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‘’Basma’’, une empreinte numérique pour l’université de demain (II)

‘’Basma’’, une empreinte numérique pour l’université de demain (II)

Elle traduit l’installation progressive d’une culture de la qualité, fondée sur l’organisation, le suivi, l’amélioration continue et la recherche de solutions adaptées aux besoins de l’université.

De la qualité certifiée à la qualité vécue
Dans cette perspective, la numérisation apparaît comme un prolongement naturel de cette démarche.
Car la qualité a besoin d’informations fiables. Elle a besoin de suivi. Elle a besoin d’indicateurs. Elle a besoin d’une capacité à observer les résultats et à corriger les écarts. Le numérique peut précisément fournir une partie de ces instruments. L’ISO et ‘’Basma’’ appartiennent donc à deux registres différents, mais peuvent participer d’une même philosophie : passer d’une gestion fondée sur les habitudes à une organisation davantage structurée, mesurable et orientée vers l’amélioration.

Une université appelée
à vivre autrement
Cette dynamique prend également une résonance particulière au regard des nouvelles orientations du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. La feuille de route du secteur accorde une place croissante à la transformation vers l’Université 4.0, à la digitalisation, à l’innovation et à l’optimisation de l’utilisation des infrastructures universitaires. Dans ce cadre, l’extension des activités universitaires jusqu’à 22 heures ouvre une réflexion nouvelle sur les rythmes et les usages du campus. Une université qui prolonge ses activités dans le temps doit pouvoir mieux organiser ses espaces, ses emplois du temps, ses ressources et ses activités pédagogiques, scientifiques et culturelles. Elle doit être capable de coordonner davantage d’activités et de gérer des flux plus complexes. Elle a besoin d’outils.
Elle a besoin de données. Elle a besoin d’une gouvernance capable de suivre cette évolution. C’est dans cette perspective que le choix de l’Université Kasdi- Merbah de Ouargla parmi les établissements retenus pour accompagner l’expérimentation de ces nouvelles modalités d’organisation prend une signification particulière.
La transformation numérique et la transformation organisationnelle se rejoignent alors autour d’un même impératif : faire évoluer l’université pour mieux utiliser ses ressources et mieux répondre aux besoins de sa communauté.
Quand le numérique accompagne
une université en mouvement
Mais réduire la transformation de l’UKMO à une seule plate-forme serait passer à côté de l’essentiel. La dynamique actuelle s’inscrit dans un mouvement plus large associant qualité, innovation, recherche, entrepreneuriat, partenariats, internationalisation et développement territorial.
Les différentes filiales et structures mises en place au cours des dernières années participent de cette diversification des missions de l’université.
Les partenariats conclus avec différents acteurs économiques et institutionnels traduisent également une volonté de rapprocher davantage la recherche et l’expertise universitaires des besoins du territoire. L’ouverture internationale, de son côté, contribue à inscrire l’UKMO dans des réseaux de coopération plus larges. Et la transformation numérique vient progressivement donner à cette dynamique une infrastructure nouvelle. Ainsi, les différents projets ne sont pas nécessairement des îlots séparés. Ils peuvent être lus comme les différentes expressions d’une même volonté : construire une université plus agile, plus connectée, plus ouverte et davantage capable de transformer la connaissance en valeur pour la société.
L’innovation porte aussi
un visage humain
Il serait cependant réducteur de parler de transformation numérique sans parler des femmes et des hommes qui la rendent possible. Une plate-forme peut être performante. Une technologie peut être moderne. Mais aucune transformation institutionnelle ne peut s’inscrire durablement sans une vision, des compétences et une capacité à travailler collectivement. Le lancement de ‘’Basma’’ rappelle précisément cette dimension humaine de l’innovation. Le projet illustre la complémentarité entre deux univers qui ont parfois tendance à être séparés : celui de la décision et celui de la technologie.
L’un identifie un besoin et imagine une réponse. L’autre transforme cette réponse en outil. Et l’institution donne à l’ensemble la possibilité de devenir une pratique collective. C’est peut-être là l’une des véritables leçons de ‘’Basma’’ : la technologie ne remplace pas la vision ; elle lui donne les moyens de devenir réalité.

Une empreinte qui dessine
l’université de demain
Au fond, ce qui se joue aujourd’hui à l’Université Kasdi-Merbah de Ouargla dépasse la juxtaposition de projets, de plate-formes ou de certifications. C’est une manière nouvelle de penser l’université qui semble progressivement prendre forme. La qualité lui donne un cadre. Le numérique lui apporte de nouveaux outils. L’innovation transforme les idées en solutions. L’ouverture élargit ses horizons. Les nouvelles modalités d’organisation l’invitent à repenser ses rythmes et l’utilisation de ses infrastructures.
Et derrière ces évolutions se dessine progressivement un même modèle : celui d’une université de quatrième génération, où la technologie n’est pas une fin en soi, mais un moyen au service de la qualité, de l’efficacité, de l’innovation et de l’étudiant. L’UKMO ne se contente donc plus de parler de transformation. Elle cherche à la faire entrer dans les usages.
Et ‘’Basma’’ porte finalement bien son nom. Car une empreinte est ce qui reste après le passage. Elle témoigne d’un chemin parcouru. Elle donne aussi une direction.
À Ouargla, cette empreinte est désormais numérique, mais elle est surtout institutionnelle : celle d’une université qui cherche à transformer ses pratiques pour mieux préparer son avenir. Une idée qui innove. Une compétence qui concrétise. Une institution qui avance.
Et peut-être est-ce là, au fond, le véritable visage de l’université de demain : une université qui ne se contente plus de suivre la transformation du monde, mais qui apprend progressivement à la construire elle-même.
(Suite et fin)
Dr. Khelfaoui Benaoumeur
Directeur du Centre d’Enseignement Intensif des Langues
Enseignant-chercheur au Département
de Lettres et Langue Française
Faculté des Lettres et des Langues
Université Kasdi-Merbah de Ouargla

Source : La Nouvelle République

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