L’histoire du football algérien vient de s’écrire en lettres d’or sur les pelouses continentales. Au terme d’un quart de finale absolument irrespirable et d’un scénario des plus renversants face à la coriace sélection de la Côte d’Ivoire, l’équipe nationale féminine s’est imposée avec brio sur le score de deux buts à un.
Par Mahfoud M.
Une grande victoire qui propulse, pour la toute première fois de son histoire, les Vertes dans le dernier carré de la Coupe d’Afrique des Nations, mais surtout leur offre un billet direct et historique pour la phase finale de la Coupe du Monde 2027 qui se déroulera au Brésil.
Cet accomplissement monumental dépasse largement le cadre d’un simple succès sportif ponctuel. Il matérialise l’aboutissement d’un parcours exceptionnel, façonné par la bravoure, la résilience et une abnégation de tous les instants. Pourtant, samedi soir au Stade Moulay-Rachid, la partie était loin d’être gagnée d’avance. Bousculées en première période, privées prématurément de l’une de leurs attaquantes phares sur blessure, et menées au score après des décisions arbitrales litigieuses, les Algériennes ont su puiser dans leurs ressources mentales insoupçonnées pour inverser la tendance. L’égalisation splendide signée Inès Khiri d’un lob astucieux, suivie de la frappe lumineuse et victorieuse d’Amira Ould Braham, resteront gravées à jamais dans la mémoire collective du sport national.
Farid Benstiti, l’architecte de la renaissance
Derrière cet exploit retentissant se cache un homme, un véritable artisan de l’ombre : le sélectionneur national Farid Benstiti. C’est sous sa houlette rigoureuse, son calme olympien et son management éclairé que cette sélection a véritablement mué. En instaurant une culture absolue du travail, de la patience et la validation méthodique de chaque palier, il a su bâtir un groupe imperméable aux doutes. Sa philosophie s’est révélée simple mais redoutablement efficace. D’abord, il a fallu verrouiller l’arrière-garde pour éradiquer les déroutes, puis apprendre à rivaliser d’égal à égal avec les cadors, refuser systématiquement la défaite, pour enfin savoir goûter pleinement au frisson de la victoire. Chaque palier franchi a agi comme un formidable catalyseur de confiance, transformant un collectif soudé en conquérantes redoutables.
En s’ouvrant les portes du Brésil – du 24 juin au 25 juillet 2027 – et en s’installant parmi les trente-deux meilleures sélections de la planète pour ce format mondialiste inédit, ces footballeuses montrent la voie royale à suivre. La gestion exemplaire de ce vestiaire, l’éthique de l’effort et la discipline collective insufflées contrastent de fort belle manière et rappellent l’importance cardinale de l’humilité face aux institutions. Les Vertes sont au sommet, s’apprêtent à défier le gratin continental en demi-finale, et offrent à tout un peuple un modèle de réussite durable, glorieux et profondément inspirant.
M. M.



























