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Sous-traitance industrielle : L’automobile en locomotive

Sous-traitance industrielle : L’automobile en locomotive

Au-delà du seul secteur automobile, c’est toute une politique de sous-traitance industrielle qui se déploie à l’échelle nationale, portée par les réformes de l’investissement.

Le 5 août dernier, le Premier ministre Sifi Ghrieb a mis en service à Reghaïa l’usine de production de plaquettes et garnitures de frein de la Société de maintenance de l’Est (SME), filiale du groupe GICA. En marge de cette inauguration, deux accords de partenariat ont été signés, l’un avec Fiat El Djazaïr (Stellantis Algérie), représenté par son PDG Raoui Beji, et l’autre avec Ide-net Algérie, représentée par Ali Maameri.

Ces conventions visent à développer la sous-traitance industrielle, à renforcer l’intégration locale et les partenariats économiques, ainsi qu’à favoriser la commercialisation du produit national.

Le site avait été récupéré le 17 mai 2026, et dès le 2 juillet, l’ensemble de la chaîne de production était déjà remis en service, une remise en route saluée pour sa rapidité.

L’unité produira des plaquettes de frein pour plus de 25 marques internationales de véhicules particuliers ainsi que pour six marques de poids lourds, avec l’ambition de couvrir entre 40 et 50 % des besoins du marché national.

Cette dynamique n’est pas isolée. Dès décembre 2025, Stellantis avait signé un premier accord stratégique avec IKAM Auto Industrie, entreprise fondée en 2016 à Timizart, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Ce partenariat porte sur la production locale de plaquettes de frein destinées aux véhicules Fiat assemblés à l’usine de Tafraoui, à Oran, avec pour objectif affiché un taux d’intégration locale supérieur à 30 % d’ici 2026.

IKAM Auto Industrie, spécialiste des systèmes de freinage pour véhicules légers et lourds, emploie déjà 250 personnes et est certifiée ISO 9001:2015, avec un laboratoire d’essais interne garantissant la conformité aux standards internationaux SAE et ECE.

Sur le segment électrique, IDENET, implantée à Aïn Témouchent, s’est imposée comme fournisseur clé de l’usine Stellantis d’Oran pour les faisceaux électriques, câbles et cartes électroniques.

L’entreprise, née comme une startup d’une vingtaine de personnes, compte aujourd’hui 375 employés dont 122 ingénieurs, avec une forte présence féminine dans ses effectifs, et affiche une capacité annuelle de 10 millions de faisceaux électriques, tout en visant désormais des contrats d’exportation vers les filiales européennes de Stellantis et plusieurs marchés africains, avec pour horizon ultime la conception d’un véhicule 100 % algérien.

Une stratégie nationale qui dépasse largement l’automobile

Ces succès automobiles s’inscrivent en réalité dans une politique de sous-traitance beaucoup plus large, érigée en pilier de la nouvelle stratégie industrielle du pays.

L’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) a d’ailleurs consacré le dossier spécial de son premier numéro de la revue « Investment DZ » à la sous-traitance industrielle, considérée comme l’un des piliers de la nouvelle politique industrielle, abordant son rôle dans l’augmentation du taux d’intégration locale, le développement des chaînes de valeur et le renforcement de la compétitivité de l’industrie nationale.

Ce dossier met en avant des opportunités de développement de la sous-traitance qui dépassent la seule mécanique, en couvrant également les industries plastiques et agroalimentaires de transformation.

Sur le terrain, cette volonté se traduit par des initiatives concrètes de mise en réseau des acteurs. Une initiative nationale baptisée « Idmadj » (Intégration) a ainsi été lancée à Alger pour renforcer la sous-traitance industrielle et favoriser une meilleure intégration des PME, des start-ups et des porteurs de projets innovants au sein du tissu industriel national, sous le patronage du ministère de l’Industrie.

Elle ambitionne de développer les chaînes de valeur locales et de rapprocher les grands donneurs d’ordres des sous-traitants nationaux, à travers quatre séminaires régionaux et seize ateliers de formation.

Du côté du ministère de l’Industrie, la Direction du développement de l’intégration et de la sous-traitance industrielle œuvre notamment à l’octroi d’avantages douaniers et fiscaux aux entreprises sous-traitantes, avec exemption de droits de douane et de TVA sur les composants et matières premières, ainsi qu’à la mise en relation d’affaires entre donneurs d’ordre et sous-traitants via des bourses de sous-traitance.

D’autres filières illustrent cette diversification. Une unité de fabrication de composants et accessoires plastiques pour automobiles a été lancée à Tissemsilt par General Plastic Injection (GPI), tandis qu’une usine d’emboutissage de pièces métalliques et de carrosseries a été inaugurée en avril 2026 à Batna.

Le secteur minier n’est pas en reste : la mise en exploitation de la première unité du gisement de Gara Djebilet crée en 2026 un écosystème de sous-traitance important dans la wilaya de Tindouf et les régions voisines, tandis que la substitution aux importations reste un axe stratégique central, du câblage électrique au textile technique.

Une dynamique cohérente et assumée

À travers ces accords automobiles et cette politique transversale, un même fil conducteur se dessine : réduire la dépendance aux importations, créer de l’emploi qualifié et faire émerger une base industrielle nationale robuste, capable d’irriguer aussi bien l’automobile que les industries mécaniques, plastiques, agroalimentaires ou minières.

L’automobile, avec Stellantis comme locomotive et des sous-traitants comme SME, IKAM Auto Industrie ou IDENET comme fers de lance, illustre à elle seule ce que la sous-traitance algérienne, dans son ensemble, ambitionne de devenir : un maillon incontournable de la souveraineté industrielle du pays.

K. B.

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