Il y a des automnes où le ciel s’éclaircit d’un coup sec. À Marseille, Amine Gouiri a fini par tordre le cou aux étiquettes. Sept buts en treize sorties, un costume de serial-buteur enfilé sans crier gare. Et cette impression visuelle, la plus implacable de toutes, d’un joueur qui a enfin basculé du côté des grands. Mais si le thermomètre marseillais s’affole, c’est de l’autre côté de la Méditerranée, sous le soleil de Tizi Ouzou, que le test ultime se profile.
Il y a ce que Gouiri représente à Marseille et ce qu’il reste à construire avec l’Algérie. Deux réalités qui, pour l’heure, ne racontent pas tout à fait la même histoire.
Sous le maillot de l’OM, Amine Gouiri a pris une dimension considérable. Son influence ne se mesure pas uniquement à ses statistiques. Ses sept réalisations en treize sorties disent déjà beaucoup de son efficacité actuelle. Mais il y a aussi sa capacité à peser sur une rencontre, à se rendre disponible et à faire jouer les autres. Il sait également répondre présent dans les moments où son équipe a besoin d’un joueur capable de faire basculer le scénario. À Marseille, son statut ne souffre plus vraiment de discussion.
En sélection, le tableau est moins linéaire. Le joueur formé à l’OL a pourtant montré qu’il avait les qualités pour occuper une place centrale dans le projet offensif algérien. Mais les rendez-vous manqués et les interruptions physiques ont empêché cette relation de s’installer véritablement. Chaque rassemblement semble ouvrir une nouvelle perspective. Pourtant, un nouveau contretemps vient trop souvent interrompre cette dynamique.
C’est toute la singularité de son parcours avec l’Algérie. Ses qualités sont connues et son apport est attendu. Mais il n’a pas encore pu bénéficier de cette succession de rencontres indispensable pour s’affirmer comme le premier choix à la pointe de l’attaque.
Une place à prendre, une continuité à retrouver
Depuis septembre et l’arrivée de Brahim Hemdani sur le banc algérien, les bases d’un nouveau cadre de travail ont été posées. Gouiri connaît désormais les attentes du sélectionneur et les exigences de son rôle. Il ne s’agit plus de découvrir un environnement. Il doit désormais s’y inscrire et y prendre une place à la mesure de ses qualités.
Le précédent rassemblement avait d’ailleurs laissé entrevoir ce que sa présence pouvait apporter. Face à la Zambie, l’attaquant marseillais avait rendu une copie convaincante, conclue par un but. Une prestation qui aurait pu servir de point de départ à une séquence intéressante. Mais un nouveau problème physique l’a contraint à renoncer aux rencontres face au Burundi et au Niger. Le scénario est devenu familier. Et presque frustrant, tant il empêche de tirer des enseignements sur la durée.
L’Algérie attend plus de Gouiri
C’est bien là que se situe le véritable enjeu. L’Algérie n’attend pas simplement de Gouiri un but supplémentaire ou une prestation de référence. L’Algérie a un besoin évident d’un véritable avant-centre. Un numéro 9 capable de s’imposer dans la surface, de peser sur les défenses et de concrétiser les occasions. Un profil que les Verts recherchent depuis longtemps et que Gouiri, au regard de ses qualités, semble en mesure d’incarner. Encore faut-il qu’il puisse enfin enchaîner les rassemblements et s’installer durablement à ce poste
En novembre, Gouiri retrouvera donc la sélection avec une actualité marseillaise particulièrement favorable. Il n’a pas besoin de changer de dimension, ni de repartir à la conquête d’une reconnaissance déjà acquise en club. Il lui reste simplement à faire coïncider, enfin, ses ambitions internationales avec le niveau qu’il affiche chaque semaine à Marseille.





























