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Exportations hors hydrocarbures : La diversification en marche

Exportations hors hydrocarbures : La diversification en marche

En tête de ces produits arrivent les engrais, dépassant ainsi les 1,4 milliard de dollars, selon les données de l’International Trade Centre (ITC), reprises dans la Fiche-pays 2026 de l’ICEX España Exportación e Inversiones, relayée par l’Office économique et commercial d’Espagne à Alger.

Les exportations de l’Algérie dans cette catégorie ont enregistré une hausse de 56,4 % en 2025 par rapport à 2024, à 1,4 milliard de dollars. En 2026, les ventes de l’Algérie connaissent une courbe ascendante. D’ailleurs, durant la période entre avril et juin, elle a exporté 245 000 tonnes d’urée vers l’Inde, alors que ses livraisons vers ce marché étaient nulles durant la même période un an auparavant.

Cette progression intervient dans un contexte de diversification des approvisionnements indiens en engrais, sur fond de perturbations liées aux tensions autour du détroit d’Ormuz au Moyen-Orient.

En effet, cette progression confirme le potentiel des filières liées à la transformation des ressources naturelles et à la pétrochimie dans la diversification des recettes d’exportation. Le gouvernement accorde un intérêt particulier à cet aspect, en application des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui insiste sur la valorisation des richesses naturelles en local.

C’est dans ce cadre que s’inscrit l’accord signé récemment entre Sonatrach et son partenaire omanais Suhail Bahwan Holding pour lancer l’extension de l’usine de la société algéro-omanaise des engrais (AOA) à Arzew, près d’Oran. Un projet qui permettra l’augmentation de la production de 50 % de deux engrais azotés fabriqués à partir du gaz naturel, à savoir l’ammoniac et l’urée.

La sidérurgie et les produits chimiques

La sidérurgie constitue également un autre pôle important. Les exportations de fonte, fer et acier ont atteint 988,4 millions de dollars, enregistrant une progression de 40,9 %.

Selon la même source, les produits chimiques inorganiques affichent, pour leur part, une hausse de 46,9 %, pour atteindre 876,8 millions de dollars. Ces trois catégories (engrais, produits sidérurgiques et produits chimiques inorganiques) représentent à elles seules plus de 3,3 milliards de dollars d’exportations.

Des chiffres qui confirment l’orientation de l’Exécutif pour la diversification de l’économie nationale et la réduction de la dépendance aux marchés extérieurs.

Des progressions spectaculaires sur certaines filières

D’autres produits enregistrent des taux de croissance encore plus importants, même si leurs valeurs restent relativement limitées. À titre d’exemple, les exportations de fruits et fruits à coque non conservés ont progressé de 109,3 %, pour atteindre 186,4 millions de dollars.

La hausse la plus spectaculaire concerne toutefois le cuivre et ses ouvrages, dont les exportations ont bondi de 597,4 %, passant à environ 142,3 millions de dollars.

Les exportations de machines et appareils mécaniques ont également progressé de 13,3 %, à près de 78,8 millions de dollars, tandis que celles de matières plastiques et leurs ouvrages ont augmenté de 71,3 %, à 73,4 millions de dollars.

Ces performances restent toutefois insuffisantes, en termes de valeur, pour modifier profondément la structure globale du commerce extérieur. Le poids des hydrocarbures demeure en effet très largement supérieur à celui de l’ensemble des autres filières exportatrices.

Selon les données de l’International Trade Centre (ITC), les exportations algériennes des hydrocarbures (les combustibles et huiles minérales) ont généré 39,42 milliards de dollars en 2025. Malgré un recul de 18,4 % par rapport à 2024, ils représentent à eux seuls près de 89 % de la valeur totale des exportations algériennes.

Cette concentration signifie que l’évolution des recettes extérieures demeure fortement dépendante des conditions prévalant sur les marchés internationaux de l’énergie, notamment des niveaux des prix et des volumes exportés. La baisse de près de 15 % des exportations totales en 2025 s’explique ainsi principalement par le recul de la valeur des ventes d’hydrocarbures.

Les importations atteignent 48,8 milliards de dollars

Concernant les importations algériennes, elles ont augmenté de 3 % en 2025, atteignant 48,78 milliards de dollars. La structure des achats extérieurs traduit principalement les besoins de l’économie nationale en biens d’équipement, véhicules, produits électriques et biens intermédiaires. En effet, les machines et appareils mécaniques arrivent en tête avec 7,84 milliards de dollars, soit une progression de 18,1 %.

Les véhicules automobiles et tracteurs constituent le deuxième grand poste, avec 5,92 milliards de dollars, après une hausse spectaculaire de 100,5 %. Les importations d’appareils et matériel électriques ont atteint 3,73 milliards de dollars, en progression de 18 %.

Des indicateurs qui témoignent d’un profond changement dans l’économie nationale en pleine mutation. De nombreux investissements sont en cours de réalisation dans divers domaines. Une fois en production, des produits issus de l’importation seront substitués par le « made in Algeria ».

Les céréales représentent encore un poste significatif, avec 2,69 milliards de dollars, même si leur valeur a reculé de 41,6 % sur un an. Les matières plastiques et leurs ouvrages ont représenté 2,58 milliards de dollars, en baisse de 17 %, tandis que les produits laitiers, œufs et autres produits du chapitre correspondant ont atteint 1,70 milliard de dollars, en hausse de 8,7 %.

Les produits pharmaceutiques, quant à eux, ont enregistré 1,45 milliard de dollars d’importations, soit une baisse de 26,2 %.

En somme, le commerce extérieur algérien a évolué en 2025 dans un contexte marqué par un recul sensible des exportations et une progression modérée des importations, entraînant un retour du déficit commercial qui a avoisiné environ 4,52 milliards de dollars.

Des indicateurs qui résument la situation

La fiche-pays 2026 fournit, par ailleurs, plusieurs indicateurs permettant de situer l’économie algérienne. Le taux d’ouverture commerciale s’établit à 32,4 %, tandis que le taux de couverture commerciale atteint 90,7 %. Le compte courant affiche un déficit de 22,05 milliards de dollars, équivalant à 7,7 % du PIB.

L’Algérie dispose toutefois d’un niveau d’endettement extérieur relativement faible : la dette extérieure était estimée à 6,90 milliards de dollars en 2024, soit seulement 2,7 % du PNB, tandis que le service de cette dette représentait 0,8 % des exportations de biens et services.

H. O.

Échanges commerciaux : L’UE, premier partenaire de l’Algérie

La structure géographique des échanges confirme par ailleurs la place centrale de l’Union européenne dans le commerce extérieur algérien. Les pays de l’UE-27 ont absorbé 68 % des exportations algériennes en 2025 et représenté 38,6 % des importations, selon les données de l’International Trade Centre (ITC), reprises dans la Fiche-pays 2026 de l’ICEX España Exportación e Inversiones.

L’Italie arrive en tête des clients de l’Algérie avec 25 % des exportations, suivie de l’Espagne avec 15,8 % et de la France avec 13 %. L’Allemagne représente 3,5 % des exportations, tandis que les autres pays de l’UE-27 concentrent 10,7 %.

Du côté des importations, la Chine domine largement avec 28,5 % du total. Elle est suivie de l’Italie avec 7,4 %, de l’Espagne avec 4,9 %, des États-Unis avec 5,3 %, de la France avec 9,8 %, de l’Allemagne avec 5 % et de la Turquie avec 3,3 %. Cette configuration souligne à la fois l’importance du marché européen pour les exportations algériennes et la forte présence asiatique, notamment chinoise, dans l’approvisionnement du marché national.

L’Espagne, deuxième client de l’Algérie

Les données reprises dans la Fiche-pays 2026 mettent également en évidence l’importance des relations commerciales algéro-espagnoles. En 2025, les exportations espagnoles vers l’Algérie ont porté principalement sur la viande et les abats comestibles, les véhicules automobiles et tracteurs, les machines et appareils mécaniques, ainsi que les produits chimiques, les appareils électriques et le matériel électrique.

À l’inverse, les exportations algériennes vers l’Espagne restent très largement dominées par les hydrocarbures. Les combustibles et huiles minérales ont représenté 6,63 milliards de dollars, soit 94,5 % des exportations algériennes vers le marché espagnol. L’Algérie a également exporté vers l’Espagne des produits chimiques inorganiques pour environ 141,1 millions de dollars, de la fonte, du fer et de l’acier pour 70,8 millions, ainsi que des engrais pour 70,6 millions de dollars.

Les investissements espagnols en Algérie restent par ailleurs significatifs. Le stock d’investissement bilatéral espagnol en Algérie s’élevait à 1,38 milliard d’euros en 2024, générant 2.208 emplois directs.

H. O.

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