Ce dernier objectif, rappelons-le, nécessitera la mobilisation de financements internationaux : 24 milliards de dollars entre 2026 et 2035, soit 2,4 milliards de dollars américains annuellement à mobiliser auprès d’institutions spécialisées comme le Fonds vert pour le climat et les mécanismes de financement bilatéraux et multilatéraux.
Cette manne servira au financement des actions prioritaires de réduction des gaz à effet de serre en Algérie, à assurer le transfert technologique et le renforcement des capacités nationales dans ce domaine. En effet, ce document CDN décompose ce montant par secteurs prioritaires définis par le texte.
Il précise les actions prévues par secteur à mener entre 2026 et 2035. Le CDN souligne que la décarbonation du secteur électrique nécessitera 9,8 milliards de dollars américains, celle des transports 3,7 milliards de dollars, celle des industries grandes consommatrices d’énergie 1,1 milliard de dollars, la réduction des émissions fugitives notamment de méthane 690 millions de dollars.
Précisément, concernant la décarbonation du secteur électrique, il s’agit d’augmenter la part du solaire et dans une moindre mesure l’éolien dans le mix électrique.
Les actions prévues dans ce secteur identifié comme prioritaire dans le CDN figurent la construction de parcs solaires et éoliens dans les régions à fort potentiel, le développement des infrastructures de transport, l’intégration des systèmes de stockage, la formation et le transfert de compétences.
Pour les transports, considérés comme secteur prioritaire, il s’agit d’introduire progressivement les véhicules électriques dans notre pays, accompagnés des infrastructures de recharge et de mécanismes d’incitation financière pour favoriser leur adoption.
L’autre action prévue est l’extension et la modernisation des réseaux de transport collectif (métro, tramway, téléphérique, ferroviaire). «Cette initiative vise, lit-on dans le document, à favoriser l’usage des transports à faible émission de CO2.»
La réduction des émissions fugitives notamment de méthane figure parmi les priorités. Il s’agit de la réduction des émissions fugitives notamment de méthane lors de la production, le transport et le stockage du gaz ainsi que la limitation des gaz brûlés en torchères qui constitue à la fois une priorité et un engagement de l’Algérie.
L’Algérie a fourni des efforts de réduction du torchage du gaz. Il reste à poursuivre ses efforts dans ce domaine pour éliminer quasiment cette pratique en récupérant les gaz brûlés et en les valorisant.
Avec ses moyens propres, 300 millions de tonnes de CO2 seront évitées entre 2026 et 2035 et 700 millions de tonnes de CO2 avec le soutien financier international.
Ce programme ambitieux se trouve renforcé avec cette volonté de l’UE d’investir 25 milliards de dollars en Afrique du Nord, notamment à partir d’Algérie en vue de s’approvisionner en électricité verte et en hydrogène vert.
Dans ce grand chantier, l’Algérie part avec des atouts indéniables : l’excédent de sa production d’électricité, contrairement au Maroc et à la Tunisie, ses infrastructures gazières pouvant être adaptées à l’hydrogène vert, et son programme de développement des énergies renouvelables.
Mais la partie algérienne, pour pouvoir accéder durablement au marché européen, devra garantir la transparence, maintenir la compétitivité de son énergie verte, soutenir et intensifier les programmes de développement de l’énergie solaire, et accélérer la production d’hydrogène afin d’exporter une énergie bas carbone moins chère que celle produite en Europe, prévient un expert.
K. R.





























