Il vaut mieux en rire. Le Bureau du Conseil de la FIFA a parlé. Les États-Unis organiseront la première Coupe du monde des clubs féminine en janvier 2028. Le pays possède des infrastructures de qualité, une solide expérience et un public intéressé. Circulez, il n’y a rien à voir ! Les membres du Conseil ont -ils seulement regardé dans le rétroviseur ? Le Mondial masculin 2026 leur a pourtant fourni quelques sujets de réflexion.
Prenons le cas d’Omar Artan. Cet arbitre somalien, désigné pour la compétition et détenteur d’un visa valide, s’est vu refuser l’entrée aux États-Unis. Résultat : il n’a pas pu officier au rendez-vous mondial. La FIFA a expliqué que les décisions d’admission relevaient des autorités américaines. Juridiquement, c’est une explication. Sportivement, c’est une autre histoire. Un arbitre peut être sélectionné par la FIFA sans pouvoir franchir la frontière du pays qui accueille son tournoi !
Et ce n’est pas tout. Des supporters ont buté sur les restrictions de voyage, les formalités et le coût des déplacements. Des difficultés de visas ont également touché des responsables et des membres de délégations. Quant aux controverses arbitrales, elles ont alimenté les débats jusque dans les plus hautes sphères politiques américaines. Le scandale Balogun. Le spectacle était parfois aussi intense en dehors des terrains que sur la pelouse.
Face à ces épisodes, qu’a fait la FIFA ? Elle a poursuivi son tournoi et défendu son organisation. Le Conseil, lui, continue de distribuer les compétitions. Les États-Unis pour le football féminin des clubs, le Qatar pour les trois derniers matches de la Coupe Intercontinentale : les décisions s’enchaînent. Les questions, elles, attendent toujours des réponses.
On aurait aimé entendre les membres du Conseil demander des garanties concrètes. Comment protéger les officiels contre une exclusion à la frontière ? Comment faciliter l’accès des supporters ? Comment éviter que la politique migratoire d’un pays hôte ne compromette la participation à une compétition mondiale ?
Mais peut-être ces questions ne figuraient-elles pas à l’ordre du jour. Il est tellement plus simple de voter, d’approuver et de passer au point suivant. Le Conseil de la FIFA ressemble alors à une assemblée de béni-oui-oui : tout le monde approuve, les communiqués sont impeccables et les problèmes restent à la porte. Parfois, à la porte d’un aéroport !
Reste une interrogation : pour accueillir une compétition mondiale, suffit-il de disposer de beaux stades et de bonnes infrastructures ? Ou faut-il aussi garantir que ceux qui font vivre le football puissent entrer dans le pays ? À la FIFA qui a le sens de l’humour, le ballon est rond, les décisions tournent en rond et les supporters risquent, eux, de tourner en rond devant les consulats. Mieux vaut en rire. Mais tout de même, jusqu’à quand ?
AHMED BESSOL




























