerie, la restauration et la formation, figure également parmi les axes de croissance identifiés.

PayPart veut instaurer la confiance dans le commerce en ligne
De son côté, la start-up SARL PayPart place la confiance du consommateur au cœur de son modèle économique. Son fondateur et directeur général, Nassim Tchoulak, explique que l’entreprise est née d’un constat : de nombreux consommateurs hésitent encore à effectuer un paiement avant la réception de leur commande, par crainte d’une fraude ou de recevoir un produit non conforme. Pour répondre à cette réticence, PayPart propose une interface sécurisée entre le commerçant et le client. Son dispositif repose sur le paiement par cartes CIB et Edahabia, avec un mécanisme permettant de ne transférer les fonds au vendeur qu’après réception et validation du produit par l’acheteur. Le consommateur dispose également d’un délai de 24 heures après la réception de sa commande pour introduire une réclamation et engager une procédure de litige. A travers ce système, la start-up entend lever l’un des principaux obstacles au développement du commerce électronique en Algérie, le manque de confiance dans les transactions à distance. Pour Nassim Tchoulak, ce mécanisme présente un double avantage. Il rassure les consommateurs tout en permettant aux commerçants de bénéficier des opportunités offertes par le paiement électronique et d’élargir leur clientèle. Le développement du commerce électronique constitue ainsi un levier essentiel pour accélérer la généralisation des paiements numériques. Toutefois, l’adoption de ces solutions nécessite également un travail de sensibilisation et d’accompagnement des commerçants. Le responsable de PayPart souligne que convaincre les opérateurs économiques des avantages du paiement électronique demeure un défi important. La labellisation Startup a, dans ce contexte, contribué à faire connaître le concept de l’entreprise auprès des différents acteurs de l’écosystème entrepreneurial. Pour les prochaines étapes, PayPart ambitionne de contribuer au remplacement progressif du paiement à la livraison dans le commerce en ligne, en renforçant ses intégrations avec les plateformes marchandes, les services de livraison et d’autres partenaires spécialisés. La start-up prévoit également d’élargir son réseau de partenariats à plusieurs secteurs d’activité, notamment l’hôtellerie, la cosmétique, l’électronique, la formation, les abonnements et la location saisonnière. A travers des approches complémentaires, Guiddini et PayPart illustrent ainsi les nouvelles orientations de la fintech algérienne : d’un côté, l’intégration du paiement électronique dans les systèmes de gestion et les services des entreprises ; de l’autre, la mise en place de mécanismes destinés à renforcer la confiance des consommateurs. M. B.

Source : Le jour d'Algérie

A lire également