Pouvait-on éviter ce qu’on pourrait qualifier désormais de l’affaire Rayan Aït Nouri ? De l’avis de plusieurs spécialistes et dans une certaine mesure, oui. Car ce qui s’est passé remet sur la table l’inexpérience du staff technique, à sa tête le nouveau sélectionneur Brahim Hemdani, et le temps insuffisant qu’il a passé auprès de ses joueurs lors de ce début de ‘’long stage’’, pour les connaître davantage, cerner leur personnalité, les écouter, échanger avec eux, y compris sur ses attentes à lui et leurs attentes à eux.
Le problème de ce qui s’est passé ne réside pas seulement dans l’attitude du joueur, frustré certainement par le fait de se retrouver sur le banc de touche et peut-être pour d’autres raisons qu’on ne connaît pas, ainsi que sa gestion sur la main courante entre sollicitation et contre- sollicitation, ni seulement dans l’attitude d’un staff qui, pour sa première sortie officielle, est toujours en rodage, mais également dans le management général de la Fédération algérienne de football.
La preuve en est que dans son communiqué, la FAF ne donne aucune indication sur les raisons de ‘’libération de l’international Rayan Aït Nouri’’ par son sélectionneur, laissant la porte ouverte à l›imagination, à toutes les supputations et autres scénarios que peut échafauder la cohorte de médias, youtubeurs et facebookeurs.
La transparence et le sens des responsabilités auraient pu ou dû dicter à la fédération de rédiger un communiqué un peu plus explicite qui préserverait les intérêts de l’équipe nationale et d’éviter de jeter le joueur coupable d’un écart disciplinaire d’être jeté en pâture à la vindicte populaire.
D’ailleurs, la mauvaise gestion de cette affaire montre et démontre les lacunes managériales des décideurs qui se sont vite empressés de libérer le joueur, ce qui est compréhensible, mais ce qui l’est moins c’est cette absence de transparence et de cafouillage qui ont régné sur le terrain sous les yeux des spectateurs et des zooms des caméras de tout bord.
On comprend bien qu’il s’agissait d’une première sortie pour l’équipe et son staff technique, pris forcément de court par un manque de temps, mais ce qui s’est passé devrait donner à réfléchir aux uns et autres pour (re) mettre un peu d’ordre dans l’attelage et l’environnement immédiat de la sélection.
A titre d’exemple : on ne devrait pas avoir deux coachs pour le prix d’un, d’autant que lors de sa première conférence de presse, Brahim Hemdani avait annoncé qu’il était l’unique patron à bord.
Cependant, sur la main courante on avait l’impression qu’Anther Yahia, probablement emporté par sa fougue habituelle et son tempérament de gagneur, débordait de toute part, alors qu’il aurait dû rester dans sa zone de prédilection et se limiter aux attitudes liées à ses prérogatives.
Tirer les bonnes leçons de ce premier match, à tous les niveaux, éviterait à la sélection et à son staff d’autres situations embarrassantes, comme celle du cas Aït Nouri.
– MOHAMED MALIK



























