Né le 19 septembre 1921 à Lamur, aujourd’hui El-Hamri, Hadj Mohamed Bessol aurait eu 105 ans. Il nous a quittés il y a vingt- cinq ans. Cette date anniversaire permet de rappeler le rôle d’un homme toujours présent dans la mémoire du football oranais et dans celle d’El-Hamri ; aussi, son âge importe moins que l’empreinte qu’il a laissée. Celle d’un fondateur, d’un joueur, d’un entraîneur et d’un dirigeant qui consacra
une grande partie de sa vie au Mouloudia Club Oranais qui n’a pas d’ancêtre.
À 24 ans, en 1946, Hadj Bessol est l’un des inspirateurs et membres fondateurs. Il appartient à cette génération qui a voulu donner au football musulman oranais son propre espace d’expression. Le 14
mai de cette année-là, à El- Hamri, une nouvelle histoire commence. Celle d’un club né dans un quartier populaire d’Oran et porté par de jeunes nationalistes qui voulaient offrir à la jeunesse un cadre
sportif pour échapper aux aléas de la vie.
Hadj Bessol ne sera pas un simple fondateur. Il sera joueur, entraîneur et secrétaire général durant la première année puis à partir de 1947, il conservera cette fonction jusqu’en 1967. Pendant plus de deux décennies, son nom accompagne ainsi la vie du MCO. Il appartient à cette première génération qui a construit le club, bien avant que celui-ci ne devienne l’une des grandes références du football algérien.
Militant de la cause nationale de la première heure, il était aussi un visionnaire du football. Il avait souvent une idée d’avance, comme le soulignaient ses anciens compagnons, affectueusement appelés les «Sehab El-Hassira». Même après leur retraite, ces anciens étaient régulièrement sollicités pour régler les problèmes des jeunes du quartier et du Mouloudia. Ils n’hésitaient pas à chaque début de saison de faire la collecte des besoins financiers.
C’était également un homme de cœur. Une anecdote en dit long sur sa personnalité. À l’époque coloniale, Salem Mohamed, jeune joueur du club sans emploi, avait été contacté par l’USSC Témouchent, club européen présidé par le maire de la ville qui lui proposait un travail et un appartement. La réponse de Hadj Bessol aurait été sans équivoque : «Si j’étais à ta place, j’irais tout de suite à pied à Témouchent». L’histoire ne s’arrêtera pas là.
Salem Mohamed allait devenir l’un des grands défenseurs d’Afrique du Nord et remporter, en 1954, la Coupe d’Afrique du Nord devant l’USM Oran (1-0). Deux années plus tard, le FLN mandate Hadj Bessol avec Miloud Benamar, pour informer les clubs musulmans de leur retrait des compétitions. Le temps était désormais à la guerre totale contre le colonialisme.
Dans ce contexte, El- Hamri paiera un lourd tribut. Selon l’historien et moudjahid Mohamed Freha, à la fin de la guerre et le départ de la France, le quartier compte quelque 200 chouhada, dont 50 appartenaient à la famille du Mouloudia. On peut citer l’entraîneur Sebaâ Houari et les joueurs Boudjellal Ahmed, Freha Benyoucef.
Visionnaire encore une fois, dès le 1er août 1962, Hadj Bessol prend les devants avec Guendil Benabed, un dirigeant dévoué. Ils réunissent les jeunes du quartier d’El-Hamri dans la cour de l’école Avicenne pour préparer le futur Mouloudia à la nouvelle saison de football. Auparavant, avec Mektit, dirigeant de l’ASM Oran, il avait contribué à la prise en main de la Ligue d’Oranie.
Cette démarche résume à elle seule le personnage : penser au lendemain, organiser, transmettre et préparer la relève. Hadj Bessol Mohamed appartient ainsi à cette génération d’hommes qui ont donné au Mouloudia ses premières fondations. Des hommes dont l’engagement dépassait largement le cadre du football.
La ville d’Oran lui a été reconnaissante. Une école et un stade portent son nom. Un vibrant hommage au moudjahed, l’homme du Mouloudia des Hamraoua.
-YANIS. B





























