Le détenu civil sahraoui Khatri Dada, incarcéré à la prison d’Asfi, au Maroc, a décidé d’entamer une grève de la faim de 48 heures à partir d’aujourd’hui, pour protester contre les conditions de détention et les restrictions auxquelles il serait soumis, tout en exprimant sa solidarité avec ses compagnons du groupe de Gdeim Izik, en grève de la faim depuis le 23 septembre, selon sa famille.
D’après ses proches, Khatri Dada aurait adressé plusieurs demandes aux autorités pénitentiaires marocaines afin d’être transféré vers la ville occupée de Smara, sans obtenir de réponse favorable. Sa famille affirme que, si les autorités pénitentiaires marocaines maintiennent leur position et ne répondent pas à ses revendications, il pourrait entamer prochainement une grève de la faim ouverte. La Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines suit, pour sa part, la situation avec inquiétude et demande une intervention afin de répondre aux revendications des détenus. Elle tient également l’administration pénitentiaire marocaine pour responsable de leur sécurité, selon les éléments rapportés par la SPS.
La santé des grévistes se dégrade
Cette mobilisation intervient alors que plusieurs détenus sahraouis du groupe de Gdeim Izik observent, selon leurs familles et les organisations sahraouies de défense des prisonniers, une grève de la faim ouverte depuis douze jours. Les familles de Mohamed Bachir Boutenkiza, détenu à la prison centrale de Kénitra, et d’Abdallah Abhah, incarcéré à la prison de Tiflet 2, affirment ne pas avoir pu leur rendre visite et ne plus avoir reçu de leurs nouvelles depuis le début de leur grève. Elles disent ainsi ignorer leur état de santé. Deux autres détenus, Ahmed Sebaï et El-Houssein Zaoui, souffrant respectivement d’une maladie cardiaque chronique et d’un asthme chronique, auraient été placés à l’isolement à la prison centrale de Kénitra. Selon les mêmes sources, ils seraient privés de leurs effets personnels, de télévision, de promenade ainsi que de l’accès au téléphone de la prison.
Le journaliste Hassan Dahi placé à l’isolement
Le détenu et journaliste Hassan Dahi aurait, quant à lui, été soumis à des mesures disciplinaires particulièrement sévères, selon les organisations sahraouies. Il aurait été dévêtu puis placé pendant six jours dans une cellule disciplinaire, avant d’être transféré vers la prison de Benguerir, dans la région de Marrakech, les mains menottées. Il aurait ensuite été placé dans un quartier à sécurité renforcée, en cellule individuelle et privé de ses effets personnels. Les mêmes sources affirment que ces conditions auraient aggravé les conséquences de sa grève de la faim, alors qu’il souffrirait notamment de douleurs importantes aux reins et au cœur.
Les revendications concernant le rapprochement des détenus sahraouis de leurs familles et leurs conditions de détention ont déjà été documentées par des organisations internationales. Human Rights Watch a notamment indiqué que plusieurs détenus du groupe d’Aqdeim Izik avaient été dispersés dans différents établissements pénitentiaires marocains et avaient mené des grèves de la faim, notamment pour dénoncer des restrictions concernant les visites familiales, les soins médicaux et l’isolement.
M. Seghilani

- Le détenu Khatri Dada entame une grève de la faim de 48 heures pour protester contre ses conditions de détention.
- Il demande en vain son transfert vers la ville de Smara et menace d'une grève illimitée.
- Des prisonniers du groupe de Gdeim Izik observent une grève de la faim ouverte depuis plusieurs jours.
- Le journaliste Hassan Dahi subit des mesures disciplinaires sévères et un transfert vers Benguerir.
- Human Rights Watch a déjà documenté des grèves de la faim et des restrictions sur les visites familiales.


























