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Après un cancer du sein, le cœur devient aussi un enjeu de surveillance
Les progrès réalisés dans le traitement du cancer du sein ont profondément amélioré la survie. Mais à mesure que les patientes vivent plus longtemps après la maladie, une autre question prend de l’importance : celle de leur santé cardiovasculaire. Chez certaines femmes, les complications cardiaques liées aux traitements ou aux facteurs de risque déjà présents peuvent peser durablement sur la qualité de vie et le pronostic. C’est ce que souligne une revue publiée dans JAMA Cardiology, qui fait le point sur les liens entre cancer du sein, traitements anticancéreux et maladies cardiovasculaires. Le message central est clair : la surveillance du cœur ne doit pas commencer seulement lorsqu’un problème apparaît, mais s’intégrer dès le départ dans la prise en charge globale de certaines patientes. Parmi les traitements les plus connus pour leurs effets potentiels sur le cœur figurent les anthracyclines et le trastuzumab. Ces médicaments ont largement contribué à améliorer le pronostic de nombreux cancers du sein, mais ils peuvent, chez certaines patientes, altérer la fonction du muscle cardiaque et augmenter le risque d’insuffisance cardiaque. Ce risque varie selon les doses reçues, l’âge, les antécédents cardiovasculaires et la présence de facteurs comme l’hypertension artérielle, le diabète, l’obésité ou un taux élevé de cholestérol. Les traitements plus récents ne sont pas totalement exempts d’effets cardiovasculaires. Certaines immunothérapies peuvent, dans de rares cas, provoquer une myocardite, une inflammation du muscle cardiaque potentiellement grave. D’autres traitements peuvent favoriser l’hypertension ou aggraver des fragilités déjà présentes avant le diagnostic du cancer. L’enjeu dépasse cependant la période des traitements. Avec l’amélioration de la survie, de nombreuses femmes vivent plusieurs années, voire plusieurs décennies, après un cancer du sein. Dans ce contexte, les maladies cardiovasculaires peuvent progressivement devenir une composante majeure de leur santé à long terme, notamment chez celles qui présentent déjà plusieurs facteurs de risque. Cancer du sein et maladies cardiovasculaires partagent d’ailleurs certains déterminants, comme le tabagisme, le surpoids, la sédentarité, le diabète ou encore la consommation excessive d’alcool. La prévention ne consiste donc pas seulement à surveiller les effets directs des médicaments anticancéreux, mais aussi à agir sur ces facteurs modifiables tout au long du parcours de soins. Cette évolution explique l’essor de la cardio-oncologie, une discipline située à l’interface entre cardiologie et oncologie. Son objectif est d’identifier les patientes les plus exposées, de prévenir autant que possible les complications cardiovasculaires et d’adapter la surveillance sans compromettre l’efficacité du traitement anticancéreux. La question devient particulièrement importante chez les femmes plus jeunes, qui peuvent vivre plusieurs décennies après leur diagnostic. Pour elles, les effets tardifs des traitements et l’évolution des facteurs de risque cardiovasculaire doivent être pensés sur le long terme, bien au-delà de la fin de la chimiothérapie ou de la radiothérapie. Le message n’est pas de susciter une inquiétude supplémentaire autour des traitements contre le cancer du sein. Leurs bénéfices restent majeurs, et les complications cardiovasculaires restent globalement limitées. Mais leur existence justifie une approche plus complète, fondée sur l’évaluation du risque cardiovasculaire, le contrôle de la tension artérielle, du cholestérol, du diabète et du poids, ainsi que sur une surveillance adaptée aux traitements reçus. À mesure que la prise en charge du cancer du sein progresse, la définition même du succès thérapeutique évolue. Il ne s’agit plus seulement de traiter la tumeur et d’éviter la récidive, mais aussi de préserver la santé à long terme. Pour un nombre croissant de patientes, protéger le cœur devient ainsi une dimension à part entière de l’après-cancer. Amina Azoune
FORMATION D'HOTESSE ET STEWARD
✈️ECOLE DE FORMATION D’HOTESSES ET STEWARDS DE BORD AERO TRAINING SCHOOL ENNAIM PROMO SPÉCIALE (DÉBUT DE FORMATION FIN MAI) CENTRE COMMERCIAL EL QODS CHERAGA ALGER INTRODUCTION Le CSS est le diplôme d'état indispensable pour exercer le métier de Personnel Navigant Commercial : Hôtesse de l'air, steward) au sein d'une compagnie aérienne algérienne L'école AEROTRAINING SCHOOL ENNAIM est agréée par la Direction de l'Aviation Civile et de la Météorologie(DACM) pour dispenser les formations au CSS L'école AEROTRAINING SCHOOL ENNAIM a également des conventions avec les compagnies aériennes algériennes AIR ALGERIE et TASSILI AIRLINES pour permettre à ses candidats d'effectuer le stage pratique des 60 heures. Un pourcentage important des stagiaires ayant suivi une formation CSS au sein de notre école travaillent actuellement dans la compagnie AIR ALGERIE ou TASSILI AIRLINES CONDITIONS D'ADMISSION • Avoir 18 ans et demi • Niveau BAC • Avoir un bon niveau en français avec une facilité d'expression • Parler anglais est souhaité • Avoir une bonne condition physique • Avoir une bonne présentation ( taille proportionnelle au poids ) • Savoir nager • Obtenir l'aptitude médicale auprès du Centre d'Expertise Médicale du Personnel Navigant (CEMPN) AIN NADJA PROGRAMME DE FORMATION La formation au CSS comporte un stage théorique et un stage pratique : 1 – STAGE THEORIQUE CSS : 2 mois de cours, à raison de 5 h de cours par jour Les thèmes suivants sont abordés : • Connaissances générales de l'aviation et réglementation aéronautique. ABINITIO • Aspects généraux de la sûreté en aéronautique, conformément au règlement • La météorologie • Formation à la lutte contre le feu et la fumée • Gestion des passagers et surveillance cabine • Communication au sein des équipages • Marchandises dangereuses (DGR) • Formation à la survie • Facteurs Humains (FH) et Gestion des Ressources de l'équipage (CRM) en Aéronautique • Aspects aéromédicaux et premiers secours Pendant toute la durée de la formation, des tests(QCM) sont programmés régulièrement afin de s'assurer de la progression et de l'acquisition des connaissances. Un entretien hebdomadaire individuel avec l'apprenant est prévu portant principalement sur les lacunes et les points faibles de l'élève à améliorer A la fin des 2 mois de formation, un examen blanc est organisé afin de familiariser les stagiaires aux épreuves et de mesurer leurs acquis. 2 – STAGE PRATIQUE CSS : Cette formation se déroule à l'école et comprend : - Exercices d'extinction de feu dans une salle homologuée par la DACM - Exercices de cabine en fumée dans une salle homologuée par la DACM - Exercices de secourisme portant sur les premiers secours à l'école OBJECTIFS La formation Hôtesse de l'air et Steward a pour objectif de préparer les apprenants à l'examen du certificat de sécurité et sauvetage (CSS), diplôme d'état algérien selon le programme officiel établi par la Direction de l'Aviation Civile et de la Météorologie(DACM). MODALITÉS La réglementation impose que le stagiaire suive de manière complète et satisfaisante la formation afin d'être autorisé à présenter les examens à la DACM Le présentiel est par conséquent obligatoire pour l'intégralité des cours et le contrôle des connaissances s'effectuera sous forme de tests de progression tout au long du cursus. Après validation de la formation, le responsable pédagogique de l'école ATS ENNAIM donnera une autorisation de présentation aux examens DACM VISITE MÉDICALE PNC Les stagiaires qui envisagent une formation pour devenir PNC (Hôtesse de l’air / Steward) doivent passer une expertise médicale au CENTRE D’EXPERTISE MEDICALE DU PERSONNEL NAVIGANT (CEMPN) à AIN NADJA afin d’obtenir une aptitude Cette aptitude permet à l’élève de suivre la formation. CONTENU DE L'EXPERTISE MEDICALE AU CEMPN DE AIN NADJA Afin de valider vos aptitudes physiques et mentales et pouvoir exercer le métier d'Hôtesse de l'air ou Steward, les examens suivants seront pratiqués : • Bilan cardio, • Bilan Ophtalmo, • Bilan ORL, • Examens sanguin et urinaire, • Entretien psycho, • Questionnaire sur vos antécédents médicaux et vos traitements en cours… FORMATION PNC : DEVENIR HOTESSE OU STEWARD AU SEIN D'UNE COMPAGNIE AERIENNE La formation au métier de PNC est organisée par notre école agréée par la Direction de l'Aviation Civile et de la météorologie (DACM). Le steward ou hôtesse doit obtenir le CERTIFICAT DE SECURITE ET SAUVETAGE (CSS), demandé par les compagnies aériennes lors des recrutements et de nombreuses compagnies aériennes étrangères. Ce diplôme est valable en Algérie mais aussi au sein d'autres pays avec une équivalence Pour accéder à la formation Steward/ hôtesse il faut : être âgé(e ) d'au moins 18 ans et demi, avoir un niveau Bac, un bon niveau en français avec une facilité d'expression , éventuellement parler anglais, une bonne condition physique et savoir nager .Si vous êtes étranger vous devez également vous munir d'un titre de séjour valable durant la totalité de la formation (soit 5 à 6 mois ) HÔTESSE DE L'AIR ET STEWARD : FORMATION DE PRÉPARATION AU CERTIFICAT DE SECURITE ET SAUVETAGE (CSS) Avant, pendant, après un vol, les PNC : hôtesses de l'air et stewards, sont en charge d'assurer la sécurité et le confort des passagers à bord. A travers une formation complète, les futurs PNC acquièrent des connaissances sur l'aviation et ses réglementations, la communication et les facteurs humains, la sécurité et la sûreté aéronautique ainsi que les gestes de premiers secours. La sécurité constitue le cœur de ce métier, et un enjeu majeur pour les Etats, les compagnies aériennes ainsi que les organismes officiels en charge de l'aviation civile. Le Métier D'hôtesse De L'air et Steward . Les Personnels Navigants Commerciaux (PNC) commencent leur carrière en tant que personnel de cabine stagiaire et peuvent ensuite évoluer vers un poste d'encadrement à bord. Leurs missions sont variées et complémentaires puisque les PNC sont responsables de la sécurité de l'avion et des passagers mais ils doivent également s'assurer du confort et du bien être des clients à bord en leur offrant un service d'excellence. . LES PLUS DE l'ECOLE AEROTRAINING SCHOOL ENNAIM – Tous les instructeurs de notre école sont d'anciens navigants ayant exercés des fonctions d'encadrement au sein de la compagnie AIR ALGERIE et possédant une grande expérience de la pédagogie.ils ont suivi des stages de formation à PARIS, TOULOUSE ET AUX USA . – Un suivi de la progression très régulier, par l'organisation de tests d'évaluation, permettant à l'élève d'évaluer ses connaissances, au fur et à mesure de sa formation, afin de lui donner toutes les chances de réussir ses examens – Un suivi personnalisé par le Responsable de la formation PNC (entretiens individuels) – Un enseignement axé sur deux objectifs : • Une préparation efficace aux examens, très encadré par l'équipe enseignante • Une formation rigoureuse afin de proposer aux compagnies aériennes un personnel navigant compétent, responsable et performant • Les locaux et le matériel pédagogique, agréés par la DACM sont adaptés aux besoins des stagiaires. – Nos salles de cours aérées, ensoleillées sont équipées d'une grande quantité de matériels pédagogiques (extincteurs, gilets, mannequins, balise, canot pour la piscine, etc…) et d'une maquette reconstituant une cabine, agréées par la DACM – En cas d'échec à l'examen théorique, une nouvelle formation est proposée gratuitement aux stagiaires (selon places disponibles) NOTRE ECOLE ORGANISE DES JOURNEES PORTES OUVERTES ( OPEN DAY ) POUR PERMETTRE AUX PARENTS DE : - INSCRIRE LEUR ENFANT POUR LA FORMATION - DE VISITER NOTRE ECOLE - FAIRE CONNAISSANCE AVEC LES FORMATEURS - POSER DES QUESTIONS SUR NOTRE ECOLE - POSER DES QUESTIONS SUR LE CONTENU DE LA FORMATION - Vous pouvez nous contacter par téléphone aux Numéros ci- dessous : - Email : [email protected]
Cancer du sein : pourquoi la surveillance du cœur ne doit pas être négligée
Les progrès thérapeutiques permettent à un nombre croissant de femmes de vivre longtemps après un cancer du sein. Mais cette évolution fait apparaître un autre enjeu médical : préserver leur santé cardiovasculaire. Certains traitements anticancéreux peuvent en effet fragiliser le muscle cardiaque ou favoriser des complications parfois tardives. Une synthèse scientifique publiée dans la revue JAMA Cardiology souligne l’importance d’intégrer la prévention et la surveillance cardiaques dans le parcours de soins, dès le diagnostic et, lorsque cela est nécessaire, après la fin des traitements. Guérir d’un cancer du sein ne signifie pas toujours que toute surveillance médicale devient inutile. Si le suivi oncologique reste indispensable pour détecter une éventuelle récidive, les spécialistes attirent désormais davantage l’attention sur les conséquences cardiovasculaires possibles des traitements. Certaines patientes peuvent développer des troubles cardiaques pendant leur prise en charge, tandis que d’autres ne présentent des complications que plusieurs années plus tard. Cette question prend une importance croissante avec l’amélioration de la survie. Dans une revue scientifique publiée le 29 juillet 2026, des chercheurs américains rappellent que les maladies cardiovasculaires peuvent, chez certaines femmes ayant survécu longtemps à un cancer du sein, représenter une menace pour leur santé plus importante que le cancer lui-même. Cette observation ne concerne toutefois pas toutes les patientes et dépend notamment de leur âge, des traitements reçus et de leurs facteurs de risque personnels. Les traitements ne présentent pas tous les mêmes effets sur le cœur. Certaines chimiothérapies, notamment celles appartenant à la famille des anthracyclines, peuvent altérer la capacité du muscle cardiaque à pomper le sang. Des thérapies ciblant la protéine HER2 peuvent également entraîner, chez certaines patientes, une diminution de la fonction cardiaque. La radiothérapie, selon la zone traitée et la dose reçue par le cœur, peut aussi contribuer à des complications cardiovasculaires à long terme. Ces risques sont connus des équipes médicales et font déjà l’objet de mesures de prévention et de surveillance. Leur existence ne signifie pas que les traitements doivent être évités : leurs bénéfices contre le cancer restent déterminants lorsque leur indication est appropriée. L’enjeu consiste plutôt à identifier les patientes les plus vulnérables et à adapter leur suivi. Les femmes présentant une hypertension artérielle, un diabète, un excès de cholestérol ou des antécédents de maladie cardiaque nécessitent une attention particulière. L’âge, le tabagisme, la nature des médicaments administrés et les doses cumulées peuvent également influencer le risque. Une évaluation cardiovasculaire avant certains traitements permet ainsi de mieux anticiper les complications éventuelles. Selon les situations, cette surveillance peut comprendre une échographie cardiaque, des analyses sanguines ou des consultations spécialisées. Sa fréquence doit être déterminée individuellement, car toutes les femmes traitées pour un cancer du sein n’ont pas besoin des mêmes examens ni d’un suivi cardiologique prolongé. Les spécialistes recommandent également de ne pas négliger certains symptômes, notamment un essoufflement inhabituel, une fatigue qui s’aggrave, des palpitations ou un gonflement des jambes. Ces manifestations ne traduisent pas nécessairement une maladie cardiaque, mais elles justifient une évaluation médicale, particulièrement lorsqu’elles apparaissent pendant ou après un traitement susceptible d’affecter le cœur. Cette attention portée aux complications cardiovasculaires a favorisé le développement de la cardio-oncologie, une discipline associant cardiologues et cancérologues pour prévenir, détecter et prendre en charge les effets cardiaques des traitements anticancéreux. La prévention repose aussi sur la maîtrise des facteurs de risque habituels, notamment la tension artérielle, le diabète et le tabagisme, ainsi que sur une activité physique adaptée à l’état de santé. Pour les femmes ayant terminé leurs traitements, connaître les médicaments reçus et conserver leur dossier médical peut faciliter l’organisation d’un suivi approprié. La question n’est donc pas d’opposer la protection du cœur au traitement du cancer du sein, mais de faire en sorte que les progrès obtenus contre la maladie s’accompagnent d’une meilleure santé à long terme. Car préserver les chances de guérison implique aussi de prendre en compte les conséquences possibles des traitements, sans susciter d’inquiétude injustifiée chez les patientes. Ouiza Lataman
Le dépistage précoce au cœur de la prévention
Le cancer du sein continue de représenter un enjeu majeur de santé publique chez la femme. À l’occasion du lancement d’« Octobre Rose », campagne annuelle dédiée à la sensibilisation et au dépistage, le Pr Hamida Guendouz, cheffe
Cancer du sein : un test génétique négatif ne signifie pas toujours un risque faible
Une femme dont plusieurs proches ont développé un cancer du sein peut-elle être rassurée par un test génétique négatif ? Pas nécessairement. Une vaste étude canadienne montre que le risque de développer la maladie reste parfois élevé chez les femmes ne présentant aucune mutation identifiée dans les gènes BRCA1 et BRCA2. Ses résultats rappellent que les antécédents familiaux demeurent un élément déterminant dans l’évaluation du risque et l’organisation du suivi médical. Un résultat négatif à un test génétique est souvent perçu comme une bonne nouvelle. Pourtant, sa signification dépend de la raison pour laquelle l’examen a été réalisé, des anomalies recherchées et de l’histoire médicale de la famille. Ne pas présenter de mutation détectable dans les gènes BRCA1 et BRCA2 ne signifie pas nécessairement être à l’abri d’un cancer du sein. C’est ce que souligne une étude publiée le 30 juillet 2026 dans la revue scientifique américaine JAMA Network Open. Les chercheurs ont analysé les données de femmes ayant bénéficié d’un test génétique au Canada entre 2007 et 2016, puis suivi les diagnostics de cancer enregistrés jusqu’en septembre 2024. L’analyse a porté sur 41 786 femmes pour l’évaluation du risque de cancer du sein et 79 656 pour celui du cancer de l’ovaire. Elle a permis de comparer les risques selon les résultats des tests BRCA, tout en tenant compte de la présence éventuelle de cancers dans la famille. Les chercheurs ont notamment observé que, parmi les femmes ayant obtenu un résultat négatif, celles qui comptaient au moins deux parentes du premier degré atteintes d’un cancer du sein présentaient un risque cumulé estimé à 42,6 % jusqu’à 80 ans. Ce risque était de 28,2 % lorsqu’une seule parente du premier degré avait été touchée et de 21,1 % en l’absence de tels antécédents. Ces chiffres ne doivent toutefois pas être interprétés comme les probabilités applicables à toutes les femmes ayant reçu un test négatif. Ils concernent une population orientée vers des examens génétiques, notamment en raison de facteurs de risque particuliers, et ne sont donc pas représentatifs de l’ensemble de la population féminine. L’étude apporte également une distinction essentielle. Lorsqu’une mutation BRCA responsable d’un risque familial a déjà été identifiée et qu’une femme ne l’a pas héritée, son résultat est considéré comme un véritable négatif familial. Les chercheurs ont observé que ces femmes présentaient des risques proches de ceux de la population générale. La situation est différente lorsqu’aucune mutation responsable n’a été identifiée dans la famille. Un résultat négatif ne permet alors pas d’exclure une prédisposition héréditaire liée à d’autres gènes, ni de prendre en compte à lui seul l’ensemble des facteurs susceptibles d’influencer le risque. Les spécialistes rappellent que BRCA1 et BRCA2 ne sont pas les seuls gènes impliqués dans les prédispositions héréditaires au cancer du sein. D’autres anomalies génétiques peuvent intervenir, tandis que l’âge, les antécédents familiaux et certains facteurs hormonaux ou personnels contribuent également à l’évaluation du risque. Pour les femmes concernées, ces résultats renforcent l’intérêt d’une consultation spécialisée en oncogénétique lorsque plusieurs cancers du sein ou de l’ovaire ont été diagnostiqués dans la famille, particulièrement à des âges jeunes. Une telle consultation permet d’interpréter les résultats des tests et de déterminer si une surveillance adaptée ou des investigations complémentaires sont justifiées. L’enjeu n’est donc pas de multiplier les examens génétiques sans indication, mais d’éviter qu’un résultat négatif soit interprété comme une garantie absolue. En matière de risque familial de cancer du sein, le test génétique apporte une information précieuse, mais il ne remplace pas l’analyse de l’histoire médicale de la famille. Ouiza Lataman
Cancer du sein : 30 % des cas peuvent être évités avec de simples changements de mode de vie
En 2024, 2,4 millions de femmes ont reçu un diagnostic de cancer du sein, et la maladie a provoqué 694 000 décès dans le monde, d’après l’OMS. Il représente le cancer le plus fréquent chez les femmes dans 164 pays sur 186. Devant de tels chiffres, beaucoup de lectrices cherchent comment réduire le risque de cancer du sein. Aucune habitude ne garantit d’échapper à la maladie. Environ 80 % des cancers du sein surviennent chez des femmes qui n’ont, hormis le sexe et l’âge, aucun facteur de risque modifiable connu. Les gènes, les antécédents familiaux et l’histoire hormonale échappent par ailleurs au contrôle. Pourtant, des experts estiment que des changements de mode de vie préviendraient 25 à 30 % des cas . L’alcool, le poids, la sédentarité et le suivi médical pèsent dans la balance. Les données de l’OMS et du Fonds mondial de recherche contre le cancer dessinent un plan réaliste, sans régime miracle ni culpabilité. Quelques gestes simples , répétés sur des années, valent mieux qu’un changement radical abandonné au bout d’un mois. Âge, gènes, hormones : les facteurs de risque du cancer du sein qui échappent au contrôle Le sexe pèse plus lourd que tout le reste : 99 % des cancers du sein touchent des femmes et 0,5 à 1 % des hommes. L’âge vient juste après, car la fréquence de la maladie grimpe au fil des années. Les antécédents familiaux comptent aussi : une mère, une sœur ou une fille atteinte double à peu près le risque. Certaines mutations génétiques changent la donne. D’ici 80 ans, le risque de cancer du sein atteint environ 72 % chez les porteuses d’une altération de BRCA1 et 69 % avec BRCA2 , d’après le Manuel MSD. D’autres gènes, dont PALB2, CHEK2 et ATM, jouent aussi un rôle. Les femmes concernées relèvent d’une surveillance renforcée, définie avec un oncogénéticien. L’histoire hormonale entre aussi en jeu. Des premières règles précoces, une première grossesse tardive, une ménopause tardive ou l’absence d’allaitement augmentent le risque, tout comme un traitement hormonal de la ménopause ou une irradiation du thorax dans le passé. Un tissu mammaire dense, repéré à la mammographie , multiplie lui aussi le risque environ par deux. Un facteur de risque ne condamne personne, et l’absence de facteur ne protège pas davantage. La plupart des femmes qui reçoivent un diagnostic n’ont aucun antécédent familial connu, rappelle l’OMS, et une famille épargnée ne ramène pas le risque à zéro. Dresser son profil de risque avec un médecin sert à ajuster le suivi et le calendrier des examens plutôt qu’à nourrir l’inquiétude. Alcool, tabac, surpoids : les facteurs de risque que l’on peut corriger L’alcool arrive en tête des habitudes à revoir. Le Fonds mondial de recherche contre le cancer (WCRF) le classe parmi les causes de la maladie et ne reconnaît aucun seuil sans danger : même à faible dose, plus on boit, plus le risque grimpe. En France, l’Institut national du cancer lui attribue environ 8 000 des 61 000 nouveaux cas diagnostiqués en 2023. Les repères français fixent le plafond à dix verres par semaine, jamais plus de deux par jour. Ils limitent les dégâts sans les supprimer : pour le sein, le risque le plus bas reste celui des femmes qui ne boivent pas. Le tabac aggrave le tableau . L’OMS le range parmi les facteurs de risque, et des travaux suggèrent que fumer à l’adolescence ou au début de l’âge adulte augmente le risque des années plus tard. Le poids joue un rôle plus nuancé. Les données concernent surtout l’après-ménopause : au-dessus de la normale, chaque tranche de cinq points d’indice de masse corporelle majore le risque d’environ 10 %, selon le Manuel MSD. Le WCRF insiste aussi sur un point précis, éviter de prendre du poids à l’âge adulte. Un poids sain réduit en outre le risque d’au moins douze autres cancers. Un dernier levier concerne les jeunes mères. L’allaitement abaisse le risque de cancer du sein, et le WCRF le recommande lorsque la situation s’y prête. Bouger 150 minutes par semaine compte plus que le contenu de l’assiette L’activité physique fait partie des leviers les mieux documentés. Toute forme de mouvement réduit le risque après la ménopause, et l’effort soutenu le réduit aussi avant la ménopause. Le seuil recommandé est de 150 minutes d’intensité modérée ou 75 minutes d’effort soutenu par semaine. L’OMS fixe le même minimum pour tous les adultes. Photo by Monika Kab on Unsplash Vingt à trente minutes de marche rapide par jour suffisent pour atteindre le premier seuil. Le vélo et le jardinage comptent aussi ; la course, la nage rapide ou un sport relèvent de l’effort soutenu. Le WCRF recommande en plus de rester moins longtemps assis. Une maladie chronique justifie de demander l’avis d’un médecin avant de se lancer. Côté assiette, la recherche n’a désigné aucun aliment protecteur à lui seul. Le WCRF reconnaît que les preuves sont moins probantes que pour l’alcool ou l’activité physique, et il recommande un mode d’alimentation plutôt qu’un produit vedette : beaucoup de fruits, de légumes, de légumineuses et d’aliments riches en fibres, moins de boissons sucrées, de viande rouge et de charcuterie. Quoi qu’il en soit, l’assiette garde pourtant tout son intérêt. Une alimentation équilibrée protège le cœur, limite le risque de diabète et aide à garder un poids stable, trois atouts qui comptent dans la prévention globale. Dépistage précoce : repérer tôt un cancer du sein change le pronostic Aucun dépistage n’empêche un cancer du sein d’apparaître. Son rôle consiste à le débusquer tôt, quand les traitements réussissent le mieux : la survie à cinq ans atteint 99 % pour une tumeur détectée à un stade précoce, contre 26 % à un stade avancé. Les programmes de dépistage invitent globalement les femmes de 50 à 74 ans, sans symptôme ni facteur de risque particulier, à passer une mammographie tous les deux ans. Un second radiologue relit chaque cliché normal, par sécurité. Toutefois, les calendriers varient d’un pays à l’autre : l’OMS cible surtout les 50-69 ans . Les femmes à risque élevé suivent un autre calendrier. Un antécédent personnel de cancer du sein, une mutation BRCA ou une radiothérapie du thorax justifient une surveillance plus précoce et plus rapprochée. Les autorités sanitaires recommandent aussi un examen clinique des seins par un professionnel chaque année dès 25 ans. Entre deux rendez-vous, cinq signes appellent une consultation, même si la plupart des boules dans le sein se révèlent bénignes : une boule ou un épaississement dans le sein, même sans douleur ; un changement de taille, de forme ou d’aspect du sein ; une peau plissée, rougie ou creusée ; une modification du mamelon ou de l’aréole ; un écoulement anormal ou sanglant par le mamelon.
Cancer du sein précoce : le stade du diagnostic continue de faire la différence
Une vaste étude menée sur plus de 43 000 patients confirme que le cancer du sein hormonodépendant et HER2 négatif présente globalement un pronostic favorable lorsqu’il est découvert tôt. Mais elle montre surtout combien les perspectives se dégradent lorsque la maladie est diagnostiquée à un stade plus avancé. Dans le cancer du sein, quelques stades d’écart au moment du diagnostic peuvent profondément modifier le pronostic. C’est ce que montre une vaste étude fondée sur les données de 43 214 patients atteints d’un cancer du sein hormonodépendant et HER2 négatif, la forme la plus fréquente de la maladie. Les résultats sont globalement rassurants. Cinq ans après l’intervention chirurgicale, la probabilité de rester en vie sans récidive invasive, sans nouveau cancer invasif et sans décès était estimée à 82,9 %. Mais cette moyenne masque des écarts importants. Chez les patients diagnostiqués au stade I, cette proportion atteignait 89,4 %. Elle tombait à 61,9 % lorsque la maladie était déjà au stade III. L’atteinte des ganglions lymphatiques pesait également lourd sur l’évolution : en l’absence d’envahissement ganglionnaire, la proportion atteignait 86,1 %, contre 59,7 % lorsque plusieurs ganglions étaient touchés. L’étude, publiée dans ESMO Real World Data and Digital Oncology, s’appuie sur huit registres de cancers couvrant une large partie de la population allemande. Son intérêt tient surtout au fait qu’elle repose sur des données issues de la pratique courante et non uniquement sur des patients sélectionnés dans le cadre d’essais cliniques. Au total, 5 635 événements ont été enregistrés durant le suivi. Une récidive du cancer du sein a été le premier événement observé chez 2 142 patients, tandis que 1 415 ont développé un autre cancer invasif. Plus de 2 000 décès ont également été recensés sans récidive ou nouveau cancer préalablement documenté. Les chercheurs confirment par ailleurs que la taille de la tumeur, son grade et l’atteinte ganglionnaire restent parmi les principaux éléments associés à un risque plus élevé d’évolution défavorable. Ces données ne permettent toutefois pas de parler de guérison au sens strict. Le critère utilisé dans l’étude prend en compte plusieurs événements différents et le suivi médian restait inférieur à quatre ans. Or les cancers du sein hormonodépendants peuvent parfois récidiver tardivement, plusieurs années après la fin du traitement. L’étude apporte néanmoins une photographie particulièrement large de l’évolution de cette forme de cancer du sein. Elle confirme surtout une donnée essentielle pour la prise en charge : plus la maladie est découverte tôt, plus les perspectives restent favorables. À l’inverse, l’extension aux ganglions et le passage à un stade plus avancé continuent de peser fortement sur le pronostic, malgré les progrès réalisés dans les traitements. Amina Azoune
Un reporter dans la foule : C’est le mois du ruban rose
Tous les Algériens le savent aujourd’hui : le mois d’octobre de chaque année est le mois du dépistage du cancer du sein. Son symbole international est le ruban rose. Tout a commencé aux États-Unis en 1985. L’évènement a traversé l’Atlantique pour atterrir en Europe en 1994. Selon l’OMS, en « 2024, on estimait, dans le monde, à 2,4 millions le nombre de femmes chez qui un cancer du sein (qui est présent dans tous les pays du monde) a été diagnostiqué ». L’organisation onusienne rapporte également que « le sexe féminin est le facteur de risque de cancer du sein le plus important. Environ 99 % des cancers du sein surviennent chez les femmes, contre 0,5 % à 1 % chez les hommes ». Une autre remarque, pour le moins curieuse est relevée : plus l’indice de développement humain (IDH) est élevé, plus le risque de cancer du sein augmente. L’IDH est calculé selon 3 critères. La santé et l’espérance de vie, l’éducation et le niveau de vie. En clair c’est dans les pays développés que le cancer du sein sévit le plus. Toujours selon l’OMS « Environ 80 % des cancers du sein touchent des femmes qui ne présentent aucun facteur de risque modifiable autre que le sexe (féminin) et l’âge (plus de 40 ans). Le risque est accru en cas d’antécédents familiaux de cancer du sein, mais la plupart des femmes diagnostiquées n’ont pas d’antécédents familiaux connus. Toutefois, leur absence ne signifie pas nécessairement que le risque soit faible ». Ce qui revient à dire qu’à part l’IDH, aucune autre cause n’est, à ce stade, formellement découverte par la science. Par contre, les symptômes de la maladie sont répertoriés par l’OMS : « Une masse ou un épaississement dans le sein, souvent indolore ; un changement de la taille, de la forme ou de l’apparence du sein ; des fossettes, des rougeurs, une peau d’orange ou d’autres changements cutanés ; une modification de l’apparence du mamelon ou de la peau qui l’entoure (aréole) ; un écoulement mamelonnaire anormal ou sanglant ». Dans ces cas-là, il faut impérativement consulter un médecin pour un diagnostic précoce et qui vous orientera à faire une mammographie. Le corps médical est unanime pour dire que le dépistage précoce rend les traitements mieux tolérés et plus efficaces. D’autre part, il est déconseillé d’interrompre et ne pas mener le cycle thérapeutique complet. Il est tout aussi important que le traitement soit suivi par « une équipe pluridisciplinaire comprenant des oncologues, des radiologues, des pathologistes, des diététiciens/nutritionnistes, des kinésithérapeutes, des travailleurs sociaux, des équipes de santé mentale, de soins palliatifs et de réadaptation, pendant et après le traitement. Ce qui contribue à améliorer les résultats ». Qu’en est-il de cette maladie dans notre pays ? Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) estime l’indice de développement humain IDH (que nous avons cité plus haut) de l’Algérie à 0,763, ce qui classe, notre pays, dans la catégorie des pays à développement humain élevé. Ce qui nous positionne à la première place en Afrique du Nord. Le revers de la médaille, si l’on ose dire, cela nous donne entre 13 000 et 15 000 nouveaux cas de cancer du sein chaque année sur un total des différents cancers d’environ 65 000 à 72 000 nouveaux cas de cancer et près de 35 000 décès chaque année. Ce qui explique l’ordre donné au gouvernement par le président de la république, Abdelmadjid Tebboune, lors du Conseil des ministres du 3 mai dernier, d’entreprendre « l’élaboration d’une étude pour la réalisation d’un hôpital d’oncologie dans chaque wilaya ». Malheureusement et selon l’INSP (institut national de santé public) « dans environ deux tiers des cas, la maladie est découverte à un stade avancé ». Un effort considérable est fourni par l’État qui en plus du projet des hôpitaux cité plus haut, a réalisé 21 centres de lutte contre le cancer (CAC) opérationnels, complétés par 24 centres de radiothérapie et 132 unités de chimiothérapie répartis à travers le territoire national. L’aspect le plus positif dans notre pays est que le taux de guérison du cancer du sein atteint actuellement 77%. Surtout lorsque la maladie est prise en charge de manière précoce. D’où l’intérêt de la sensibilisation au dépistage durant tout un mois! Zouhir Mebarki [email protected]
Cancer du sein : l’activité physique pourrait ralentir le vieillissement biologique après les traitements
La guérison d’un cancer du sein ne signifie pas toujours la fin de ses conséquences sur l’organisme. Fatigue persistante, difficultés de concentration et diminution des capacités physiques peuvent continuer à affecter les femmes plusieurs années après les traitements. Une nouvelle étude américaine suggère que l’activité physique régulière pourrait contribuer à limiter certains de ces effets, notamment en ralentissant le vieillissement biologique et en préservant les fonctions cognitives. Publiée le 30 septembre 2026 dans le Journal of the National Cancer Institute, une revue scientifique américaine spécialisée dans la recherche sur le cancer, cette étude apporte de nouveaux éléments sur les bénéfices de l’exercice physique après un cancer du sein. Ses résultats suggèrent que bouger régulièrement pourrait agir non seulement sur la condition physique, mais également sur certains mécanismes biologiques associés au vieillissement. Les chercheurs sont partis d’un constat de plus en plus documenté : le cancer et certains de ses traitements peuvent accélérer le vieillissement de l’organisme. Chez des femmes ayant surmonté la maladie, cette évolution peut se manifester par une fatigue durable, une perte de capacités physiques ou encore des troubles de la mémoire et de l’attention. L’âge biologique, qui reflète certains changements accumulés dans les cellules, peut ainsi être supérieur à l’âge réel de la personne. Pour déterminer si l’activité physique pouvait modifier cette évolution, les scientifiques ont analysé les données de 124 femmes ayant reçu un diagnostic de cancer du sein au cours des cinq années précédentes et qui étaient initialement peu actives. Une partie des participantes a suivi un programme d’exercice pendant douze mois, avec un accompagnement à distance, des conseils réguliers et un suivi de leur activité. Les autres ont bénéficié d’un programme d’information consacré à la santé et au bien-être. Des prélèvements sanguins et des évaluations des capacités cognitives ont été réalisés au début de l’étude, puis après six et douze mois. Les chercheurs ont notamment utilisé des indicateurs biologiques fondés sur des modifications chimiques de l’ADN, qui permettent d’estimer certains aspects du vieillissement cellulaire. Les résultats ont révélé une différence entre les deux groupes. Chez les femmes ayant suivi le programme d’activité physique, deux indicateurs du vieillissement biologique ont évolué plus lentement que chez celles du groupe de comparaison. Les chercheurs ont notamment observé un ralentissement marqué au cours des six premiers mois, suggérant que l’exercice régulier pourrait influencer certains processus associés au vieillissement après un cancer du sein. L’étude apporte également des informations intéressantes concernant les capacités intellectuelles. Les femmes présentant un vieillissement biologique plus rapide avaient davantage tendance à connaître une dégradation de certaines fonctions cognitives, notamment l’attention et la perception de leurs propres capacités de concentration et de mémoire. Cette association apparaissait moins nettement parmi les participantes ayant pratiqué une activité physique régulière. Ces observations sont particulièrement importantes dans le suivi des patientes atteintes d’un cancer du sein. Certaines femmes continuent, après les traitements, à éprouver des difficultés à se concentrer, à retenir des informations ou à accomplir certaines tâches quotidiennes. Longtemps considérés comme des conséquences secondaires de la maladie, ces troubles font aujourd’hui l’objet d’une attention croissante de la recherche médicale. L’un des enseignements de cette étude réside dans la nature même du programme proposé. Les participantes n’ont pas eu besoin de suivre un entraînement sportif intensif dans un centre spécialisé. L’accompagnement reposait principalement sur des objectifs d’activité adaptés, un suivi à distance et des encouragements réguliers. Cette approche laisse entrevoir des possibilités intéressantes pour intégrer davantage le mouvement dans le parcours de récupération des patientes, y compris lorsque l’accès à des structures de rééducation spécialisées est limité. Les résultats doivent néanmoins être interprétés avec prudence. L’étude porte sur un nombre relativement restreint de participantes et constitue une analyse secondaire d’un essai clinique. Les différences observées concernent des marqueurs biologiques du vieillissement et ne signifient pas que l’exercice permet de rajeunir l’organisme ou d’effacer les conséquences des traitements. De même, les chercheurs n’ont pas démontré que ce ralentissement biologique se traduisait par une augmentation de l’espérance de vie ou une diminution du risque de récidive du cancer. Ces travaux renforcent toutefois l’intérêt d’une prise en charge qui ne s’arrête pas à la disparition de la maladie. Après un cancer du sein, la récupération physique, le bien-être psychologique et le maintien des capacités cognitives constituent également des enjeux essentiels. L’activité physique, adaptée à l’état de santé de chaque patiente et aux recommandations de son équipe soignante, pourrait occuper une place plus importante dans cet accompagnement. Au-delà des progrès réalisés dans le dépistage et les traitements, cette recherche rappelle ainsi une dimension fondamentale de la lutte contre le cancer : permettre aux femmes qui ont traversé la maladie de retrouver, autant que possible, leurs capacités et leur qualité de vie. Amina Azoune
Cancer du sein : derrière un même diagnostic, des maladies très différentes
Le cancer du sein est souvent présenté comme une seule maladie. Pourtant, derrière ce même diagnostic se cachent plusieurs formes de tumeurs qui ne se développent pas de la même manière et, surtout, ne répondent pas aux mêmes traitements. Cette réalité explique pourquoi deux femmes auxquelles on annonce un cancer du sein peuvent suivre des parcours thérapeutiques très différents. La taille de la tumeur et son extension restent importantes, mais elles ne suffisent plus, à elles seules, à orienter la prise en charge. Les médecins cherchent désormais aussi à comprendre les caractéristiques biologiques de la tumeur. Après une biopsie ou une intervention chirurgicale, l’analyse des cellules cancéreuses permet notamment de rechercher plusieurs marqueurs. Parmi les plus importants figurent les récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone ainsi que la protéine HER2. Ces éléments jouent aujourd’hui un rôle majeur dans le choix des traitements. Le National Cancer Institute, l’Institut national du cancer des États-Unis, distingue notamment plusieurs grands profils de cancer du sein, parmi lesquels les cancers hormonodépendants, les cancers HER2 positifs et les cancers dits « triple négatifs ». Les cancers hormonodépendants sont les plus fréquents. Dans ce cas, les cellules tumorales possèdent des récepteurs qui les rendent sensibles notamment aux œstrogènes ou à la progestérone. Cette particularité peut être exploitée par les traitements, puisque certaines thérapies cherchent précisément à empêcher les hormones de stimuler la croissance des cellules cancéreuses. D’autres tumeurs sont dites HER2 positives. Elles présentent une quantité élevée de la protéine HER2, impliquée dans la croissance des cellules. Ces cancers ont longtemps été associés à une évolution plus agressive, mais cette caractéristique est aussi devenue une cible thérapeutique majeure. Le développement de traitements dirigés contre HER2 a profondément modifié la prise en charge de nombreuses patientes. À l’inverse, les cancers dits « triple négatifs » ne présentent ni récepteurs aux œstrogènes, ni récepteurs à la progestérone, ni surexpression de HER2. Selon les données internationales, ils représentent environ 10 à 15 % des cancers du sein, même si leur fréquence peut varier selon les populations étudiées. Ils ont tendance, en moyenne, à évoluer plus rapidement que plusieurs autres formes de la maladie. L’absence de ces principales cibles thérapeutiques limite certaines options, même si la chimiothérapie, l’immunothérapie et d’autres approches ont progressivement élargi les possibilités de traitement. Mais cette classification ne raconte qu’une partie de l’histoire. Le cancer du sein peut également être décrit selon le tissu dans lequel il prend naissance, son aspect au microscope, son grade, son stade ou certaines caractéristiques moléculaires. Une même tumeur peut ainsi être, par exemple, canalaire, hormonodépendante et HER2 négative. Ces termes ne désignent pas trois cancers différents, mais plusieurs caractéristiques d’une seule et même tumeur. C’est l’une des raisons pour lesquelles la prise en charge du cancer du sein est devenue de plus en plus individualisée. Il ne s’agit plus seulement de détecter une tumeur, d’en mesurer la taille et de rechercher une éventuelle propagation. L’objectif est aussi d’en établir le profil le plus précis possible afin d’identifier les traitements les plus adaptés. Pour les patientes et leurs familles, cette évolution permet aussi de mieux comprendre une situation parfois déroutante : deux femmes atteintes d’un cancer du sein peuvent recevoir des traitements très différents sans que cela signifie nécessairement que l’une est plus gravement atteinte que l’autre. L’une pourra bénéficier d’une hormonothérapie, une autre d’un traitement ciblant HER2, tandis qu’une troisième pourra recevoir une chimiothérapie, une immunothérapie ou plusieurs traitements associés. Le mot « cancer du sein » recouvre donc des réalités très différentes. Derrière un même diagnostic se trouvent des tumeurs dont la biologie, l’évolution et la sensibilité aux traitements peuvent varier considérablement. Mieux connaître ces différences ne relève pas seulement du vocabulaire médical. Elles permettent surtout de comprendre pourquoi, face à une maladie qui porte le même nom, les parcours de soins peuvent être profondément différents d’une patiente à l’autre. Amina Azoune
Cancer du sein chez les femmes jeunes : la Pr Hamida Guendouz alerte sur les risques d’un diagnostic tardif
« Vous êtes trop jeune pour avoir un cancer du sein. » Cette réponse, parfois donnée à des femmes qui consultent pour une anomalie mammaire, peut avoir de lourdes conséquences lorsqu’elle retarde les investigations nécessaires. Dans un entretien exclusif accordé à Esseha, la Pr Hamida Guendouz, cheffe de l’unité de chirurgie mammaire à l’EPH Djillali-Rahmouni, met en garde contre la banalisation des symptômes chez les patientes jeunes. Rencontrée à l’occasion d’une manifestation organisée par l’association Au cœur de l’espoir dans le cadre d’Octobre rose, la spécialiste rappelle que le cancer du sein, bien que plus fréquent après 50 ans, touche également les femmes de moins de 40 ans. Une réalité qui impose, selon elle, une vigilance particulière, d’autant que certaines formes de la maladie peuvent évoluer rapidement. Le problème réside notamment dans le retard diagnostique. Une jeune femme qui découvre une grosseur ou une modification inhabituelle de son sein peut hésiter à consulter, convaincue que le cancer ne concerne que les femmes plus âgées. La Pr Guendouz relève également que certains symptômes peuvent être minimisés lors d’une consultation médicale en raison du jeune âge de la patiente. Une fausse réassurance risque alors de retarder les examens et la prise en charge. La spécialiste souligne par ailleurs certaines particularités des cancers du sein diagnostiqués précocement dans la vie. Les facteurs génétiques peuvent jouer un rôle plus important, notamment chez les très jeunes patientes, ce qui justifie une attention particulière aux antécédents familiaux et, lorsque la situation l’indique, une consultation d’oncogénétique. Elle évoque également des formes tumorales parfois plus agressives, notamment les cancers triples négatifs et certaines tumeurs HER2 positives. Pour autant, la Pr Guendouz insiste sur les progrès réalisés dans les traitements, qui offrent aujourd’hui davantage de possibilités aux patientes. Dans certaines situations, une chimiothérapie administrée avant l’intervention permet de réduire la taille de la tumeur et d’envisager une chirurgie conservatrice. Lorsque l’ablation du sein demeure nécessaire, une reconstruction mammaire peut également être proposée selon les indications médicales et les possibilités de prise en charge. Au-delà des traitements, la spécialiste rappelle que la maladie survient souvent, chez ces femmes, à une période marquée par des projets familiaux, professionnels et personnels. L’accompagnement doit donc prendre en considération leurs préoccupations concernant l’avenir, la maternité et la qualité de vie après les soins. Son message se veut à la fois vigilant et rassurant : une anomalie mammaire ne signifie pas nécessairement un cancer, mais elle ne doit jamais être écartée au seul motif que la patiente est jeune. Une évaluation médicale adaptée peut permettre d’identifier rapidement la cause des symptômes et, lorsqu’un cancer est diagnostiqué, d’engager les traitements dans de meilleures conditions. Tinhinane B
Cancer du sein hormonodépendant : quand les hormones deviennent une cible du traitement
Dans le cancer du sein, le nom de la maladie ne suffit plus à dire comment une patiente sera traitée. Une partie essentielle de la prise en charge se joue désormais dans l’analyse biologique de la tumeur, et notamment dans une question devenue centrale : les cellules cancéreuses sont-elles sensibles aux hormones ? Lorsque la réponse est oui, les médecins parlent de cancer du sein hormonodépendant. Cette caractéristique concerne une large part des cancers du sein et change directement la stratégie thérapeutique, car elle offre une cible que les traitements peuvent exploiter. Les spécialistes expliquent que certaines cellules tumorales possèdent des récepteurs capables de capter l’action des œstrogènes ou de la progestérone. Ces hormones, naturellement présentes dans l’organisme, peuvent alors contribuer à stimuler la croissance de la tumeur. C’est pourquoi leur recherche fait partie des analyses réalisées après une biopsie ou une intervention chirurgicale. Cette dépendance, qui favorise le développement du cancer, peut aussi devenir son point faible. L’hormonothérapie vise précisément à empêcher les cellules tumorales de profiter de cette stimulation. Malgré son nom, elle ne consiste pas à donner des hormones à la patiente, mais à bloquer leur action ou à réduire leur production. Ce principe a profondément modifié la prise en charge de ces cancers. Selon les oncologues, l’hormonothérapie peut être utilisée après une opération pour diminuer le risque de récidive, dans certaines situations avant la chirurgie, ou encore lorsque la maladie est devenue avancée ou métastatique. Le traitement peut alors s’inscrire dans la durée et se poursuivre pendant plusieurs années. Le fait qu’une tumeur soit hormonodépendante ne signifie toutefois pas qu’elle est bénigne ou qu’elle évoluera nécessairement lentement. Les spécialistes insistent sur la grande diversité de ces cancers. Certains répondent durablement aux traitements, tandis que d’autres peuvent récidiver plusieurs années après le diagnostic initial. C’est aussi ce qui explique pourquoi deux patientes atteintes d’un cancer hormonodépendant ne recevront pas forcément le même traitement. Le stade de la maladie, la ménopause, la présence ou non d’autres marqueurs comme HER2, le risque de récidive et les caractéristiques propres de la tumeur pèsent dans les décisions thérapeutiques. La principale difficulté apparaît lorsque la maladie cesse de répondre correctement au blocage hormonal. Les cellules cancéreuses peuvent alors utiliser d’autres mécanismes pour poursuivre leur croissance. Cette résistance est devenue l’un des principaux défis de la recherche sur les cancers du sein hormonodépendants. Ces dernières années, les possibilités de traitement se sont élargies avec l’association de l’hormonothérapie à des thérapies ciblées capables d’agir sur d’autres mécanismes de prolifération des cellules tumorales. L’objectif n’est plus seulement de bloquer l’action des hormones, mais aussi de couper les voies de secours que certaines tumeurs utilisent pour continuer à progresser. Cette évolution traduit un changement plus large dans la prise en charge du cancer du sein. Le traitement ne dépend plus uniquement de la localisation ou de la taille de la tumeur, mais de plus en plus de son profil biologique et de la manière dont elle fonctionne. Dans le cancer du sein hormonodépendant, les hormones ne sont donc pas seulement un facteur de croissance de la maladie. Elles sont aussi devenues une porte d’entrée thérapeutique, capable d’orienter pendant plusieurs années le parcours de soins d’une patiente. Amina Azoune
Cancer du sein hormonodépendant : quand les hormones deviennent une cible du traitement
Dans le cancer du sein, le nom de la maladie ne suffit plus à dire comment une patiente sera traitée. Une partie essentielle de la prise en charge se joue désormais dans l’analyse biologique de la tumeur, et notamment dans une question devenue centrale : les cellules cancéreuses sont-elles sensibles aux hormones ? Lorsque la réponse est oui, les médecins parlent de cancer du sein hormonodépendant. Cette caractéristique concerne une large part des cancers du sein et change directement la stratégie thérapeutique, car elle offre une cible que les traitements peuvent exploiter. Les spécialistes expliquent que certaines cellules tumorales possèdent des récepteurs capables de capter l’action des œstrogènes ou de la progestérone. Ces hormones, naturellement présentes dans l’organisme, peuvent alors contribuer à stimuler la croissance de la tumeur. C’est pourquoi leur recherche fait partie des analyses réalisées après une biopsie ou une intervention chirurgicale. Cette dépendance, qui favorise le développement du cancer, peut aussi devenir son point faible. L’hormonothérapie vise précisément à empêcher les cellules tumorales de profiter de cette stimulation. Malgré son nom, elle ne consiste pas à donner des hormones à la patiente, mais à bloquer leur action ou à réduire leur production. Ce principe a profondément modifié la prise en charge de ces cancers. Selon les oncologues, l’hormonothérapie peut être utilisée après une opération pour diminuer le risque de récidive, dans certaines situations avant la chirurgie, ou encore lorsque la maladie est devenue avancée ou métastatique. Le traitement peut alors s’inscrire dans la durée et se poursuivre pendant plusieurs années. Le fait qu’une tumeur soit hormonodépendante ne signifie toutefois pas qu’elle est bénigne ou qu’elle évoluera nécessairement lentement. Les spécialistes insistent sur la grande diversité de ces cancers. Certains répondent durablement aux traitements, tandis que d’autres peuvent récidiver plusieurs années après le diagnostic initial. C’est aussi ce qui explique pourquoi deux patientes atteintes d’un cancer hormonodépendant ne recevront pas forcément le même traitement. Le stade de la maladie, la ménopause, la présence ou non d’autres marqueurs comme HER2, le risque de récidive et les caractéristiques propres de la tumeur pèsent dans les décisions thérapeutiques. La principale difficulté apparaît lorsque la maladie cesse de répondre correctement au blocage hormonal. Les cellules cancéreuses peuvent alors utiliser d’autres mécanismes pour poursuivre leur croissance. Cette résistance est devenue l’un des principaux défis de la recherche sur les cancers du sein hormonodépendants. Ces dernières années, les possibilités de traitement se sont élargies avec l’association de l’hormonothérapie à des thérapies ciblées capables d’agir sur d’autres mécanismes de prolifération des cellules tumorales. L’objectif n’est plus seulement de bloquer l’action des hormones, mais aussi de couper les voies de secours que certaines tumeurs utilisent pour continuer à progresser. Cette évolution traduit un changement plus large dans la prise en charge du cancer du sein. Le traitement ne dépend plus uniquement de la localisation ou de la taille de la tumeur, mais de plus en plus de son profil biologique et de la manière dont elle fonctionne. Dans le cancer du sein hormonodépendant, les hormones ne sont donc pas seulement un facteur de croissance de la maladie. Elles sont aussi devenues une porte d’entrée thérapeutique, capable d’orienter pendant plusieurs années le parcours de soins d’une patiente. Amina Azoune
Cancer du sein : le dépistage va à la rencontre des femmes dans les médias
Plutôt que d’attendre que les femmes franchissent la porte d’un établissement de santé, une campagne de dépistage choisit de venir directement à elles. Les 28, 29 et 30 septembre 2026, la Maison de la presse Tahar-Djaout, à Alger, accueillera trois journées de sensibilisation et de dépistage précoce du cancer du sein destinées aux femmes travaillant dans le secteur de la communication. C’est une approche simple, mais qui répond à un obstacle souvent rencontré dans la prévention : entre les contraintes professionnelles, le manque de temps et la tendance à repousser les examens lorsqu’aucun symptôme n’est ressenti, le dépistage peut facilement être différé. En installant pendant trois jours une action de prévention au sein même de la Maison de la presse, les organisateurs entendent donc rapprocher l’examen médical du quotidien des femmes concernées. L’opération, programmée du 28 au 30 septembre à la Maison de la presse Tahar-Djaout, au 1er-Mai à Alger, s’adresse aux femmes journalistes ainsi qu’aux travailleuses de la presse écrite, audiovisuelle et électronique, dans les secteurs public et privé. Elle est organisée par la direction de la Maison de la presse Tahar-Djaout et le journal électronique Esseha.dz, sous le parrainage des ministères de la Communication et de la Santé. Pour ces journées, plusieurs spécialistes issus de différentes disciplines ont été mobilisés. Les examens seront notamment assurés par la Dr Amina Abdelouahab, sénologue, la Pr Hamida Guendouz, cheffe de l’unité de chirurgie mammaire à l’EPH Djillali-Rahmouni, ainsi que le Pr Nourredine Benzidane, chef du service de chirurgie générale à l’hôpital de Kouba. L’équipe comprend également la Pr Nadia Chibane, cheffe du service de radiologie à l’hôpital de Kouba, la Pr Fatma Seghier, cheffe du service d’oncologie médicale à l’hôpital de Sidi Ghiles, la Pr Keltoum Messahil, cheffe du service de médecine légale au CHU de Blida, et le Pr Lounas Benghanem, chef du service de gynécologie-obstétrique au CHU Mustapha. Au-delà de la consultation elle-même, l’enjeu de ces journées est de replacer le dépistage dans une démarche de proximité. La détection précoce du cancer du sein permet généralement une prise en charge à un stade moins avancé et ouvre davantage de possibilités thérapeutiques. La sensibilisation conserve donc tout son intérêt, mais elle gagne en efficacité lorsqu’elle s’accompagne d’un accès réel à l’examen et, si nécessaire, d’une orientation médicale. Organisée à quelques jours du début d’Octobre rose, cette initiative donne ainsi une dimension concrète à une campagne souvent dominée par les messages de sensibilisation. Elle rappelle surtout que la prévention ne consiste pas seulement à dire aux femmes qu’elles doivent se faire dépister : elle suppose aussi de réduire les obstacles qui les empêchent de le faire et de rapprocher les dispositifs de santé de leurs lieux de vie et de travail. Tinhinane B
Cancer du sein : pourquoi la fatigue persiste parfois longtemps après les traitements
Deux ans après le début des traitements, certaines femmes prises en charge pour un cancer du sein continuent de souffrir d’une fatigue importante. Une étude publiée dans JAMA Network Open montre que cette fatigue durable ne semble pas principalement liée aux modifications de la fonction cardiaque provoquées par certaines chimiothérapies. Les symptômes dépressifs, le stress et l’évolution de la condition physique apparaissent davantage associés à sa persistance. La fatigue reste l’un des symptômes les plus fréquemment rapportés après un cancer du sein, mais elle demeure souvent difficile à expliquer et à prendre en charge. Chez certaines patientes, elle disparaît progressivement après la fin des traitements, tandis que chez d’autres elle se prolonge pendant des mois, voire plusieurs années, avec des répercussions sur la vie professionnelle, les activités quotidiennes et la qualité de vie. Pour mieux comprendre les mécanismes en cause, des chercheurs américains ont suivi pendant deux ans 381 femmes, dont 236 atteintes d’un cancer du sein et 145 participantes sans cancer servant de groupe de comparaison. Les patientes avaient reçu différents types de traitements, notamment des chimiothérapies susceptibles d’altérer la fonction cardiaque, tandis que d’autres étaient traitées sans chimiothérapie. Les chercheurs ont évalué à plusieurs reprises leur fatigue, leur fonction cardiovasculaire, leur capacité physique, leur niveau de stress et leurs symptômes dépressifs. Les résultats montrent qu’au terme des deux années de suivi, près d’une femme sur cinq parmi celles exposées à une chimiothérapie potentiellement cardiotoxique présentait encore une fatigue jugée cliniquement importante. Plus d’un tiers avaient également connu une aggravation significative de cette fatigue par rapport à leur état avant le début du traitement. Ces données confirment que le symptôme ne peut pas être considéré uniquement comme une conséquence passagère de la chimiothérapie. L’un des principaux objectifs de l’étude était de déterminer si les modifications de la fonction cardiaque pouvaient expliquer cette fatigue persistante. Cette hypothèse semblait plausible, car certains traitements utilisés dans le cancer du sein peuvent affecter le muscle cardiaque et réduire les capacités physiques. Les chercheurs ont effectivement observé des changements de plusieurs paramètres cardiovasculaires au cours du suivi, mais ceux-ci n’étaient pas associés de manière significative à la fatigue mesurée deux ans plus tard. Ce constat déplace en partie le regard porté sur l’origine de ce symptôme. Les facteurs cardiovasculaires ne semblent pas, à eux seuls, expliquer pourquoi certaines patientes restent durablement épuisées, alors que d’autres récupèrent plus rapidement. Les analyses font en revanche apparaître une association plus nette avec les symptômes dépressifs, ainsi qu’avec le niveau de stress ressenti. Les auteurs appellent toutefois à éviter toute interprétation simpliste. Le fait que la fatigue soit liée à des symptômes dépressifs ne signifie pas qu’elle serait uniquement psychologique. La fatigue liée au cancer est considérée comme un phénomène multifactoriel dans lequel peuvent intervenir les traitements, les troubles du sommeil, les modifications hormonales, l’inflammation, la diminution de l’activité physique, la douleur, l’état nutritionnel et les conséquences émotionnelles de la maladie. L’étude apporte également un élément intéressant concernant la condition physique. Les femmes dont les capacités physiques se sont améliorées au cours du suivi ont généralement présenté une réduction plus marquée de leur fatigue. Cette association ne permet pas d’affirmer que l’activité physique suffit à elle seule à corriger le problème, mais elle renforce l’intérêt d’une prise en charge globale intégrant la récupération fonctionnelle et l’activité physique adaptée lorsque l’état de santé le permet. Pour les chercheurs, ces résultats soulignent surtout la nécessité de mieux repérer la fatigue persistante lors du suivi après cancer. La surveillance ne devrait pas se limiter au risque de récidive ou aux éventuelles complications cardiovasculaires des traitements. Elle gagnerait également à inclure l’évaluation de la fatigue, de la santé psychologique et des capacités physiques, afin d’identifier les patientes qui nécessitent un accompagnement spécifique. Cette approche est d’autant plus importante que la fatigue est encore souvent banalisée, parfois considérée comme une conséquence inévitable du cancer avec laquelle il faudrait simplement apprendre à vivre. Or, lorsqu’elle persiste pendant des mois et limite les activités quotidiennes, elle constitue un véritable problème de santé qui mérite d’être exploré et pris en charge. Les auteurs rappellent enfin que leur étude est observationnelle et qu’elle ne permet pas d’établir un lien direct de cause à effet entre les différents facteurs identifiés et la fatigue. D’autres mécanismes, notamment inflammatoires, immunitaires ou neurologiques, pourraient également jouer un rôle et devront être étudiés. Au-delà de ces limites, ce travail confirme une réalité de plus en plus prise en compte en oncologie : la réussite d’un traitement ne se mesure pas uniquement à la disparition de la tumeur. Pour certaines patientes, l’après-cancer reste marqué par des symptômes durables qui peuvent profondément affecter la vie quotidienne. La fatigue en fait partie et mérite, à ce titre, une attention comparable à celle accordée aux autres séquelles des traitements. Amina Azoune
Cancer du sein : le travail de nuit enfin reconnu comme un facteur de risque ?
Et si travailler la nuit pouvait réellement favoriser l’apparition d’un cancer du sein ? Longtemps évoquée par des chercheurs mais rarement reconnue officiellement, cette hypothèse vient de franchir une étape importante. En France, une décision de justice récente a reconnu pour la première fois qu’un cancer du sein pouvait être lié à de longues années […]
Cancer du sein : un essai teste une nouvelle hormonothérapie pour mieux prévenir les récidives tardives
Chez les femmes atteintes d’un cancer du sein hormonosensible, le risque de récidive peut persister longtemps après la fin des premiers traitements. Un vaste essai international, baptisé ELEGANT, cherche à savoir si une nouvelle hormonothérapie orale peut mieux protéger les patientes à haut risque que les traitements actuellement utilisés. Les résultats ne sont toutefois pas […]
Cancer du sein : plus de quatre femmes diagnostiquées chaque minute dans le monde
Plus de quatre femmes apprennent chaque minute qu’elles sont atteintes d’un cancer du sein. Derrière ce chiffre mondial se dessine une réalité plus large : la maladie continue de peser lourdement sur la santé des femmes, tandis que les chances de diagnostic précoce, de traitement et de survie restent très inégales d’un pays à l’autre. Avec environ 2,4 millions de nouveaux cas diagnostiqués en 2024 et près de 694 000 décès, le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes à l’échelle mondiale. Ces estimations donnent la mesure d’une maladie désormais présente dans pratiquement toutes les régions du monde et qui reste, malgré les progrès thérapeutiques, une cause majeure de mortalité. Le chiffre de plus de quatre diagnostics chaque minute traduit à lui seul l’ampleur du phénomène. Mais il ne dit pas tout. Derrière cette moyenne mondiale se cachent de fortes disparités entre les pays, notamment dans l’accès au dépistage, aux examens diagnostiques et aux traitements. Dans les pays disposant de systèmes de santé performants, davantage de cancers du sein sont détectés, notamment en raison du vieillissement de la population et d’un recours plus large au dépistage. Les patientes bénéficient toutefois plus souvent d’un diagnostic à un stade précoce et d’un accès rapide à la chirurgie, à la radiothérapie ou aux traitements médicamenteux. Dans les pays disposant de moins de ressources, la situation est souvent plus difficile. Le nombre de cas diagnostiqués peut être plus faible, mais la mortalité proportionnelle reste plus élevée. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé, environ une femme sur douze devrait développer un cancer du sein au cours de sa vie dans les pays à très haut niveau de développement humain, contre environ une sur 27 dans les pays les moins favorisés. Pourtant, l’écart entre les risques de décès est nettement moins important, ce qui souligne le rôle décisif de l’accès aux soins. Ces différences ne s’expliquent pas uniquement par la disponibilité des traitements les plus récents. Elles commencent souvent dès les premières étapes du parcours de soins, lorsqu’une femme doit obtenir une consultation, une mammographie, une échographie, une biopsie ou un examen anatomopathologique. Un retard à l’une de ces étapes peut repousser le diagnostic et réduire les possibilités de prise en charge à un stade précoce. Les progrès de ces dernières années ont pourtant profondément modifié le pronostic de nombreuses patientes. La chirurgie est devenue plus précise, la radiothérapie mieux ciblée et les traitements médicamenteux sont désormais adaptés aux caractéristiques biologiques de la tumeur. Mais ces avancées ne peuvent produire pleinement leurs effets que lorsqu’elles sont accessibles sans délai excessif. Les données disponibles rappellent également que le cancer du sein ne concerne pas uniquement les femmes ayant des antécédents familiaux. L’OMS estime qu’environ 80 % des cancers du sein apparaissent chez des femmes ne présentant aucun facteur de risque particulier identifiable autre que leur sexe et l’avancée en âge. L’absence d’antécédents familiaux ne constitue donc pas une garantie contre la maladie. Certains facteurs sont néanmoins associés à une augmentation du risque, notamment la consommation d’alcool, le surpoids et l’obésité après la ménopause. Ces éléments renforcent l’intérêt de la prévention, sans pour autant laisser penser que tous les cancers du sein pourraient être évités par des changements de mode de vie. La détection précoce reste ainsi l’un des principaux leviers pour améliorer les chances de guérison. Une masse inhabituelle dans le sein, une modification persistante de sa forme, un changement de la peau, une rétraction récente du mamelon ou un écoulement anormal doivent conduire à consulter. Ces signes ne signifient pas systématiquement qu’un cancer est présent, mais ils justifient une évaluation médicale. Le dépistage par mammographie concerne, pour sa part, les femmes ne présentant pas nécessairement de symptômes, selon les recommandations en vigueur dans chaque pays et les tranches d’âge ciblées. Son efficacité dépend toutefois de l’ensemble du parcours qui suit. Détecter une anomalie n’a de réelle utilité que si des examens complémentaires peuvent être réalisés rapidement et si un traitement peut être engagé sans retard injustifié. C’est sur cette continuité de prise en charge que reposent aujourd’hui les principales stratégies internationales. L’Organisation mondiale de la santé cherche notamment à réduire durablement la mortalité liée au cancer du sein en favorisant la détection précoce, un diagnostic rapide et l’accès à des traitements complets. Plus de quatre femmes diagnostiquées chaque minute : le chiffre frappe par sa force. Mais l’enjeu ne se résume pas au nombre de nouveaux cas. Il se mesure aussi dans le temps qui sépare l’apparition d’un signe suspect du diagnostic, puis celui qui s’écoule avant le début du traitement. Pour des millions de femmes, c’est encore dans ces délais et dans l’accès aux soins que se joue une part essentielle des chances de survie. Amina Azoune
Cancer du sein : comprendre les risques et l’importance du dépistage précoce
Le cancer du sein demeure aujourd’hui le cancer le plus fréquent chez la femme. Une femme sur vingt y sera confrontée au cours de sa vie. Chaque année, plus de deux millions de nouveaux cas sont diagnostiqués à travers le monde, faisant de cette maladie un enjeu majeur de santé publique. S’il inquiète par son […]
Le ministère de la Santé lancera jeudi une campagne nationale pour l'intensification du dépistage précoce du cancer du sein
ALGER - Le ministère de la Santé lancera, jeudi, une campagne nationale pour l'intensification du dépistage précoce du cancer du sein, et ce, dans le cadre de la célébration du mois "Octobre Rose" de l'année 2026, indique mercredi un communiqué du ministère. Cette campagne nationale sera lancée parallèlement au départ de la première caravane, mobile et connectée, dédiée au dépistage précoce du cancer du sein, dans le cadre de la célébration du mois "Octobre Rose" de l'année 2026, placée cette année sous le slogan: "La numérisation au service du dépistage et du diagnostic précoce du cancer du sein", a précisé le ministère. Cette initiative s'inscrit dans le cadre des efforts du ministère de la Santé visant à "renforcer la prévention et le dépistage précoce du cancer du sein, à travers l'utilisation des technologies numériques et de communication dans le développement des mécanismes de dépistage et de diagnostic, ainsi que le rapprochement des services de santé spécialisés des femmes, notamment dans les zones éloignées et isolées". Elle traduit également l'orientation du ministère en vue de "faire de la numérisation un outil pratique au service de la prévention et de la santé publique, à travers l'élargissement de l'accès aux services de dépistage, la facilitation de l'accès à l'expertise médicale, en sus du renforcement de la coordination entre les différents intervenants dans le parcours de prise en charge, contribuant ainsi à consacrer le principe de la santé pour tous".


















