Les autorités issues du coup d’État au Niger ont rejeté les accusations françaises faisant état d’un « vol organisé » d’une cargaison d’uranium provenant de la mine de Somair, anciennement exploitée par le groupe français Orano.
Elles ont affirmé que les ressources minières, y compris l’uranium, relèvent de la souveraineté de l’État, notamment après la nationalisation de la société Somair en juin dernier et l’annonce de la volonté du Niger de commercialiser la production de la mine sur les marchés internationaux.
Position du gouvernement nigérien
Le ministre des Mines, le colonel Ousmane Abarchi, a déclaré que le Niger rejette tout discours assimilant l’exercice de la souveraineté nationale sur ses ressources à un acte de vol, soulignant que « l’on ne peut pas voler ce que l’on possède légalement ».
De son côté, le ministre de la Justice Aliou Daouda a révélé l’existence de dettes impayées d’Orano s’élevant à 58 milliards de francs CFA, s’interrogeant : « Entre le Niger et Orano, qui a réellement volé l’autre ? ».
Démarches françaises et judiciaires
En novembre dernier, Orano avait averti du départ d’une cargaison d’uranium du site de Somair, dont le capital est détenu à 63,4 % par le groupe français et à 36,6 % par l’État nigérien.
En décembre, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « vol organisé au profit des intérêts d’une puissance étrangère » après la disparition de cette cargaison.
Perte de contrôle et recours à l’arbitrage
Orano a annoncé en décembre 2024 avoir perdu le contrôle opérationnel de ses trois filiales au Niger — Somair, Cominak et Imouraren — et a engagé des procédures d’arbitrage international contre l’État nigérien.
Une décision judiciaire antérieure avait donné raison au groupe concernant la mine de Somair, interdisant la vente de l’uranium produit, estimé à environ 1 300 tonnes pour une valeur marchande de 250 millions d’euros.
Le Niger sur le marché mondial de l’uranium
Le Niger figure parmi les principaux fournisseurs mondiaux d’uranium, représentant 4,7 % de la production mondiale selon les statistiques de 2021, ce qui en fait un acteur clé de ce secteur stratégique.
Orano, détenu à plus de 90 % par l’État français, demeure l’un des groupes industriels majeurs spécialisés dans le cycle du combustible nucléaire.
Vers de nouveaux partenaires
Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement nigérien n’a pas caché sa volonté de diversifier ses partenariats internationaux dans le domaine minier. L’Iran et la Russie ont notamment exprimé leur intérêt pour investir dans l’uranium nigérien.



























