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Fraude financière de Manchester City : un scandale d'envergure mondiale

Fraude financière de Manchester City : un scandale d'envergure mondiale

  • Une commission indépendante a reconnu Manchester City coupable de 114 infractions financières commises entre 2009 et 2018.
  • Le club a gonflé ses revenus et allégé ses coûts de plus de 900 millions de livres grâce à des contrats de sponsoring fictifs.
  • Le propriétaire du club, le cheikh Mansour, est un membre de la famille régnante d'Abu Dhabi et vice-président des Émirats arabes unis.
  • La presse britannique rapporte que l'État d'Abu Dhabi brandit désormais la menace de représailles économiques contre Londres.
  • D'autres clubs de Premier League comme Everton, Nottingham Forest et Chelsea ont également été sanctionnés pour des faits similaires.

L’onde de choc est mondiale, bien que l’épicentre se situe à Manchester. Derrière le club reconnu coupable de fraude financière par une commission indépendante -114 infractions financières sur 115 retenues, commises entre 2009 et 2018 -, c’est un État qui se retrouve mis à nu. Et qui, selon la presse britannique, brandit désormais la menace de représailles économiques contre Londres.

Le verdict rendu le 29 septembre contre Manchester City ne raconte pas seulement l’histoire d’un club tricheur. Il met en lumière un système, un mode de fonctionnement ou, plutôt, un mode de financement pensé et mis en œuvre pour échapper au plafond de pertes autorisé par la Premier League. Selon la commission indépendante, Manchester City a gonflé ses revenus et allégé ses coûts de plus de 900 millions de livres — soit plus d’un milliard d’euros — entre 2009 et 2018, grâce à des contrats de sponsoring «fictifs». Les partenaires commerciaux ne réglaient qu’une partie des sommes affichées ; le reste relevait d’un «financement déguisé».

Or, ce club n’appartient pas à un homme d’affaires ordinaire. Son propriétaire, le cheikh Mansour, est membre de la famille régnante d’Abu Dhabi et vice-président des Émirats arabes unis. Son président, Khaldoon Al Mubarak, bénéficie depuis 2020 de l’immunité diplomatique au Royaume-Uni. Un mélange des genres qui se soucie peu du fair-play et des valeurs du sport. Entre un État propriétaire à la fois du club et de ses sponsors, animé d’une féroce volonté de briller et de glaner les titres, le scandale prend une autre dimension.

Surtout que l’État propriétaire ne semble reculer devant rien pour satisfaire les ambitions de ses dirigeants. Le journaliste du Daily Mail, Nick Harris, a signé un long article dénonçant le «comportement inacceptable» de Manchester City à son égard. Sous le titre «Le journaliste qui a dénoncé la fraude massive de Manchester City», il détaille les pressions et les intimidations auxquelles il aurait dû faire face, ainsi que sa famille, alors que son épouse était en phase terminale d’un cancer, qui l’a emportée en 2020.

Mais ce n’est pas la première affaire du genre à secouer la Premier League. Everton et Nottingham Forest avaient écopé respectivement de huit et quatre points de retrait pour des faits similaires en 2023. Chelsea, de son côté, a dû payer une amende record de 10,75 millions de livres – soit environ 12 millions d’euros – et a été frappé d’une interdiction de recrutement pendant deux ans.

Sur le plan purement sportif, certaines voix demandent désormais le retrait des titres remportés par Manchester City, à l’image de Rio Ferdinand, l’ancien défenseur du grand rival Manchester United. L’ancien entraîneur de Chelsea et actuel sélectionneur des États-Unis, Mauricio Pochettino, évoque quant à lui «une ère de tromperie» pour qualifier la domination exercée par Manchester City.

NAZIM BESSOL

Source : Foot Afrique

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