Le pic de l’épidémie de fièvre Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est passé, la situation est sous contrôle, a annoncé, hier, le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya.
Par Imad L.
«Le nombre quotidien de cas confirmés et de décès sont en diminution», a fait savoir de son côté le virologue de l’Université de Kinshasa, Placide Mbala, tout en nuançant que les spécialistes restaient vigilants pour évaluer dans les semaines à venir l’effet des mesures prises à l’encontre du virus.
Selon le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, plus de 70 000 doses de vaccin étaient déjà disponibles.
Il s’agit du vaccin Ervebo, élaboré par les chercheurs canadiens et utilisé pour la première fois lors de l’épidémie de 2018. Bien qu’initialement il soit développé contre le virus Ebola de type Zaïre, l’examen des données disponibles permet d’espérer une possible protection croisée face à la souche Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle. Pour rappel, l’épidémie en cours de fièvre Ebola en Afrique, provoquée par le virus Bundibugyo, contre lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique, est d’ores et déjà la plus grande jamais enregistrée dans l’histoire de la RDC. Selon les règles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la détection d’un seul cas d’Ebola dans un pays suffit à déclarer automatiquement un épicentre de cette maladie dangereuse.La souche Bundibugyo est l’un des six types connus d’Ebola. Identifiée pour la première fois en 2007 dans l’ouest de l’Ouganda, dans la région qui lui a donné son nom, elle est considérée par la science comme moins mortelle que les autres variantes. La principale difficulté est qu’il n’existe pas de vaccin contre elle, contrairement à la souche Zaïre, plus répandue.
Le virus Ebola est transmis à l’homme par des animaux infectés. Les principaux symptômes sont de la fièvre, des vomissements, des maux de tête et de gorge, suivis des lésions des reins et du foie avec, parfois, des saignements internes et externes. Plus de 7 000 cas confirmés d’Ebola, près de 3 400 décès.
Le nombre de cas confirmés d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a dépassé le seuil de 7 000, tandis que près de 3 400 décès ont été enregistrés, selon le dernier rapport de situation du gouvernement publié vendredi. En date du 10 septembre, le pays avait enregistré 7 022 cas confirmés et 3 398 décès, soit un taux de létalité de 48,4 %. Au total, 1 671 patients ont été déclarés guéris.
L’épidémie touche désormais 62 zones de santé réparties dans sept provinces. Le Sud-Ubangi est devenu la dernière province touchée après la confirmation d’un cas. Le patient, un homme de 23 ans ayant voyagé depuis la province du Sud-Kivu, est décédé. Le Sud-Ubangi ne partage de frontière avec aucune des six provinces où des cas confirmés d’Ebola avaient été signalés auparavant, à savoir l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo et le Bas-Uélé.
Dans son point hebdomadaire publié le 10 septembre, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) a indiqué que le nombre de nouveaux cas et de décès avait diminué ces dernières semaines en Ituri, épicentre de l’épidémie, tandis que les cas avaient fortement augmenté dans les provinces voisines du Nord-Kivu et du Haut-Uélé. L’agence a averti que l’épidémie se propageait rapidement au-delà de son épicentre. L’épidémie actuelle, déclarée en mai, est devenue la plus importante et la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, ainsi que la deuxième plus importante au monde, derrière celle qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
I. L.




























