Dans un guide de 25 pages consacré à l’investissement dans le domaine de l’hydrogène vert en Algérie, l’agence allemande de coopération GIZ invite les investisseurs européens, notamment allemands, à s’y engager dans la production d’hydrogène vert. Elle présente dans ce texte plusieurs atouts déterminants et susceptibles d’inciter ces opérateurs à retenir l’Algérie dans leurs investissements futurs.
En introduction, la GIZ relève d’emblée « que l’Algérie est considérée aujourd’hui comme l’une des destinations pour l’investissement les plus attractives dans l’espace méditerranéen pour les entreprises européennes engagées dans la transition énergétique ». Selon la même source, « en tant que l’un des grands producteurs de pétrole et de gaz doté d’une production chimique importante, l’Algérie est aussi un fournisseur de matières premières essentielles pour l’Allemagne ».
L’agence allemande dresse un tableau élogieux de l’Algérie. Les atouts sont énormes : une bonne infrastructure de routes, de voies ferrées, de ports de fret et d’aéroports régionaux, un niveau d’éducation élevé et une population ouverte et hospitalière. Selon la GIZ, « l’Algérie est à bien des égards très attractive, y compris pour y investir ».
Le pays constitue également une porte d’entrée avantageuse dans l’espace africain. L’État algérien accorde, lors de la passation des marchés publics, un bonus de 25 % aux soumissionnaires producteurs en Algérie. L’agence rapporte que 400 000 diplômés sortent chaque année de l’université ou des écoles techniques et 160 000 achèvent leur formation professionnelle, selon les chiffres de l’ONS.
L’agence met en avant également les bonnes expériences des entreprises allemandes en Algérie. Elle note, cependant, « la forte volatilité du taux de change dinar/euro au cours des cinq dernières années : entre 135 et 162 dinars pour un euro ».
Les atouts déterminants de l’Algérie
Concernant le développement du marché de l’hydrogène vert, l’agence fait savoir que l’Algérie dispose d’un avantage unique : des coûts de l’énergie moins chers en raison de l’importante production pétrolière et gazière.
Elle relève que l’objectif stratégique du gouvernement algérien consiste à réduire la dépendance à l’égard de l’industrie pétrolière et gazière et à la remplacer par de nouvelles chaînes de valeur exigeantes technologiquement. À cet égard, la production de l’hydrogène vert fait l’objet d’une grande attention.
En effet, le document de l’agence allemande souligne que l’Algérie bénéficie d’un avantage tout à fait déterminant en matière de coût du transport de l’hydrogène vert par rapport aux autres producteurs d’hydrogène.
« Comme l’hydrogène vert est très coûteux à transporter sans l’utilisation de pipelines, dans d’autres pays producteurs plus éloignés, il doit d’abord être converti en ammoniac et méthanol, ce qui implique déjà des pertes de conversion. »
Au titre des rappels à ce sujet, « en mars 2023, l’Algérie a adopté une stratégie de développement de l’hydrogène vert. Les objectifs à court terme portent sur l’installation de projets pilotes d’électrolyseurs entre 2 et 4 MW et une installation de référence de 50 MW avec un soutien financier de l’institution allemande spécialisée dans le financement de projets, notamment dans des pays tiers, la KfW. Par ailleurs, la formation universitaire et professionnelle dans ce domaine est prévue dans le programme de développement de l’hydrogène vert en Algérie. »
L’agence indique, par ailleurs, qu’un cadre juridique propre à la production et au transport de l’hydrogène vert et de ses dérivés est actuellement en cours d’élaboration au sein du ministère de l’Énergie.
Relevant que certaines entreprises allemandes examinent déjà la mise en place d’une fabrication d’électrolyseurs en Algérie, GIZ indique que la production d’hydrogène vert à large échelle en Algérie devra attendre 2030-2040 pour couvrir 10 % des besoins européens.
Parallèlement, Sonatrach envisage un programme de production de 30 000 MW (30 gigawatts) en énergie solaire et éolienne pour la production d’hydrogène vert.
Concernant le développement des énergies renouvelables dont une partie devra servir à produire l’hydrogène vert, la GIZ indique que la capacité d’énergie renouvelable a été portée à 1 000 MW au premier semestre 2026, contre 600 MW en 2025 et 400 MW en 2024.
Cela est dû à l’entrée en service en mai dernier de deux centrales photovoltaïques d’une capacité de 200 MW chacune, dans le cadre du programme de réalisation d’une vingtaine de centrales photovoltaïques d’une capacité globale de 3 200 MW devant être achevé en 2027.
Cette tranche, rappelons-le, fait partie du programme de développement des énergies renouvelables en Algérie avec pour objectif d’atteindre une capacité de production d’énergie renouvelable de 15 000 MW à l’horizon 2035.
K. R.




























