La gardienne des Vertes, Chloé N’Gazi (30 ans) a été la grande artisane de la troisième place historique de l’Algérie lors de la CAN. Extraits d’un entretien réalisé par SOfoot.
Si l’on parle de l’Algérie et de ce parcours historique à la CAN avec cette troisième place. Qu’as-tu ressenti ?
J’étais évidemment très heureuse. On savait qu’il y avait la possibilité de se qualifier pour le Mondial. C’était l’un de nos objectifs, puisqu’on voulait faire mieux que lors de la précédente CAN. Mais au fond de moi, c’était presque un objectif rêvé, qui paraissait lointain. Quand c’est arrivé, nous avons toutes été surprises et très heureuses.
Peux-tu raconter l’après-compétition et le retour au pays ?
C’était vraiment très bien (…) nous étions contentes de ce que nous avions accom- pli. Nos matchs ont par ailleurs été extrêmement suivis. Sur les réseaux sociaux, nous avons reçu énormément de mes- sages, et ce soutien nous a vraiment fait plaisir. Certains ont même composé des musiques avec nos noms, réalisé des montages.
La population algérienne était fière de vous ?
Nous avons reçu des centaines, voire des milliers de messages, une ferveur que nous ne connaissions pas chez les filles, surtout en Afrique. C’est encore plus beau d’être présente depuis le tout début d’un projet, et c’est une plus grande fierté d’avoir pu aller jusqu’à une qualification en Coupe du monde.
En sélection, tu es devenue numéro un alors qu’en club, tu ne t’impo- sais pas durablement. Comment expliques-tu cet écart ?
J’ai eu un coach (Ndlr- Farid Benstiti) qui m’a fait confiance et adhérer au projet sur le long terme dès le début, ce qui fait qu’en Algérie, on me voit peut-être plus à ma juste valeur. En France, j’ai souvent eu l’impression qu’on a moins de considération quand on vient d’une sélection africaine.
La sélection compte une majorité de joueuses nées en France. Qu’est-ce que tu ressens ?
En Algérie, on se moquait beaucoup de nos prénoms : Chloé, Morgane, Ma- rine… Depuis cette CAN, cela a changé : les gens ont compris que si nos parents nous ont donné ces prénoms, nos racines viennent d’Algérie, et que personne ne nous a forcées à choisir de jouer pour le pays. Ils comprennent aujourd’hui que nous ne venons pas simplement cher- cher la lumière avant de repartir.
Quelles sont tes impressions aujourd’hui sur l’Algérie ?
Ce sont les racines qui comptent, qu’on soit née en France ou ailleurs (…) Petite, j’allais davantage aux Comores, du côté de mon père. J’ai redécouvert mon pays en intégrant la sélection, ce qui me rend fière. Si je n’étais pas venue en sélec- tion, je ne l’aurais peut-être jamais fait. Plus les sélections passent, plus j’aime ce pays, parce qu’on le découvre aussi à travers elles : on peut dire qu’on aime l’Algérie, mais tant qu’on n’y est jamais allé, ce n’est pas tout à fait la même chose.
– ENTRETIEN REPRIS PAR SOL et les questions sont de la rédaction.





























