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Une première cotation des Sukuk à la Bourse d’Alger : Plus de 137 milliards de DA levés

Une première cotation des Sukuk à la Bourse d’Alger : Plus de 137 milliards de DA levés

Une levée historique de 137 milliards de dinars marque l’avènement des premiers Sukuk souverains « Ijara Usufruit » à la Bourse d’Alger, ouvrant une ère nouvelle pour la finance islamique en Algérie.

Entièrement dématérialisée, cette émission pionnière brise le monopole historique des obligations classiques et assimilables du Trésor (OAT) pour ériger un compartiment de cotation inédit, symbole de la diversification stratégique des financements de l’État.

Selon les données d’Algérie Clearing, le dépositaire central des titres en Algérie — créé en 1993 et placé sous la supervision de la COSOB —, le titre recensé sous le code ISIN DZ0000030035, intitulé «SSI 07 ans ; 6,00% Échéance 31-12-2032», porte sur 1.374.282 titres, d’une valeur nominale unitaire de 100.000 dinars.

La valeur totale de l’émission atteint ainsi 137.428.200.000 dinars (plus de 137,4 milliards de dinars), soit l’équivalent d’environ 1,035 milliard de dollars au taux de change indiqué pour le 19 août 2026 (1 USD = 132,79 DZD). L’opération présente une échéance fixée au 31 décembre 2032, soit une durée de 7 ans avec un taux de 6%.

L’émission sous forme dématérialisée permet l’inscription et la conservation électronique des titres dans le système financier, tout en facilitant leur négociation sur le marché.

L’introduction de ces Sukuk sur le marché boursier constitue un élément particulièrement important de l’opération. Il s’agit, en effet, des premiers Sukuk cotés à la Bourse d’Alger, ouvrant ainsi un nouveau compartiment pour les instruments de financement conformes aux principes de la finance islamique.

Cette cotation confère également aux détenteurs de ces titres un cadre organisé pour leur négociation sur le marché secondaire, tout en contribuant à élargir progressivement la gamme des produits financiers disponibles sur la place d’Alger.

Le lancement des Sukuk souverains « Ijara Usufruit » intervient, rappelle-t-on, après l’annonce par le Trésor public de l’ouverture de la souscription durant la période du 27 janvier au 30 avril 2026. L’opération s’inscrit dans la stratégie visant à diversifier les sources de financement de l’État, mobiliser l’épargne nationale et développer des instruments financiers conformes aux principes de la finance islamique.

Un nouveau segment pour le marché financier

Les Sukuk souverains «Ijara Usufruit» ont été présentés comme un produit financier adossé à des actifs réels appartenant à l’État. Ils offrent une possibilité d’investissement destinée à répondre à la demande croissante pour des produits conformes aux principes de la finance islamique.

La souscription a été ouverte au public à travers les établissements habilités, notamment les banques, les compagnies d’assurances et les trésoreries de wilaya, permettant aux citoyens algériens, résidents ou non-résidents, de participer à cette opération.

Avec un montant de 137,4 milliards de dinars enregistré par Algérie Clearing, cette émission constitue désormais une référence importante pour le développement du marché des Sukuk en Algérie.

Son introduction à la Bourse ajoute une dimension supplémentaire à l’opération, en faisant des Sukuk souverains «Ijara Usufruit» les premiers instruments de cette catégorie cotés sur le marché boursier national.

Outre la mobilisation des ressources au profit du Trésor public, l’opération contribue ainsi à diversifier les instruments disponibles pour les investisseurs et à renforcer progressivement la place de la finance islamique dans l’écosystème financier algérien. Cette finance est en plein développement en Algérie, avec un marché dépassant les 1.000 milliards de DA en dépôts et en financements.

Elle pourrait également servir de point de départ à l’élargissement du marché des Sukuk, à travers l’émergence de nouvelles émissions et l’arrivée éventuelle d’autres émetteurs, publics ou privés, sur le marché financier national. À travers cette opération, les autorités publiques entendent également renforcer l’inclusion financière, dynamiser le marché des capitaux et consolider la confiance dans les nouveaux instruments financiers.

Il est à noter qu’un cadre réglementaire pour les Sukuk a été mis en place par la Bourse d’Alger, reposant sur la décision n° SGBV/01-26, qui fixe les conditions et modalités de négociation des Sukuk Ijara souverains sur le marché secondaire.

Sur le plan boursier, les Sukuk Ijara seront négociés au fixing, par l’intermédiaire d’opérateurs agréés par la COSOB, et cotés hors loyer couru, en pourcentage de leur valeur nominale. La réglementation prévoit également un cours de référence, une variation maximale de 1% par séance et un pas de cotation de 0,1%.

Ce dispositif constitue une première dans la réglementation de la Bourse d’Alger, en introduisant des mécanismes adaptés aux spécificités de la finance islamique, notamment la notion de «loyer couru», liée au contrat d’Ijara.

H. O.

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