Il suffit parfois d’un sentier, d’un peu de fraîcheur et d’un horizon dégagé pour changer le regard que l’on porte sur un pays. À Tala Guilef, au cœur du Djurdjura, deux ambassadeurs européens viennent de vivre cette expérience en découvrant, lors d’une randonnée, l’un des plus beaux paysages de montagne d’Algerie.
Par Hafit Zaouche
Les ambassadeurs d’Autriche et de Slovaquie en Algérie ont choisi de partir à la rencontre de cette nature généreuse. Entre forêts, reliefs montagneux et panoramas grandioses, leur escapade leur a permis de découvrir une région où la beauté se vit davantage qu’elle ne se décrit.
Les images de cette randonnée, publiées sur la page Facebook de l’ambassade d’Autriche à Alger, ont rapidement retenu l’attention des internautes algériens. La publication, accompagnée d’un message mettant en avant la richesse de la faune et de la flore de Tala Guilef ainsi que le caractère authentique et préservé de ses paysages, a suscité de nombreux commentaires chaleureux.
Pour beaucoup d’internautes, voir des diplomates étrangers partager leur émerveillement devant un paysage algérien est une source de fierté. Certains les ont remerciés de contribuer, à travers leurs publications, à faire connaître une autre image de l’Algérie, celle d’un pays de paysages, de montagnes, de patrimoine et de rencontres.
D’autres ont profité de l’occasion pour leur adresser de véritables invitations à poursuivre leur découverte. Cascade de Tinzer, sentiers de randonnée, villages et autres trésors du Djurdjura : les internautes de la région n’ont pas manqué d’idées pour prolonger cette immersion.
L’un d’eux proposait même aux ambassadeurs de les contacter lors d’une prochaine visite afin de leur faire découvrir Tala Guilef «détail par détail». Une invitation qui résume à elle seule l’hospitalité chère aux habitants de ces montagnes.
Cette rencontre prend une dimension particulière lorsqu’on se rappelle la place qu’occupe la montagne dans les cultures autrichienne et slovaque. En Autriche comme en Slovaquie, les massifs montagneux constituent depuis longtemps des destinations majeures pour la randonnée, les sports de nature et le tourisme.
L’expérience de ces deux diplomates est donc aussi un joli clin d’œil entre trois territoires qui partagent une même passion : celle des montagnes.
Des Alpes autrichiennes aux Carpates slovaques, jusqu’aux reliefs majestueux du Djurdjura, les paysages changent, les traditions diffèrent, mais l’émotion devant la nature reste universelle. Pour l’Algérie, cette escapade rappelle surtout l’immense potentiel du tourisme de montagne. Longtemps éclipsée par le littoral et les grandes destinations balnéaires, la montagne algérienne possède pourtant tous les atouts pour séduire une clientèle à la recherche de randonnée, d’écotourisme, de découverte et d’authenticité.
Tala Guilef pourrait parfaitement devenir l’une de ces portes d’entrée vers un tourisme algérien quatre saisons. À condition de mieux aménager les sentiers, renforcer l’accueil, développer l’hébergement, former les guides et surtout faire connaître ces territoires au-delà de leurs frontières.
La publication des deux ambassadeurs montre également la puissance des réseaux sociaux dans la promotion touristique. Une randonnée, quelques photographies et un témoignage sincère peuvent parfois toucher des milliers de personnes et donner envie à d’autres de venir découvrir à leur tour un territoire.
C’est peut-être là le plus beau message de cette escapade : pour faire aimer une destination, il faut d’abord permettre de la vivre.
À Tala Guilef, deux diplomates sont venus marcher dans la montagne. Ils sont repartis avec des images et des souvenirs. Et grâce à eux, ces paysages du Djurdjura ont, eux aussi, effectué un petit voyage vers le monde. La montagne algérienne mérite désormais que ce voyage se poursuive.
H. Z.



























