Le président de la FIFA, Gianni Infantino, tente de reprendre la main. Sa lettre adressée aux 211 fédérations membres dans laquelle il propose une consultation et une réflexion sur la gouvernance de l’institution, intervient après plusieurs semaines de contestation autour du projet FIFA Forward Enterprise et de la manière dont celui-ci avait été préparé. Et les observateurs se demandent si le maître de Zurich cherche simplement à ouvrir un débat sur les réformes ou à calmer une contestation qui a changé de dimension ?
Car le problème n’est plus seulement celui d’un projet abandonné. Il touche désormais à la question du pouvoir. Qui décide ? Qui consulte ? Jusqu’où le président peut-il engager la FIFA sans l’adhésion préalable de ses membres au Conseil et de ses confédérations ? Les oppositions venues notamment d’Europe, de la Concacaf, de l’AFS (asiatique) et de certaines zones africaines de la CAF montrent que le débat dépasse largement les frontières helvetiques.
Les opposants maintiennent leurs pressions sans pousser à une confrontation immédiate avec le président de la FIFA sachant que le mois de mars est encore loin. Le prochain Conseil de la FIFA, les discussions entre confédérations et les prises de position des fédérations peuvent encore modifier les rapports de force. Dans ce contexte, tenir jusqu’au Congrès électif pourrait devenir plus important que provoquer une crise aujourd’hui.
Rabat deviendrait alors le point cardinal et peut-être la «mise à mort» de l’homme aux trois nationalités. Le 18 mars 2027, les 211 fédérations seront réunies pour le Congrès électif de la FIFA. C’est là que se mesurerait, en définitive, la réalité des soutiens, des alliances et des changements de position. D’ici là, chaque lettre, chaque déclaration et chaque initiative de gouvernance peuvent être interprétées comme un élément de cette longue bataille pour le contrôle de l’institution.
Si Infantino dispose encore de quelques leviers importants, ses adversaires n’en manquent pas. Ils semblent avoir compris que le temps peut devenir un instrument politique. La question n’est donc plus de savoir qui parle le plus fort aujourd’hui, mais qui sera encore capable de rassembler une majorité demain. Une Afrique souveraine à son mot à dire.
AHMED BESSOL


























