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Exportation de Gaz : L’Algérie renforce son leadership sur le marché espagnol

Exportation de Gaz : L’Algérie renforce son leadership sur le marché espagnol

Les chiffres publiés par l’opérateur espagnol témoignent de cette progression. Sur les 25.647 GWh de gaz naturel importés par l’Espagne au cours du mois de juillet, 10.707 GWh provenaient d’Algérie. Avec une part de 41,7 %, le gaz algérien s’est ainsi imposé comme la principale source d’approvisionnement du marché espagnol.

L’essentiel de ces volumes a été livré directement par gazoduc. Quelque 10.228 GWh ont transité par les infrastructures reliant les deux pays, tandis que 479 GWh supplémentaires ont été acheminés sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL).

Cette performance représente une hausse de 4,8 % des livraisons algériennes par rapport à juillet 2025. Elle confirme surtout que la présence de l’Algérie sur le marché espagnol ne relève plus d’une simple dynamique ponctuelle, mais d’une tendance qui s’installe dans la durée.

Le classement des fournisseurs permet de mesurer l’ampleur de cette domination. L’Algérie devance largement le Nigeria, qui a livré 3.956 GWh à l’Espagne en juillet, soit 15,4 % des importations du mois. Les États-Unis arrivent en troisième position avec 2.973 GWh, suivis par la Russie avec 2.088 GWh. L’écart avec Washington est particulièrement significatif.

Alors que les États-Unis se sont imposés ces dernières années comme l’un des principaux fournisseurs de gaz de l’Europe grâce à leurs capacités d’exportation de GNL, l’Algérie conserve un avantage déterminant sur le marché espagnol : la proximité géographique et l’existence d’infrastructures gazières directement connectées à son territoire.

Cette configuration permet à l’Algérie de jouer sur deux leviers complémentaires, à savoir les livraisons par gazoduc et les expéditions de GNL. Une flexibilité qui renforce la capacité du pays à répondre aux besoins du marché espagnol.

Sur les sept premiers mois de l’année, la tendance est encore plus révélatrice. L’Espagne a importé environ 215.000 GWh de gaz naturel entre janvier et juillet. Sur ce total, l’Algérie en a fourni près de 74.936 GWh, soit 34,8 % de l’ensemble des approvisionnements. À titre de comparaison, les États-Unis ont livré 58.763 GWh sur la même période, tandis que la Russie totalise 39.443 GWh.

L’Algérie dispose ainsi d’une avance de plus de 16.000 GWh sur les États-Unis depuis le début de l’année. Cette différence confirme la solidité de sa position sur un marché devenu particulièrement stratégique dans le contexte de la transformation du système énergétique européen.

La performance prolonge d’ailleurs celle enregistrée au premier semestre, période durant laquelle le gaz algérien représentait déjà 33,9 % des importations espagnoles.

Le contexte européen joue en faveur d’Alger. Au-delà des statistiques mensuelles, cette progression intervient dans un environnement particulièrement favorable aux producteurs capables de garantir des approvisionnements réguliers et compétitifs. L’Union européenne poursuit en effet la réduction de son exposition au gaz russe.

La perspective d’une diminution progressive, puis d’une suppression des importations russes donne une nouvelle dimension aux fournisseurs disposant à la fois de réserves importantes, d’infrastructures d’exportation opérationnelles et d’un accès direct au marché européen.

Dans cette nouvelle configuration, l’Algérie possède plusieurs atouts. Sa proximité avec l’Europe réduit les contraintes logistiques, tandis que ses infrastructures gazières lui permettent d’approvisionner directement plusieurs marchés méditerranéens.

Pour l’Espagne, cette relation constitue également un élément de diversification. Le pays peut s’appuyer sur les flux algériens par gazoduc tout en continuant à recourir au GNL provenant de marchés internationaux.

Cette combinaison contribue à renforcer la sécurité de son approvisionnement dans un marché européen encore marqué par une forte volatilité.

Le rapprochement Alger-Madrid ouvre de nouvelles perspectives. La progression des échanges gaziers intervient par ailleurs dans un contexte de réchauffement des relations entre Alger et Madrid. La visite du président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, en Algérie en juillet a donné une nouvelle impulsion au partenariat entre les deux pays.

La présence, dans la délégation espagnole, de responsables de plusieurs acteurs majeurs du secteur énergétique, notamment Naturgy, Repsol, Moeve et Enagás, illustre l’importance accordée à la coopération énergétique.

Pour Alger comme pour Madrid, l’enjeu dépasse donc désormais la seule relation commerciale autour du gaz. Il s’agit de consolider un partenariat énergétique susceptible de s’inscrire dans la durée, à un moment où l’Europe redessine ses circuits d’approvisionnement.

Le signal envoyé par les chiffres de juillet est, en tout cas, clair : avec plus de 40 % des importations espagnoles sur le mois et près de 35 % depuis le début de l’année, l’Algérie ne se contente plus de figurer parmi les fournisseurs majeurs de l’Espagne. Elle s’impose comme l’un des piliers de sa sécurité gazière.

K. B.

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