Pour mesurer à quel point l’ingérence politique dans le football mondial est devenue préoccupante, certains observateurs n’hésitent plus à remonter jusqu’à 1938, lorsque Benito Mussolini était président du Conseil des ministres du Royaume d’Italie. Il avait pesé de tout son poids sur la Coupe du monde organisée en France.
Une comparaison lourde de sens, qui traduit surtout le malaise grandissant face aux décisions autoritaristes et aux interventions politiques qui entourent aujourd’hui la FIFA, notamment en Afrique dont le football dit-on est « colonisé ». Cette fois, c’est à nouveau un responsable européen qui monte au front. Claudius Schäfer, président des European Leagues, ne prend plus de gants.
Dans un entretien accordé à The Athletic, il remet ouvertement en cause l’aptitude de Gianni Infantino à poursuivre son mandat et lâche une phrase qui résonne comme une déclaration de guerre : « Infantino n’a aucun avenir à la FIFA. » Derrière cette charge, il y a surtout une inquiétude sur la concentration progressive du pouvoir autour du président de la FIFA.
Schäfer estime que l’influence d’Infantino n’a cessé de grandir et rappelle que la FIFA, association régie par le droit suisse, est soumise à des règles de gouvernance que son président et son Conseil doivent respecter. Le président des European Leagues pointe notamment des décisions prises sans véritable concertation avec le Conseil.
Il considère cela comme une intervention politique sans précédent dans une affaire sportive, en référence à l’épisode du carton rouge lors de la dernière Coupe du monde. Pour lui, la question dépasse désormais la seule personne d’Infantino. C’est le fonctionnement même de la FIFA qui est en cause.
Son message est clair : changer de président ne suffira pas ; il faut réformer le pouvoir présidentiel. Le timing n’est évidemment pas anodin. Infantino prépare sa candidature à un quatrième mandat en 2027. Mais, face à lui, le front européen semble se structurer.
Les European Leagues ne parlent plus seulement de désaccords sportifs ou de divergences de gestion : elles contestent désormais la manière dont le pouvoir est exercé à Zurich. La bataille pour le fauteuil de la FIFA est lancée. Et elle pourrait devenir l’une des plus politiques de l’histoire récente de l’instance.
Après l’Afrique, où les méthodes humiliantes de gouvernance d’Infantino sont de plus en plus contestées par ses adversaires partout dans la planète football. Une évidence s’impose : le quatrième mandat ne sera pas une promenade de santé. Pour conserver son fauteuil de Zurich, Infantino devra affronter non seulement des opposants, mais une véritable coalition internationale pour lui barrer la route.
AB. Lahouari





























