En effet, les importations européennes de naphta ont bondi de 39,2 % entre juin et juillet, passant de 1,25 million à 1,74 million de tonnes. Sur ce total, l’Algérie a livré 397.400 tonnes au marché européen, son meilleur volume mensuel depuis mai 2025, selon une analyse de la société Vortexa, reprise par Argus Media.
Elle devance ainsi l’Italie (264.700 tonnes), l’Espagne (212.300 tonnes) et les États-Unis (160.800 tonnes), s’imposant comme le fournisseur de référence du marché.
Cette progression n’est pas le fruit du hasard. Les tensions au Moyen-Orient et l’instabilité sécuritaire autour de la mer Rouge et du détroit de Bab-el-Mandeb ont bouleversé les routes maritimes mondiales, contraignant de nombreux opérateurs à revoir leurs circuits d’approvisionnement.
Dans ce contexte, la position méditerranéenne de l’Algérie constitue un avantage compétitif majeur : les cargaisons algériennes rejoignent les ports européens en quelques jours seulement, sans les surcoûts et les délais liés au contournement du continent africain par le cap de Bonne-Espérance.
Cette réalité a conduit Alger à réorienter une partie de ses volumes habituellement destinés à l’Asie vers le marché européen, renforçant mécaniquement sa présence sur ce segment.
La dynamique algérienne ne se limite pourtant pas à l’Europe. Les exportations vers l’Asie ont elles aussi fortement augmenté, passant de 292.000 à 441.000 tonnes entre juin et juillet.
Le Japon illustre bien cet intérêt croissant : le pays, qui importe environ 95 % de ses besoins énergétiques depuis le Moyen-Orient, a fait savoir dès le mois de mai son intention de tripler ses achats de naphta algérien, cherchant à sécuriser des sources d’approvisionnement moins exposées aux aléas géopolitiques régionaux.
Cette percée sur le naphta traduit une évolution plus profonde du positionnement énergétique de l’Algérie. Longtemps identifié comme simple fournisseur de brut et de gaz, le pays élargit désormais son empreinte grâce aux produits issus du raffinage. Avec près d’un million de tonnes exportées chaque année, l’Algérie figure déjà parmi les principaux exportateurs de naphta du monde arabe.
Cette dynamique devrait encore s’accélérer avec les investissements portés par Sonatrach, qui développe un nouveau projet destiné à porter la capacité de production nationale à 738.000 tonnes supplémentaires.
Une montée en gamme qui vient compléter une présence déjà solide sur les marchés du gaz naturel, du GNL et du GPL, et qui confirme la capacité de l’Algérie à transformer les turbulences géopolitiques mondiales en opportunité stratégique pour diversifier et consolider son offre énergétique.
K. B.




























