Il faut reconnaître à Gianni Infantino un talent particulier : celui de toujours savoir où il veut aller. Et, surtout, de trouver les personnes pour l’y accompagner. Après Zurich, Rabat. Après Rabat, Kinshasa. Le président de la FIFA ne perd décidément pas le nord. En Afrique, encore moins. Et le président de la CAF, Patrice Motsepe suit la flèche, en attendant.
Le cas de Véron Mosengo-Omba ( notre photo accompagnée de Infantino) mérite à lui seul de s’y attarder. Ancien responsable de la FIFA pour l’Afrique, devenu secrétaire général de la CAF, il quitte Le Caire en mars dernier. Quelques semaines plus tard, il est président de la FECOFA. Et en septembre, retour à Zurich pour rencontrer… Gianni Infantino. Simple coïncidence ? Il est permis d’être naïf.
Mais voilà qu’un autre rendez-vous est annoncé : Infantino doit se rendre à Kinshasa pour poser la première pierre du futur centre technique de la FECOFA. Ah, le centre technique ! Décidément, il s’agit là de la pièce qui manquait au puzzle. On quitte la CAF, on arrive à la fédération congolaise et, comme par hasard, Zurich reste dans le décor. Avec un projet FIFA sous le bras.
Il ne faudrait surtout pas y voir un quelconque calcul. La FIFA aide naturellement ses associations membres. C’est son rôle. Mais lorsque les mêmes acteurs se retrouvent successivement à Zurich, au Caire et à Kinshasa, le chroniqueur est bien obligé de regarder la carte. L’UNIFFAC, c’est tout de même 8 fédérations et son assemblée générale élective est prévue pour l’automne…
Jusqu’où la FIFA peut-elle aller dans le choix ou la promotion de ses relais africains ? La CAF est une confédération autonome, avec ses propres institutions et sa propre administration. Elle ne peut pas devenir, au gré des circonstances, le prolongement administratif de Zurich. L’Afrique a suffisamment attendu pour prendre en main ses propres affaires. Elle n’a certainement pas besoin d’un retour en arrière, fût-il présenté sous les habits de la coopération.
Et de poser une petite question : qui accompagne qui ? L’Afrique a longtemps connu une administration continentale dominée par quelques pays. Elle a heureusement évolué. La CAF s’est diversifiée, émancipée. Ce mouvement mérite d’être préservé. Car une chose est certaine : la CAF n’a pas vocation à devenir une succursale de Zurich. Quant à Infantino, rassurez-vous : on ne cherche plus à deviner où il va.
– AHMED BESSOL



























