L’Algérie mène des discussions avancées avec la Banque mondiale (BM) en vue de mettre en place un dispositif de financement destiné aux startups locales. L’objectif est de mobiliser plus de 10 millions de dollars au profit de certaines jeunes entreprises algériennes, à l’occasion de la cinquième édition de la Conférence africaine des startups, prévue du 5 au 7 décembre prochain à Alger.
C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, dans un entretien accordé au média Asharq Bloomberg, publié ce dimanche 8 novembre. Selon lui, l’initiative devrait être lancée en marge de cet événement continental, qui réunira des acteurs de l’écosystème entrepreneurial africain.
Le ministre a précisé que la Banque mondiale avait manifesté son intérêt pour le marché algérien, en particulier pour les startups qui enregistrent une croissance sur le marché national et disposent de perspectives de développement à l’échelle africaine et européenne. Les discussions portent ainsi sur la possibilité d’accompagner financièrement des entreprises présentant un potentiel d’expansion à l’international.
La Deep Tech au centre de la rencontre africaine
Placée sous le thème de la Deep Tech, cette cinquième édition sera consacrée au développement des technologies de pointe sur le continent. Plusieurs secteurs seront concernés, notamment l’énergie, la santé, l’intelligence artificielle, l’agriculture et l’industrie alimentaire.
Les échanges porteront également sur les enjeux de souveraineté numérique et les mécanismes permettant de mobiliser davantage de capitaux en faveur des jeunes entreprises africaines.
Les organisateurs prévoient la participation de plus de 25 000 personnes et de 40 délégations officielles africaines, conduites par des ministres. La rencontre doit également permettre de faire le point sur les initiatives engagées lors des précédentes éditions.
À ce sujet, Noureddine Ouadah a indiqué que les conclusions de la quatrième conférence avaient été approuvées vendredi au siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba. Il a également rappelé que les travaux du sommet ministériel organisé en marge des précédentes rencontres avaient donné lieu à des résolutions officielles de l’organisation panafricaine.
Le ministre a par ailleurs évoqué l’évolution des financements consacrés aux technologies de pointe en Afrique. S’appuyant sur les données du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), il a indiqué que les montants mobilisés dans ce domaine étaient passés de 86 millions de dollars en 2015 à 1,2 milliard de dollars en 2023.
Une contribution de 1 % des bénéfices pour financer l’innovation
Sur le plan national, l’Algérie a également introduit un nouveau mécanisme destiné à soutenir la recherche, le développement et l’innovation. Prévue par la loi de finances 2026, cette contribution correspond à 1 % des bénéfices des entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse deux milliards de dinars, soit environ 15 millions de dollars.
Selon Noureddine Ouadah, les textes d’application encadrant ce prélèvement ont été publiés récemment. Ce dispositif devrait permettre de dégager chaque année plusieurs centaines de millions de dollars pour financer les activités de recherche et d’innovation.
Le ministre a également avancé des chiffres sur l’évolution de l’écosystème national des startups. Alors que l’Algérie comptait environ 200 startups en 2020, elle recense aujourd’hui plus de 15 000 projets, startups et structures d’accompagnement, dont les accélérateurs d’entreprises.



























