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Affaire Houris : Aïcha Dahdouh, l épouse de Kamel Daoud, se défend avant le verdict du tribunal

Affaire Houris : Aïcha Dahdouh, l épouse de Kamel Daoud, se défend avant le verdict du tribunal

  • Aïcha Dahdouh, psychiatre et épouse de Kamel Daoud, rejette les accusations de divulgation de secret médical en Algérie.
  • Le tribunal d Oran doit rendre son délibéré ce mardi dans cette affaire concernant le roman Houris.
  • Saâda Arbane accuse l écrivain d avoir plagié son vécu en obtenant les détails via son épouse.
  • Aïcha Dahdouh affirme son innocence et prend ses distances avec les prises de position de son mari.
  • Kamel Daoud a été relaxé en France dans un volet connexe, mais reste visé par des procédures en Algérie.

Poursuivie en justice en Algérie pour « divulgation de secret médical » dans le cadre de la polémique autour du roman Houris de Kamel Daoud, son épouse et psychiatre Aïcha Dahdouh rejette toutes les accusations. À la veille du délibéré du tribunal d’Oran prévu ce mardi, elle affirme : « Je n’ai pas divulgué le secret médical ».

«Je suis innocente. Je n’ai pas divulgué le secret médical. Je n’ai pas volé de dossier» médical, écrit Aïcha Dahdouh dans un communiqué trasmis à l’AFP, indiquant que le tribunal d’Oran doit rendre mardi son délibéré dans cette affaire.

C’est en novembre 2024 que l’affaire éclate au grand jour. Saâda Arbane, une survivante d’un drame familial âgée de 32 ans, accuse ouvertement Kamel Daoud d’avoir plagié son vécu. Selon elle, l’écrivain se serait inspiré de sa propre histoire — elle a eu la gorge tranchée pendant la Décennie noire — pour nourrir l’intrigue de Houris, l’ouvrage sacré par le prestigieux prix Goncourt la même année.

Mise en cause dans la polémique sur le roman Houris, l’épouse de Kamel Daoud se dit «innocente»

À l’origine des poursuites engagées en France comme en Algérie, Saâda Arbane soutient que l’écrivain s’est procuré les détails de son traumatisme par l’intermédiaire de son épouse, la psychiatre Aïcha Dahdouh, qui l’a suivie en thérapie durant plusieurs années.

Dans son communiqué, Aïcha Dahdouh rappelle son attachement déontologique en soulignant que « le secret médical est l’un des fondements de l’éthique médicale, et je lui ai toujours été fidèle ». La psychiatre précise également qu’elle aurait souhaité comparaître devant le tribunal algérien, mais que « le retentissement des positions de Kamel Daoud et une situation familiale douloureuse » ont fini par l’en empêcher.

Prenant publiquement ses distances avec son mari, Aïcha Dahdouh souligne : « La voix de Kamel Daoud ne doit pas effacer la mienne ». Dans son texte, elle précise qu’elle « ne partage pas » les prises de position de l’écrivain sur « trois questions essentielles, l’Algérie, l’islam et la Palestine », concluant sur une divergence plus intime : « Plus profondément encore, ce qui nous sépare, c’est le regard porté sur la douleur d’autrui ».

Kamel Daoud condamné à 3 ans de prison en Algérie, relaxé par la justice française

Jugeant ses droits et son histoire bafoués, Saâda Arbane a engagé des démarches judiciaires parallèlement en France et en Algérie contre l’écrivain, qui rejette catégoriquement ces accusations.

Poursuivi en diffamation à Paris à la suite de propos tenus au printemps 2025 dans Le Figaro, Kamel Daoud a été totalement relaxé par le tribunal correctionnel. La justice française a estimé que la diffamation n’était pas constituée, Saâda Arbane n’étant pas nommée ni clairement identifiable par des tiers dans les propos visés. Jugeant l’action en justice manifestement infondée, le tribunal a par ailleurs condamné la plaignante à verser 1 euro de dommages et intérêts au romancier ainsi qu’une indemnité de 1 500 euros au directeur de la publication du journal.

Si l’auteur est blanchi sur le volet français, la situation demeure plus complexe sur le plan judiciaire algérien. En avril dernier, la justice à Oran a condamné Kamel Daoud par contumace à une peine de trois ans de prison ferme à la suite d’une plainte déposée par l’Organisation nationale des victimes du terrorisme. L’écrivain y reste également visé par la procédure parallèle initiée directement par Saâda Arbane, une accumulation de poursuites que la défense du romancier dénonce comme un « harcèlement judiciaire » visant à le réduire au silence.

Source : Algérie 360

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