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GPL : L’Algérie, fournisseur émergent du marché indien

GPL : L’Algérie, fournisseur émergent du marché indien

En l’espace d’un mois, le volume a donc été multiplié par plus de cinq, propulsant l’Algérie au troisième rang des fournisseurs de GPL de l’Inde, avec une part de marché de plus de 10 %.

Cette progression intervient dans un contexte de profond bouleversement des circuits d’approvisionnement énergétiques de l’Inde. Les tensions autour du détroit d’Ormuz ont poussé les importateurs indiens à rechercher de nouvelles sources de GPL, offrant à Sonatrach une opportunité de renforcer son implantation sur l’un des marchés les plus importants au monde.

Les chiffres de Kpler illustrent l’ampleur du changement. Sur près de 1,08 million de tonnes de GPL importées par l’Inde en août, les États-Unis arrivent largement en tête avec 622.536 tonnes, suivis des Émirats arabes unis avec 140.266 tonnes. L’Algérie complète le podium avec 110.711 tonnes.

La performance algérienne est surtout remarquable par sa vitesse. Les volumes expédiés en août représentent plus de deux fois et demie le total des cargaisons envoyées durant juin et juillet réunis. Une telle évolution témoigne de la capacité de Sonatrach à mobiliser rapidement des volumes supplémentaires pour répondre à une demande extérieure.

Cette demande supplémentaire s’explique par le poids du GPL dans le système énergétique indien. Le pays consomme environ 31 à 32 millions de tonnes par an et couvre entre 60 % et 65 % de ses besoins par les importations.

Avant les perturbations récentes, les fournisseurs du Moyen-Orient occupaient une place prépondérante dans l’approvisionnement indien. Les difficultés affectant les routes maritimes passant par le détroit d’Ormuz ont toutefois incité New Delhi à diversifier ses achats.

L’avantage stratégique de l’Algérie

Dans ce contexte, l’Algérie dispose d’un avantage particulier : ses cargaisons à destination de l’Inde ne transitent pas par Ormuz. Si le trajet est plus long que celui des fournisseurs du Golfe, il permet aux importateurs indiens de réduire leur exposition à un point de passage devenu particulièrement sensible pour le commerce énergétique mondial.

La hausse des exportations algériennes pourrait surtout préfigurer une relation commerciale plus durable. Sonatrach et Indian Oil Corporation, l’un des principaux groupes pétroliers indiens, sont engagés dans une coopération qui pourrait déboucher sur des livraisons régulières à partir de 2027.

Le schéma évoqué prévoirait des cargaisons mensuelles de 45.000 à 55.000 tonnes de propane et de butane. Sur une année, cela représenterait entre 540.000 et 660.000 tonnes de GPL.

Pour Sonatrach, l’enjeu dépasse donc les ventes ponctuelles liées à la situation actuelle. Un contrat régulier permettrait de sécuriser un débouché asiatique et d’améliorer la visibilité commerciale du groupe sur les volumes exportés.

Compétitivité et perspectives

La distance entre l’Algérie et l’Inde constitue néanmoins un défi. Pour rester compétitif face aux producteurs du Golfe, le GPL algérien doit proposer un prix suffisamment attractif pour compenser des coûts de transport plus élevés.

Des informations commerciales font état d’offres algériennes inférieures au prix contractuel de référence associé à Saudi Aramco. Cet avantage tarifaire pourrait expliquer une partie de l’intérêt croissant des acheteurs indiens pour les cargaisons algériennes.

En août, les prix de vente du propane et du butane algériens étaient respectivement de 540 et 570 dollars la tonne, d’après les données d’Argus. La valeur exacte des exportations vers l’Inde dépend toutefois des conditions propres à chaque cargaison, notamment de la composition du GPL et des modalités contractuelles.

La percée indienne ouvre ainsi une perspective intéressante pour la stratégie d’exportation de Sonatrach. En plus de consolider ses marchés traditionnels, le groupe peut désormais renforcer sa présence en Asie, une région où la demande énergétique demeure structurellement élevée.

K. B.

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