Logoالأخبار
Rassembler

Rassembler

Emmanuel Macron, qui n’a toujours pas désigné de candidat officiel pour reprendre le flambeau macroniste à l’occasion de la prochaine présidentielle en France, a deux de ces anciens Premiers ministres qui se disputent la candidature officielle du centre. Mais pour le moment, le chef de l’État n’a pas encore laissé entrevoir sa préférence, s’il en a une, entre les deux hommes. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, semble pour sa part penser que la compétition est terminée entre la droite et le centre. Elle dénonce «l’hypocrisie» des candidats qui sont favorables à une primaire. Cette remarque semble s’adresser particulièrement à Gabriel Attal, du parti présidentiel, qui depuis plus d’une semaine envoie des piques à Édouard Philippe, son rival au sein du bloc central et président du parti Horizon. En réponse aux critiques du trentenaire, qui lui reproche encore de défendre des «idées d’il y a 20 ans», l’ancien bras droit d’Alain Juppé a répondu dimanche soir en proposant plutôt que les deux candidats «dirigent leurs traits vers leurs adversaires». Autrement dit, qu’ils concentrent les attaques sur les autres camps de la présidentielle, car les deux candidats «devront se rassembler». Lundi, Maud Bregeon, qui soutient par ailleurs ouvertement Philippe, enfonce le clou, estimant «qu’il n’y a plus match» à droite et au centre. Fin juin, Bregeon, qui est aussi ministre déléguée chargée de l’Énergie, avait annoncé son ralliement à Édouard Philippe. La responsable qui souhaite «unir la droite et le centre» martèle que son candidat «est le seul à pouvoir se qualifier au second tour». Et appelle en substance «l’ensemble des forces politiques de la droite, du centre» que sont Gabriel Attal, le président des Républicains Bruno Retailleau, le candidat Xavier Bertrand ou encore le chef des députés LR, Laurent Wauquiez, à se ranger derrière le maire du Havre. Dans un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune dimanche, publié samedi, Édouard Philippe est donné entre 17 % et 20,5 % d’intentions de vote devant Gabriel Attal, crédité, lui, à 12 %. Au-delà d’un départage sondagier, certains imaginent une primaire. Le Vendéen, Bruno Retailleau, s’est dit prêt à «l’affronter», et Gabriel Attal argue de son côté qu’il ne l’a jamais «écarté». La balle est donc renvoyée dans le camp du Havrais, mais qui refuse avec force, pour l’heure, cette compétition. Maud Bregeon voit dans «les déclarations des uns et des autres, une hypocrisie». Et de reprendre : «Ceux qui disaient pourquoi pas, disaient non hier. Quand vous rentrez dans le détail, ils ne placent pas tous le curseur de la primaire au même endroit». Ce qui fait dire à cette proche de Gérald Darmanin, qui était présente dimanche avec Édouard Philippe au rassemblement du garde des Sceaux à Tourcoing (Nord), que «le temps de la primaire est terminé». «L’heure est désormais à parler aux Français», enjoint-elle. Toutefois, rien n’indique que cette injonction suffira à persuader Gabriel Attal de renoncer à ses ambitions présidentielles. Par ailleurs, puisque la popularité de Philippe semble difficile à contester, pourquoi ne pas en finir rapidement en organisant une primaire rapide du centre, que le président d’Horizon a toutes les chances de remporter largement, et asseoir définitivement sa légitimité comme candidat officiel de sa famille politique. Car pour le moment, les ambitions semblent l’emporter sur la raison et beaucoup semblent encore penser que les électeurs ont juste besoin d’un peu plus de temps pour adhérer à leurs candidatures.

F. M.

إقرأ أيضا