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Finances publiques Comment l’Algérie peut transformer ses ressources en richesse durable

Finances publiques Comment l’Algérie peut transformer ses ressources en richesse durable

L’Algérie doit poursuivre le financement des projets publics et la protection des acquis sociaux, tout en renforçant sa capacité à absorber les chocs extérieurs. La question centrale est de savoir si l’économie nationale peut convertir ses investissements et ses ressources énergétiques en richesse durable et en recettes renouvelables pour le Trésor public. Selon le FMI, le déficit budgétaire devrait reculer à environ 9,6 % du PIB en 2026, avec une dette publique brute attendue à 53,2 % du PIB. L’expert économique Abdelkader Slimani estime que la consolidation financière doit être globale : efficacité de la dépense, élargissement de la base productive et développement des ressources fiscales, sans sacrifier la fonction sociale de l’État.

Le FMI salue la robustesse de l’économie
Le FMI a salué la robustesse de l’économie algérienne et les efforts de diversification. La croissance a atteint 3,9 % en 2025, contre 3,7 % en 2024, soutenue par l’investissement public. Hors hydrocarbures, elle a progressé de 4,3 % en 2025 et devrait atteindre 4 % en 2026.
Le Fonds table sur une croissance de 3,8 % en 2026. La hausse des cours des hydrocarbures devrait stimuler les exportations et les recettes budgétaires, permettant de reconstituer les marges de manœuvre budgétaires. Les exportations devraient passer de 15,8 % du PIB en 2025 à 19,3 % en 2026, tandis que les importations reculeraient de 21,9 % à
18,5 % du PIB. Le déficit budgétaire a diminué en 2025 grâce à des dividendes exceptionnels des entreprises publiques et de la Banque d’Algérie. Le FMI a aussi salué la solidité du secteur bancaire et le retrait rapide de l’Algérie de la liste du GAFI.

Dépense publique et rendement économique
Les finances publiques ne se résument pas à l’écart entre recettes et dépenses : elles dépendent aussi de la nature des ressources, de la structure des engagements et de la capacité de l’investissement à produire des retombées économiques. Lorsque les dépenses progressent plus vite que les recettes durables, les besoins de financement augmentent.
Le déficit était estimé à 10,5 % du PIB en 2025, avant un retour attendu à 9,6 % en 2026. Il est donc essentiel de distinguer les recettes récurrentes des recettes exceptionnelles pour apprécier la soutenabilité du budget.
M. Slimani insiste sur la «rentabilité du dinar public» : orienter les ressources vers les projets créateurs de valeur ajoutée, d’emplois et d’activité productive. La qualité du choix, de l’exécution et du suivi des projets détermine leur impact réel sur la croissance et sur les recettes futures de l’État.

Recettes énergétiques et marges budgétaires
Les hydrocarbures restent un pilier du financement de l’économie. Le FMI souligne que l’amélioration de ces recettes offre une occasion de reconstituer les marges budgétaires et extérieures, d’assainir les finances publiques et de renforcer la résilience face aux chocs.
M. Slimani recommande de traiter les recettes supplémentaires comme une ressource conjoncturelle : une partie devrait renforcer les réserves financières et réduire les besoins de financement, l’autre financer des projets productifs. Cette séparation évite de rendre les dépenses futures dépendantes des fluctuations des prix de l’énergie.
La valorisation des ressources énergétiques peut aussi générer davantage de valeur ajoutée, notamment par le développement des industries de transformation, des services liés aux hydrocarbures et des capacités d’exportation. La dette publique brute devrait légèrement progresser, de 52,1 % du PIB en 2025 à 53,2 % en 2026.

Élargir la fiscalité hors hydrocarbures
La diversification des recettes suppose d’accroître la contribution des secteurs industriel, agricole, commercial et des services. Cela passe par l’élargissement de l’activité formelle, le renforcement du civisme fiscal et la modernisation de l’administration fiscale.
M. Slimani recommande la numérisation de l’administration fiscale, l’interconnexion des bases de données, la facturation électronique et la transparence des transactions. Il souligne également la nécessité de faciliter le passage des activités informelles vers l’économie organisée. La loi de finances 2026 estime les recettes fiscales à environ 4 327 milliards de dinars. Leur développement exige toutefois un équilibre entre mobilisation des ressources et capacité des entreprises, notamment des PME, à investir et recruter. Simplifier les procédures et réduire les coûts administratifs peuvent favoriser à la fois les recettes et la croissance.

Investissement privé et exportations
L’allègement de la pression budgétaire dépend aussi du secteur privé, capable de produire, employer, attirer les investissements et exporter. L’amélioration du climat des affaires – simplification administrative, stabilité des règles, accès au financement et concurrence – est déterminante. La Banque mondiale indique que la croissance a atteint 4,1 % au premier semestre 2025, portée par les secteurs hors hydrocarbures, en hausse de 5,4 %. Mais le recul des exportations d’hydrocarbures et la hausse des importations liées à l’investissement ont pesé sur les comptes extérieurs. M. Slimani estime que l’énergie, les mines, l’agriculture et l’industrie offrent un fort potentiel, à condition d’être soutenus par des réformes, un meilleur suivi des projets et une orientation vers les activités à forte valeur ajoutée. L’objectif est de faire du privé un moteur de croissance et de réduire la dépendance à la dépense publique.
Kahina Ait Yahia

Source : Le jour d'Algérie

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