Depuis quelques semaines, l’on assiste à un tir groupé de plusieurs candidats à la présidentielle en France, attaquer frontalement le Rassemblement National et se définir comme «rempart contre le RN». Pourtant, Marine Le Pen, la candidate officielle du mouvement à la flamme, est toujours largement en tête des intentions de vote dans la course à l’Élysée, suivie de loin par Jean-Luc Mélenchon dans quatre scénarios sur six d’une enquête Ipsos-BVA très attendue, portant sur plus de 13 000 personnes interrogées, qui aspirent par ailleurs à un «vrai changement social et politique». Entre 33 et 35 % des Français interrogés ont l’intention de voter pour la candidate, suivie dans quatre scénarios sur six par celui de la France Insoumise, accédant comme elle au second tour avec 15,5 % à 17 % des intentions de vote. Le candidat Horizons, Édouard Philippe, n’est qualifié pour le second tour que dans deux cas de figure : s’il est le seul candidat du bloc central, sans Gabriel Attal, face à Raphaël Glucksmann ou face à Olivier Faure, actuellement candidats à la candidature du camp social-démocrate. Gabriel Attal, le candidat Renaissance, n’accéderait au second tour dans aucune des configurations testées pour ce sondage Ipsos-BVA Cesi école d’ingénieurs pour Le Monde, le Cevipof (Science-Po), la Fondation Jean-Jaurès et l’Institut Montaigne. Édouard Philippe est donné à 17,5 % devant le candidat de l’extrême-gauche Jean-Luc Mélenchon (15,5 %) et celui de la sociale-démocratie Raphaël Glucksmann (12,5 %). Marine Le Pen est à 33,5 %. L’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron obtient 21 % devant le candidat Insoumis (16,5 %) s’il se retrouve face à Olivier Faure qui, lui, plonge à 5 %. Marine Le Pen est mesurée à 34,5 % dans ce scénario. Jean-Luc Mélenchon se qualifie lui au second tour derrière Marine Le Pen, à 15,5 %, face à Raphaël Glucksmann (11,5 %) et aux deux candidats du bloc central Édouard Philippe (14 %) et Gabriel Attal (6 %). Le candidat Les Républicains, Bruno Retailleau, est donné à 7 %. Même accession au second tour avec 16,5 % des intentions de vote pour Jean-Luc Mélenchon s’il est face à Olivier Faure (4,5 %) et aux mêmes deux candidats du bloc central Édouard Philippe (16 %) et Gabriel Attal (7,5 %). Bruno Retailleau est encore à 7 %. Le candidat insoumis accède également au second tour (15,5 %) face à Raphaël Glucksmann (13,5 %) et Gabriel Attal (13 %), si ce dernier est seul candidat du bloc central. Bruno Retailleau est alors à 10 %. Jean-Luc Mélenchon se qualifie aussi (17 %) face à Olivier Faure (5,5 %) et Gabriel Attal (15,5 %), Bruno Retailleau atteignant 10,5 %. Les Français attendent par ailleurs de la présidentielle, à 71 %, un «vrai changement social et politique», contre 51 % avant la présidentielle de 2022, selon le sondage. Toutefois, rien de surprenant ne sort de cette étude, l’avancée de Marine Le Pen étant attendue depuis des années maintenant. Le défi sera pour elle non pas d’obtenir de bons résultats dans les intentions de vote, car elle réussit à le faire depuis plus de quinze ans, mais de traduire ces résultats en bulletins dans les urnes le jour du scrutin. Cela sera d’autant plus important au moment du second tour, qu’elle a atteint deux fois déjà, surtout que de nombreux Français, encore conditionnés par le principe du «barrage républicain», tendent à voter pour son adversaire, quel qu’il soit. Reste à voir si ce sera le cas encore en mai prochain, au moment du deuxième tour, surtout si elle se voit opposée à Mélenchon, lui-même honni par une partie de la France.
























