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FIFA-UEFA : Si tout est clair, que les pièces parlent (Ahmed Bessol)

FIFA-UEFA : Si tout est clair, que les pièces parlent (Ahmed Bessol)

Après les communiqués, les mises en garde et les bras de fer politiques, le conflit entre la FIFA et l’UEFA prend une nouvelle tournure : celle des tribunaux et des documents. La FIFA accuse aujourd’hui l’UEFA de mener une « campagne de dénigrement » contre Gianni Infantino et son équipe. Une accusation lourde, mais qui ne répond pas à la question centrale posée par l’Europe : que s’est-il passé autour de FIFA Forward Enterprise ?

Le projet, porté par Infantino, prévoyait l’arrivée d’investisseurs privés dans certains actifs liés aux activités commerciales de la Coupe du monde. L’annonce avait immédiatement suscité une vive opposition, l’UEFA prenant la tête de la contestation. Face à la pression, la FIFA a finalement retiré le projet. Mais pour l’UEFA, l’affaire ne s’arrête pas là. L’instance européenne veut désormais obtenir des documents concernant le projet.

Plus encore, la participation et ses éventuels partenaires, notamment aux États-Unis, afin de préparer une éventuelle procédure en Suisse. Elle soupçonne que l’opération aurait pu permettre à des intérêts privés de prendre position dans certains des actifs les plus précieux de la FIFA, au bénéfice éventuel d’un cercle restreint autour du président de l’instance mondiale. Mais la maison Zurich répond qu’il n’existe ni procédure pénale justifiant ces demandes, ni préjudice financier subi par l’UEFA.

Elle reproche également à sa cousine européenne de chercher aux États-Unis des documents qu’elle devrait, selon elle, réclamer devant les juridictions suisses. Très bien. Mais alors une question s’impose : si tout est clair, que les pièces parlent. Car l’UEFA ne demande finalement rien d’autre que de pouvoir examiner les documents liés à cette opération. Et si ces pièces démontrent que le projet était parfaitement transparent, elle pourrait blanchir ceux qui sont aujourd’hui mis en cause.

En revanche, si elles révèlent des zones d’ombre, des montages particuliers ou des intérêts que l’on aurait préféré garder à l’abri des regards, le problème changera alors complètement de nature. C’est pourquoi réduire la démarche de l’UEFA à une simple « campagne de dénigrement » paraît un peu court. Une campagne se mène avec des déclarations. Une enquête se mène avec des documents. Et sur ce terrain, l’Europe semble avoir choisi une méthode simple : ne pas seulement accuser, mais chercher les preuves.

Au bout du bout, il n’y aura peut-être qu’un seul arbitre véritablement impartial : les documents. S’ils disent que tout était clair, l’UEFA devra s’incliner. S’ils racontent une autre histoire, c’est la FIFA qui devra s’expliquer. Alors, pour reprendre l’essentiel de cette bataille en une phrase : si tout est clair, que les pièces parlent.
Ahmed Bessol

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