Il y a des exceptions qui deviennent tellement durables qu’elles finissent par être considérées comme normales. L’appartenance d’Israël au football européen en fait partie. Le dernier épisode, avec Irlande-Israël, n’a pas eu lieu à Dublin, mais à Bačka Topola, en Serbie. Et surtout, il s’est joué à huis clos. Une rencontre européenne sans public, dans un pays tiers : difficile de faire plus éloigné du football traditionnel. Le premier match entre les deux équipes, une semaine auparavant, avait déjà été disputé en Hongrie. Deux rencontres, deux pays tiers, deux huis clos.
Le moment est venu de réexaminer une situation devenue singulière. En effet, lorsque les rencontres doivent être déplacées, lorsque des stades européens deviennent impraticables pour accueillir ces matches et lorsque le huis clos devient la solution, le football devrait au moins avoir le courage de regarder la réalité en face. D’autant qu’Israël n’est pas historiquement une terre du football européen. Il a évolué en Asie et remporté la Coupe d’Asie en 1964 avant de quitter l’AFC en 1974 pour rejoindre l’UEFA, dont il s’est fait membre à part entière depuis 1994 grâce à son lobby international.
L’Europe avait accepté cette exception géographique qui est devenue une règle permanente, quelles que soient les circonstances. Pourtant, il existe une différence fondamentale entre l’appartenance à une confédération et la participation à ses compétitions. Une fédération peut rester membre tout en étant suspendue de compétition, la Russie est un exemple concret. Aussi, l’UEFA peut-elle exclure les clubs israéliens de ses compétitions sans intervention de la FIFA, car cette dernière ne peut s’imposer que dans des compétitions où elle est l’organisatrice.
Bref, l’heure est certainement venue à l’Europe de dire stop pour mettre fin au désordre actuel. Que le dossier soit ouvert pour envisager un retour d’Israël vers l’Asie et mettre fin à l’exception. Il s’agit d’appliquer les règles communes qui ne sont pas appliquées de la même manière pour tous. Sinon, le football finira par oublier qu’elles existent bel et bien.
– YANIS. B




























