Logoالأخبار
Pedro Sánchez aujourd’hui à Alger : Une visite pour lever les malentendus

Pedro Sánchez aujourd’hui à Alger : Une visite pour lever les malentendus

 Le Président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, effectue aujourd’hui une visite officielle en Algérie,
à l’invitation du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Par Fatima Arab
Cette visite, la première du chef de l’exécutif espagnol à Alger depuis octobre 2020, marque une nouvelle étape dans le raffermissement des relations entre les deux pays après la crise diplomatique de 2022, en rapport avec la position espagnole concernant le dossier du Sahara occidental. L’Espagne, pour rappel, avait modifié sa position sur le Sahara occidental. Ce revirement avait provoqué une réaction ferme d’Alger, qui avait rappelé son ambassadeur et a procédé au gel du  traité d’amitié liant les deux pays, plongeant ainsi la relation bilatérale dans l’une de ses crises les plus profondes.
Les entretiens entre les deux dirigeants devraient porter sur les moyens de consolider le partenariat stratégique algéro-espagnol, notamment dans les domaines de l’énergie, du commerce, de l’investissement et de la coopération industrielle, ainsi que sur les principales questions régionales et internationales d’intérêt commun. Les deux responsables participeront également à un Forum d’affaires réunissant des opérateurs économiques des deux pays.
Après plusieurs années de tensions, les relations entre Alger et Madrid connaissent un net réchauffement. Ce rapprochement s’est amorcé au printemps dernier avec la décision du président Abdelmadjid Tebboune de réactiver le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération, ouvrant la voie à une reprise du dialogue politique et économique. Cette reprise a été annoncée à l’occasion de la visite à Alger en mars dernier du  ministre espagnol des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares Bueno. Ce dernier, rappelle-t-on en outre, avait souligné que «l’Algérie est un partenaire stratégique et, avant tout, un ami avec lequel nous entretenons des relations humaines et des intérêts communs, notamment en matière d’avenir et de stabilité en Méditerranée et en Afrique».
Ce nouveau climat de confiance s’est traduit par une multiplication des échanges institutionnels et des contacts entre responsables des deux pays, ainsi que par le retour progressif des entreprises espagnoles sur le marché algérien.
Cette dynamique a été illustrée également par la participation de l’Espagne en qualité d’invitée d’honneur à la 56e Foire internationale d’Alger (FIA), un choix considéré comme un signal fort en faveur du renforcement du partenariat économique.
À cette occasion, plusieurs opérateurs espagnols ont mis en avant les nombreuses opportunités qu’offre le marché algérien dans les secteurs de l’Industrie, des Infrastructures, des services, de la Formation, des nouvelles technologies et des Energies renouvelables. Le président du Forum d’affaires algéro-espagnol (F2AE), Abdallah Seriai, avait souligné, à l’occasion de la dernière FIA, que cette nouvelle dynamique devait permettre de donner «une nouvelle impulsion aux affaires, aux investissements et aux partenariats économiques», estimant que les indicateurs témoignent d’un retour en force de la coopération économique entre les deux pays.
Il avait également relevé le potentiel de coopération dans des secteurs stratégiques tels que l’Agriculture, l’agroalimentaire, l’aquaculture, l’Industrie pharmaceutique et les Energies renouvelables.
Le secteur énergétique demeure le pilier des relations bilatérales.
L’Algérie reste l’un des principaux fournisseurs de gaz naturel de l’Espagne, notamment grâce au gazoduc Medgaz, auquel s’ajoutent les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL).
Dans un contexte marqué par les tensions sur les marchés internationaux de l’énergie, Madrid souhaite consolider la sécurité de ses approvisionnements énergétiques tout en élargissant la coopération vers de nouveaux domaines, notamment l’hydrogène vert et le solaire, où les entreprises espagnoles disposent d’une expertise reconnue. En plus du volet économique, cette visite revêt également une dimension politique. Elle intervient dans un contexte régional marqué par les crises au Sahel, en Libye et au Moyen-Orient, ainsi que par les défis liés à la sécurité, à la migration et à la stabilité en Méditerranée.
Les discussions devraient également permettre aux deux dirigeants de réaffirmer leur volonté de poursuivre un dialogue politique régulier et d’approfondir un partenariat fondé sur le respect mutuel, les intérêts communs et la concertation.
F. A.

إقرأ أيضا